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De la part du président
Seuls les documents placés dans les sacs combustibles sont détruits et brûlés ici. Les papiers jetés dans les corbeilles sont collectés, transportés à l’unité FOB 7, comprimés en ballots et vendus au plus offrant.
Dans le cadre des améliorations que nous apportons à la Maison Blanche, je pense qu’il faut accorder une priorité absolue à la recherche des moyens de se débarrasser des papiers, carbones et même des notes griffonnées du premier étage.
En, attendant de trouver une solution quelconque à ce problème, je n’espère qu’une chose : que le plus offrant ne soit pas l’URSS ou le parti démocrate.
Larry Higby à Alexander Butterfield
16 avril 1970 (HRH 60)
Ces documents, l’URSS ne les a pas eus, mais Bruce Oudes si. Il les a recueillis, classés et en a publié une anthologie parfaitement irrésistible de drôlerie pour qui connaît un peu l’histoire américaine et, en tout cas, formidablement instructive pour qui s’intéresse au politique. Le fil conducteur qu’il suit est celui de la présidence Nixon et du fonctionnement particulier de la Maison Blanche à cette époque. Mais, voici quelques morceaux choisis qui vous parleront mieux que je ne pourrais le faire de cet excellent livre :
Presley a entrepris aussitôt de montrer au Président son attirail de gardien de l’ordre, y compris des insignes de la police de la Californie, du Colorado et du Tennessee […] Presley pense que les Beatles ont représenté un véritable vecteur de l’esprit antiaméricain. Selon lui, ils sont venus dans ce pays, ont amassé de l’argent et son rentrés en Angleterre où ils ont manifesté contre l’Amérique. […] Presley a annoncé au Président, d’une manière très émotionnelle, qu’il était « de son côté ». Il répétait sans cesse qu’il voulait se rendre utile, qu’il voulait rétablir le respect, aujourd’hui défaillant, pour le drapeau. Il a ajouté qu’il était juste un garçon pauvre du Tennessee qui avait beaucoup reçu de ce pays et qui désirait d’une façon ou d’une autre s’acquitter de sa dette. Il a aussi précisé qu’il étudiait le lavage de cerveau communiste et les milieux de la drogue depuis une dizaine d’années. Il s’y connaissait, a-t-il dit, et il était accepté par les hippies. Il pouvait se mêler à n’importe quel groupe de jeunes ou de hippies, et ils l’accepteraient, ce qui, selon lui, pouvait lui être utile dans sa lutte contre la drogue. A nouveau, le Président a exprimé le vœu que Presley puisse garder sa crédibilité.
Bud Krogh faisant le compte rendu d’une rencontre entre Nixon et Elvis Presley (Fichier Central de la Maison Blanche : HE 5-1:20).
17 février 1972
A : Pat Buchanan
De : Charles Colson
Si, dans un film récent, vous avez vu faire l’apologie de la droite, alors vous êtes à mon avis en passe de devenir gauchiste. […] Je n’ai vu ni Dirty Harry, ni French Connection. Une remarque au passage : je n’ai pas vu The French Connection parce que ma femme, catholique, m’assure qu’il ne figure pas sur la liste des films autorisés. Cela tend à prouver que votre théologie devient aussi libérale que vos goûts en matière de films. […] il faut absolument inviter Clint Eastwood. Qu’il ait été bon ou méchant à l’écran, c’est un brave garçon et un membre actif de votre opération Jeunesse pour Nixon.
2 janvier 1973
A : John Dean
De : Charles Colson
Et maintenant, je fais quoi ?
La dernière citation est tout de même grandiose, non ?


















27 février 2009 à 13:21Citer