I see a darkness

8 mars, 2009

SDXLab | Le fantôme dans la machine | Zeitgeist | Science

bioniceye1Cette semaine un homme a retrouvé la vue et s’est remis à marcher dans la lumière. Il a beaucoup été question dans les médias de cette avancée technologique du à la société Second Sight, qui a permis à ce britannique de 73 ans de recouvrer, partiellement, la vue, après 30 années passées dans les ténèbres. Sur son œil ont été posées des électrodes qui stimulent le nerf optique en fonction des informations visuelles envoyées par une camera située dans une paire de lunette, qu’il n’a plus qu’à enfiler pour voir. Le tout est géré par un micro-processeur qu’il porte sur lui et qui traduit ce qu’il « voit » en données transmissibles par le nerf optique. Au delà de la prouesse d’un tel procédé, il peut maintenant distinguer la clarté de l’obscurité, le blanc du noir, il est intéressant d’observer la séparation qu’il est ici fait de l’organe et de sa fonction. En effet l’œil ici ne voit pas, c’est bien le cerveau. Ainsi on pourrait tout aussi bien lui transmettre d’autres informations que celles produites par ses lunettes-yeux. Même si tous les non et mal voyants ne veulent pas tous recouvrer la vue, cette technologie ouvre des perspectives bien plus grandes que la guérison d’un handicap. Imaginons ces yeux bioniques couplés avec des systèmes de réalité augmentée, la vue serait alors découplée de la réalité tangible, et l’on pourrait naviguer à loisir dans un nouvel environnement mi-réel, mi-synthétique. Ceci est tout l’enjeu de Ghost In The Shell Stand Alone Complex, et de son Laughing Man, le terroriste que vous ne pouvez voir avec vos yeux.

Ironie de la chose, c’est en Grande-Bretagne, pays de la CCTV par excellence et par mentalité, qu’un homme a vu la lumière grâce à une caméra vidéo.


Il y a 10 commentaires pour “I see a darkness”

  1. Olaiv

    En effet l’œil ici ne voit pas, c’est bien le cerveau

    C’est déjà le cas, non ? L’œil n’a jamais été qu’une interface qui n’a jamais, par soi-même, vu quoi que ce soit…

  2. Schizodoxe

    [claudel]L’œil écoute.[/claudel] :D

  3. Dalhia

    L’œil voit, le cerveau interprète pour être plus précis. D’ailleurs on peut voir avec les mains, ou avec les oreilles, et c’est le cerveau qui interprète.

  4. Olaiv

    Dalhia :L’œil voit, le cerveau interprète pour être plus précis. D’ailleurs on peut voir avec les mains, ou avec les oreilles, et c’est le cerveau qui interprète.

    Là, j’ai quand même un gros doute… l’œil est une interface entre l’extérieur et le cerveau. Sans interface, pas de vision, et pourquoi ne pas remplacer cette interface naturelle par une autre, soit naturelle, soit artificielle. Il n’empêche qu’il n’y aura jamais que d’autres interfaces qui coderont en langage cerveau sans interpréter par elles-mêmes. D’ailleurs, que signifie « voir » ?

  5. thierry

    Il semble qu’il ne s’agisse « que » d’une électrode posée sur la rétine qui retransmet par une liaison sans fil les signaux captés par la caméra. L’unité fonctionnelle oeil(rétine)-nerf optique et cerveau reste entière. On ne remplace ni l’oeil, ni le nerf. On ne branche aucune interface artificielle sur un nerf. On ne fait « que » recadrer le signal vidéo sur une zone encore fonctionnelle de la rétine. Pas de rétine = dispositif inefficace.

    http://www.2-sight.com/
    http://news.bbc.co.uk/2/hi/health/7920603.stm

  6. thierry

    C’est un peu le même système que les implants cochléaires.

  7. Dalhia

    Oui c’est le même principe que les implants cochléaires. L’implant écoute, le cerveau interprète.

  8. Dalhia

    reply thierry : l’interface artificielle est la caméra. Rien n’empeche qu’à l’avenir on la remplace par toute autre source vidéo.

  9. thierry

    Ce que je voulais dire, c’est que la technologie ne permet pas encore encore de faire ce qui serait un réel progrès, c’est à dire une vraie interface en neurone et processeur, une « synapse artificielle » qui permettrait de transformer le signal d’une interface totalement artificielle (par exemple une caméra) en un signal neurologique. Jusqu’ici, on se « contente » de stimuler différemment ou de surstimuler des récepteurs naturels (la rétine ou la cochlée) en shuntant les transmissions optiques (cornée et cristallin) ou mécaniques (tympan et chaine ossiculaire).

    Resterait ensuite à trouver une technologique capable de s’y retrouver dans le « câblage » neuronal pour que les « branchements » soient fait à bon escient…

  10. Dalhia

    Justement sur ce sujet, voir les travaux de Alain Destexhe et Yves Frégnac sur la compréhension du cerveau et des messages qui y circulent.

a disparu en 1999. Et en 2012.
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