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Un pont entre deux terres
Les accords d’Oslo du milieu des années 90 ont tenté en restructuration territoriale et psychologique du conflit israëlo-palestinien. En créant des enclaves palestiniennes, les territoires occupés, parcelles d’un pays dans un autre, Israël, et l’autorité palestinienne, la communauté internationale posait les jalons, sans en être consciente, d’une nouvelle forme de géographisation de la nation.
C’est ce que reprend Viktor Ramos dans son projet intitulé The Continuous Enclave: Strategies in Bypass Urbanism (New Land) pour la Rice University. Il propose la notion d’enclaves continues pour les territoires occupés. Au lieu d’emprunter des routes et des terres appartenant à Israël, Ramos invente des ponts architecturés, qui seraient aussi bien des voies de communication, que des zones d’habitations, de commerces et de productions. Cela créerait donc un maillage dense et ininterrompu, une toile d’araignée-nation au dessus d’un autre pays. Les palestiniens ne seraient alors plus soumis à l’humiliation des checkpoints, de devoir traverser un pays ennemi pour circuler dans son propre pays. Dénonçant autant l’absurdité du conflit que les solutions apportées, le projet de Ramos ouvre aussi des portes sur une nouvelle vision de la nation, de la ville, du territoire. L’enchevêtrement des Etats pourrait devenir le futur de la territorialisation des espaces. Outre les zones de conflits qui nécessitent une partition des populations du fait de trop vive tension (Irlande, ex-Yougoslavie), une ségrégation sociale pourrait voir le jour, avec des zones riches enclavées, sécurisées, fermées, en autarcie politique, économique et sociale, au dessus de zones pauvres, industrielles, surpeuplées. En poussant le concept encore plus loin, on peut imaginer une superposition d’États réels ou fictifs. Facebook, 6ème démographie mondiale, pourrait de ce fait créer un territoire superposé à l’Europe de l’ouest et aux États-Unis, des enclaves de cyberespace pourraient apparaître dans les pays postindustrialisés, reliées entre elles par ces ponts high-tech.
La liberté ainsi apportée aux palestiniens signifierait la réussite du projet et la viabilité de la co-existence de deux états sur le même territoire. Ainsi la psychogéographie de la région en serait totalement bouleversée, d’un lieu de terreur et de haine à une zone d’expérimentations futuristes, de prospectives urbaines nouvelles.
Source : BLDGBLOG.


















19 mars 2009 à 20:08excellents les kibboutz dans la pers. projet conceptuellement très fort, faut voir apres sur le terrain. financement, entretien… ce n’est pas ce qui reste de l’état palestinien qui pourra gérer ce truc.
mais l’utopie c’est ce qui contribue à forger la réalité future.
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