10 mars, 2009
SDXLab | Homo homini lupus | Zeitgeist | Société
De mai à juillet 2003, Raymond Depardon et son équipe ont obtenu l’autorisation exceptionnelle de filmer le déroulement des audiences de la 10ème Chambre Correctionnelle de Paris. Dix ans après Délits flagrants, le cinéaste poursuit sa démarche en nous proposant ce nouveau documentaire citoyen, témoignage inédit sur le fonctionnement de la machine judiciaire.
De la simple convocation pour conduite en état d’ivresse aux déférés de la nuit, 10e chambre nous plonge dans le quotidien d’un tribunal : douze affaires, douze histoires d’hommes et de femmes qui se sont, un jour, retrouvés face à la justice.
L’avant-dernier cas — celui du sociologue —, a fait couler beaucoup d’encre et d’électrons.
Vos commentaires -sur le documentaire et sur ce cas-, sont les bienvenus.
10 mars 2009 à 12:34 A.g.Citer
J’ai préféré délit flagrant.
10 mars 2009 à 21:05 BoulizuCiter
Pour le sociologue, j’ai vraiment ressenti une vraie jubilation de la part de la procureure et de la présidente, à l’idée de se payer un mec de même catégorie sociale, même niveau d’éducation (autrement dit leur égal, et donc, dans une perspective féministe, leur supérieur, voire oppresseur), qui avait le culot de leur tenir tête. La peine requise était clairement disproportionnée.
Cela dit, je n’ai pas forcément une grande affection pour les sociologue en général, et celui-ci aurait tout de même jouer « doucement les basses ».
Il avait bien préparé sa défense, en théorie, mais a fait l’impasse sur l’aspect humain d’une audience, avec les tensions, les interruptions, et on le sentait se liquéfier à mesure qu’il percevait l’hostilité de la présidente, jusqu’à dérailler complètement sur la fin, à parler de faire appel alors même que son affaire n’était pas encore jugée.
Le sociologue qui fait tout bien sur le papier, mais dont le savant échafaudage ne tient pas face au réel. Wah, le cliché !
Á l’inverse, adopter le comportement du petit garçon buté et insolent (dernier cas) semble provoquer des frémissement dans leurs ovaires tout fripés (excusez mon langage, j’ai lu quelques pages de Houellebecq hier), et la présidente en semblait tout attendrie.
Le même comportement de petit garçon (le grand baraqué qui dit qu’il ne sait pas écrire, grande brute un peu simplette au langage pauvre) a bien fonctionné aussi précédemment.
Inutile de s’étendre sur le cas de l’anté-antépénultième, dont la petite soeur évoque crûment la pathologie mentale.
Bref, les grosses brutes un peu bêta ont toutes leur chances devant la magistrature féminine. Si vous êtes de leur niveau d’éducation (ou, pour dire vite, un partenaire sexuel potentiel), prenez un avocat, ou elles vous les couperont.
J’ignore si l’on peut tirer quoi que ce soit de la corrélation entre le discrédit dont souffre une profession (la magistrature, l’enseignement) et sa féminisation.
11 mars 2009 à 6:56 A.g.Citer
Boulizu :
Je vois surtout l’inverse, un type qui se sentant artificiellement l’égal du magistrat à voulu jouer à un jeu dont il ne maitrisait pas les règles (auto-défense, règle de droit présentée au mauvais môment, confusion sur la notion d’arme) et qui a perdu.
J’aimerai bien savoir ce qui a démarré le contrôle ratp d’ailleurs.
La féminisation invoquée comme variable dans le jugement je n’y crois pas non plus. Plus de l’indulgence pour quelqu’un qui n’a pas tous les moyens d’appréhender les règles et la conséquence de leur actes face à celles-ci.
11 mars 2009 à 10:49 BoulizuCiter
le sociologue : « un type qui se sentant artificiellement l’égal du magistrat à voulu jouer à un jeu *dont il ne maitrisait pas les règles* » et qui s’en prend plein la gueule.
la grosse brute analphabète et le malade mental : « quelqu’un qui n’a *pas tous les moyens d’appréhender les règles* et la conséquence de leur actes face à celles-ci » et qui rencontrent l’indulgence.
Je maintiens : lorsque l’on se présente en face d’elles comme un adulte responsable et conscient de ses droits, elles prennent un malin plaisir à vous rappeler votre infériorité. Lorsque l’on se présente en gamin inculte et rustaud, on a affaire à une indulgence toute maternelle.
L’infantilisation du citoyen, tout ça.
11 mars 2009 à 13:27 A.g.Citer
Sauf que notre génie n’est justement PAS dans son droit, comme pour l’usage de son portable lors de sa gav et qu’il paye juste son arrogante obstination à ne pas le reconnaitre. Ca n’aurait pas été différend avec des magistrats hommes.
Pas d’infantilisation, juste la personnalisation de la peine. Encore moins de la rivalité sexuelle.
11 mars 2009 à 16:18 IRACiter
Merci Scorpius.
Je regarde 30 minutes par jour. A+
11 mars 2009 à 18:42 ScorpiusCiter
Tout à fait d’accord avec Ag.
Ces magistrats, quel que soit leur sexe, en savent bien plus long sur le droit et sur les possesseurs de couteaux que le parano procédurier en face d’elles.
