Les femmes et le monde du travail

27 décembre, 2008

Zeitgeist

schizo-hopper-3En octobre 2008 paraissait une étude de la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES) évoquant les écarts de salaires entre les hommes et les femmes en 2006 (j’invite mes lecteurs à la parcourir [pdf]). Quoi qu’il advienne, les réactions gouvernementales, tout comme la façon de poser le problème, ne changent guère : on note toujours une certaine agressivité revendiquée à l’égard des entreprises, notamment sous forme de sanctions. Une dépêche parue le 31/10/2008 le rappelait : le ministre du Travail Xavier Darcos avait annoncé en novembre 2007 que les entreprises qui ne signeraient pas d’accord pour lutter contre ces écarts seraient sanctionnées financièrement. Le hasard aidant, je suis tombé ces derniers temps sur un article de Shawn Ritenour du Mises Institute évoquant également la réponse répressive de Bill Clinton à ce type d’inégalité, en 1999. C’est cet article que j’ai choisi comme point de départ à mon exposé. Je le poursuivrai avec deux ou trois éléments examinés par Walter Block dans Défendre les indéfendables [pdf]. Il ne s’agit pas ici de nier les inégalités, mais de présenter des perspectives peu étayées par nos médias.

Ce qui compte dans le choix de l’entrepreneur…

L’article de Ritenour peut parfaitement s’insérer dans les réflexions que nous avons eues sur l’identité de la femme. Mais cette fois-ci, en comparaison avec celle de l’homme. Pour Ritenour, l’employeur d’une entreprise tient compte de ces différences pour pouvoir ensuite se décider à embaucher ou non. Mais d’abord, quelles seraient ces différences ? Pour Ritenour, la clef du problème réside dans le lien de la femme à sa famille. Il s’agirait de sa première préoccupation. La grande différence entre les hommes et les femmes est la façon dont ils s’adaptent au mariage et à la naissance d’un enfant. Les hommes tendraient à travailler plus, les femmes moins. Dans un contexte de mariage et d’enfants à charge, ces dernières optent pour une trajectoire moins rémunératrice. Elles pratiquent plus le turnover, et leurs absences sont plus fréquentes. Elles choisissent ainsi des emplois à temps partiel, et pour lesquels une absence prolongée de quelques jours ne soit pas trop pénalisante. Enfin, les femmes ont plutôt tendance à suivre leurs hommes quand ces derniers sont mutés ailleurs. Les carrières professionnelles des femmes ne peuvent donc qu’être écourtées. Et comme nous l’avons dit, l’employeur doit tenir compte de ces éléments. Dès lors, il sera moins enclin à embaucher une femme pour un poste crucial et rémunérateur puisque ce dernier nécessite une formation importante (et le coût qui lui correspond), un engagement sur le long terme, etc… Si les femmes et les hommes sont égaux de nature, ils ne sont pas identiques et l’employeur doit s’adapter à leurs différences, élément pouvant expliquer les inégalités salariales.

Les mécanismes de la loi de l’offre et de la demande…

Walter Block affirme que les lois exigeant un salaire égal pour un travail égal sont néfastes.
Le terme « travail égal » est tout d’abord difficile à définir, et son contenu difficilement mesurable, surtout si l’on tient compte de tous les éléments en jeu, pas forcément quantifiables. Néanmoins, si l’on met de côté ce problème, et si l’on se trouve dans une situation dans laquelle les femmes sont moins bien payées que les hommes, alors qu’elles travaillent aussi bien, les mécanismes de l’offre et de la demande peuvent rééquilibrer la donne. En effet :

The employer would be able to make more money by replacing male workers with female workers. The demand for male workers would decrease, thus lowering male wages, and the demand for female workers would increase, raising female wages. Every employer who substituted a woman for a man would have a competitive advantage over the one who refused to do so. The profit maximizing employers would continually earn greater profits than would the discriminatory employers. The profit maximizers would be able to undersell the discriminators, and, other things being equal, eventually drive them into bankruptcy. (p.20)

Il est à noter que si les entreprises sont contraintes par la loi de payer le même salaire aux hommes et aux femmes dans un secteur donné, alors que les femmes se sont révélées moins performantes, les profits augmenteront dans la mesure où ces dernières seront remplacées par des hommes, ce qui revient à être pénalisant pour elles.

Walter Block expose ainsi les avantages du libre marché :

It should be stressed that the tendency for women who are truly equal to men in productivity to receive equal wages exists only in the profìt-and-loss free market. Only in free enterprise are there financial incentives to hire highly productive underpriced women, to “take advantage” of their plight, and thus to raise their wages. (p. 22)


Il y a 8 commentaires pour “Les femmes et le monde du travail”

  1. dspike

    L’étude est américaine il me semble… et elle date de 99. La situation n’a-t-elle pas évolué depuis. Et la situation américaine n’est pas représentative du monde occidentale. Je pense que l’Europe doit aussi être prise en compte.

    On parle de plus en plus de congé parental pour les papas. Est ce que cette donnée change la donne ?

  2. thierry

    Quand papa poule en est à s’occuper de son congé de « paternité », c’est qu’il est déjà émasculé. Ouais, en même temps, c’est vrai que l’accouchement a du beaucoup le fatiguer et que sa cicatrice d’épisiotomie doit lui faire mal… et qu’il lui faut du temps pour se préparer à l’allaitement et à son retour de couche.

  3. dspike

    thierry : Quand papa poule en est à s’occuper de son congé de “paternité”, c’est qu’il est déjà émasculé.

    o_0
    okay !

  4. thierry

    dspike : L’homme moderne est décidemment une femme comme les autres.

  5. Schizodoxe

    Oui, enfin, une femme qui n’accouche pas, ce qui rend la tâche tout de même plus facile (et le « congé paternité » d’autant moins justifié).

  6. thierry

    C’est bien ce que j’ai voulu dire dans mon premier commentaire.

  7. Schizodoxe

    J’enfonçais le clou :)

  8. PPCC

    Un congé paternité au Pub plutôt qu’à l’usine je dis pourquoi pas…

    Je m’imagine bien poussette à la main au comptoir sirotant ma petite pinte de Chimay.

Esprit esthète et rêveur à la recherche des belles choses.
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