Sexe et genre : le féminisme contre la nature
L’étude de la représentation sociale de la femme moderne passe par la distinction fondamentale entre sexe et genre. Cette dernière semble particulièrement limpide sous les lumières de l’excellent Roger Scruton et de son article « Modern Manhood », paru dans le City Journal, en automne 1999.
L’idée centrale du féminisme réside en ceci : le « genre » est culturel et non naturel. Aussi, interchanger les gender roles devient possible et surtout, salutaire. Dès lors, ce qu’on appelle la libération de la femme (consubstantielle à celle de l’homme) lui permet de se trouver de nouveaux horizons, non traditionnels, au sein de la société.
En revanche, si l’on se place dans le référentiel prôné par certains sociobiologistes, c’est la nature (les gènes) qui détermine la division des rôles dans la société. Cette dernière n’est donc pas culturelle mais naturelle. Or, les féministes ne peuvent que s’opposer à une telle vision : le « genre » n’est pas une prédisposition génétique, mais un construit culturel. Puisque ce terme a une origine grammaticale, les féministes, en le déplaçant sur le terrain sexuel, veulent montrer que les rôles sociaux et les genres sexuels restent des artefacts produits par l’homme. Ainsi les femmes peuvent se libérer de leurs chaînes de la tradition pour définir elles-mêmes leur vie et leur place dans la société. Le « sexe » serait donc ce qui apparaît, le « genre » ce qui est.
En somme, le féminisme a raison d’un coté (les gènes n’expliquent pas tout) mais reste beaucoup trop extrémiste en reléguant uniquement la construction d’une identité sexuelle à la sphère sociétale. En fait, le juste milieu se trouve dans la morale traditionnelle : si homme et femme ne sont pas uniquement des organismes biologiques ils sont aussi, je cite : des « êtres moraux ». Ainsi, l’objet du désir doit être une fin et pas seulement un moyen, nous rappelle Kant, à travers Scruton. Si nous sommes davantage qu’un amas de gènes nous pouvons opter pour un amour plus réfléchi et construit, plus humain. Dès lors :
la différence entre la morale traditionnelle et le féminisme moderne est que le premier souhaite élever et humaniser la différence entre les sexes, tandis que le second désire ne pas en tenir compte ou même l’annihiler. En ce sens, le féminisme est réellement contre la nature.
Mais la conception féministe entraîne aussi, et c’est le drame, des répercussions sur la vision que nous avons du sexe en tant qu’organe. Scruton cite comme exemple le changement de sexe dont la considération s’en voit modifiée. En effet, le sexe comme organe devient presque accessoire et le corps ne définit plus un être. C’est plutôt l’esprit, ou plus exactement la volonté, éclairée ou non, qui le caractérise : je veux être d’un autre sexe donc je le suis.
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22 octobre 2008 à 13:58Le débat entre nature et culture, inné et acquis revient sans cesse. Bon article.
Très, très bien ce nouveau thème développé sur SDX par FM200. La guerre des sexes (et des genres) est un sujet passionnant.
3 novembre 2008 à 10:25[...] permet de remettre en perspective ce que nous avons déjà exposé dans le précédent article : « Sexe et genre : le féminisme contre la nature ». En effet, il s’agit ici de : chercher l’origine même des dichotomies en question [...]
28 novembre 2008 Ã 11:19je nike le feminisme
28 novembre 2008 Ã 11:20je nike les feministe
28 novembre 2008 Ã 11:31Hum.
Parfois, je me demande si, à travers une partie du lectorat de SDX, Dieu ne me punit pas de mes nombreux péchés passés.
28 novembre 2008 Ã 11:57Merci, sympa…
28 novembre 2008 Ã 12:02
28 novembre 2008 à 12:08Je sais, je sais, mais comme j’ai un gros égo, un énorme besoin de reconnaissance et de considération je fais ma pleureuse.
Objectifs atteint merci.
28 novembre 2008 Ã 12:15Wouah, j’avais pas lu le Dofin… Puissant.