Il a un comportement assez catastrophique : incapable de reconnaître ses erreurs et méprisant envers la profession de magistrat.
C’est le genre de type qui débarque chez le médecin et qui contredit un dagnostic, du haut de ses lectures d’un dictionnaire médical et de Doctissimo.
11 mars 2009 à 18:58 thierryCiter
Les juges, hommes ou femmes, doivent surement tout faire pour se comporter comme des saints dans leur vie quotidienne, d’autant plus qu’ils jugent de petites affaires, de petites infractions dont tout un chacun peut se rendre coupable, y compris eux-mêmes. Comment se sentir autoriser à juger l’autre si ce n’était pas le cas? Un peu comme un gendarme qui conduirait bourré en dehors de son service et qui se permettrait de faire souffler son alter ego quand il bosse.
Le travail des juges et particulièrement des procureurs m’a toujours troublé.
11 mars 2009 à 19:18 thierryCiter
Et le mec qui harcèle son ex est quand même mal tombé en se retrouvant devant un juge et un procureur femmes (tout autant que la plaignante aurait eu de malchance en se retrouver devant un procureur et un juge hommes). Il y a des choses dont hommes et femmes ne partagent pas la même vision, particulièrement quand le délit prend son origine dans une relation entre un homme et une femme. Je ne crois pas dans ce cas à l’objectivité du juge.
11 mars 2009 à 19:51 ScorpiusCiter
Euh, je pense sincèrement que le sexe des magistrats n’entre pas en compte. Ils sont expérimentés, encadrés et guidés par le code, le travail des enquêteurs qui les ont précédé, les assesseurs qui peuvent être des hommes. Je n’ai pas vu de différences dans les peines et les réquisitions entre magistrats hommes et femmes dans toutes les audiences auxquelles j’ai assisté.
La féminisation de la magistrature peut influer, à la limite, sur la capacité d’un homme à confier sa sexualité déviante, et encore.
Et certains procureurs femmes évoquent plus les Walkyries que les bonnes mamans maternelles.
11 mars 2009 à 20:01 thierryCiter
Et sinon, le sociologue, il est sorti de prison? Putain, je n’irai plus aux champignons avec un laguiole dans la poche…
En tout cas, splendide documentaire. Merci de le faire connaître.
11 mars 2009 à 21:33 A.g.Citer
Pas d’influence constatée non plus. Parce que sinon on pourrait aussi penser qu’une femme qui a eu la clémence d’un juge homme l’à séduit par ses avantages et on tombe rapidement dans la charia.
thierry :
C’est l’inadéquation entre l’objet, le possesseur (son attitude, sa profession, son activité), la situation du moment par rapport au contexte qui détermine la suite ou le jugement. Les chances de vous faire controler sont minimes, d’être palpé encore moindre et d’être sanctionné quasi nulle, pour toute personne lambda. (C’est assez rigolo d’ailleurs car ça me rappelle un documentaire animalier ou les individus qui se démarquaient de la population générale -en l’ occurence des zebres peint en rouge- se faisaient dévorer en premier). Si vraiment vous tombez sur un abruti en uniforme autant désamorcer le truc d’entrée : « voilà je préfère le dire tout de suite j’ai çà je m’en sers juste pour les champis, mon casse croute etc » il est peut être avec quelqu’un de moins borné qui n’a pas envie de perdre son temps, même l’opj va rapidement s’appercevoir que quelque chose cloche.
Dans le cas présent, pour que ce type arrive jusque là, on a juste un connard ou un schizophrène.
12 mars 2009 à 1:03 OlaivCiter
Faut préciser que juridiquement, le sociologue en question a raison et que si la présidente s’énerve, c’est surtout qu’elle a bien compris que la poursuite ne repose sur rien… Un port d’arme par destination, ça n’existe pas et c’est parfaitement idiot.
12 mars 2009 à 6:45 A.g.Citer
Olaiv :
Pas faux,même si un rasoir dans la poche lors d’un trajet en métro ou une batte de base-ball en l absence de terrain ou de balle je comprends pas trop.
Mais je suis pas sur que ce soit ce qui énerve tout le monde.
C’est dommage que l’on ait pas les motifs du controle ratp parce que pour que ce type passe tout les filtres : agents ratp=>apj=>opj=>instructions parquet et se retrouve à l’audience (sur Paris !!) je suis un peu perplexe.
Tout du moins sur sa schizophrénie.
12 mars 2009 à 13:12 OlaivCiter
Non, j’ai dit une connerie. En fait la définition donnée par le sociologue est celle du Code des douanes. En revanche, la 6e catégorie est définie comme suit :
« Tous objets susceptibles de constituer une arme dangereuse pour la sécurité publique« … en gros, tous objets. Il n’y a qu’à voir les trésors d’ingéniosité déployés par les détenus pour fabriquer des armes à partir de rien pour s’en convaincre.
12 mars 2009 à 19:06 A.g.Citer
Olaiv :
Oui, correct. Mais autant on s’est opposé sur d’autre point autant je vous rejoins et modère par mon histoire de comportement ou de contexte.
=> Une bouteille en verre à la main : le porteur va au cube au verre pour le recyclage ou le casser sur la tête de son rival ? Un mousqueton à la ceinture : trousseau de clef ou coup de poing américain ?
Dans ce domaine plus qu’ailleurs a mon sens, l’évaluation humaine du juge est indispensable.