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Darwin dans son contexte

SDX approche des 3000 billets alors il ne faut pas s’étonner qu’il y ait des redites, parfois… Oh, je ne suis pas encore gâteux, mais l’article qui suit porte sur un même site, un même auteur et sous le même angle qu’un autre déjà posté… Comme je n’aime pas écrire pour rien, je le publie, mais bon, il ne vous dira rien de neuf…

En effet, une des idées développées dans le livre est que l’évolutionnisme n’est pas un athéisme. C’est pour cette raison que ce livre doit être lu des matérialistes. Car c’est une idée commune dans nos milieux rationalistes (auxquels j’appartiens, mais sans la partager) que le darwinisme s’est nécessairement heurté aux Eglises chrétiennes. Ce serait Charles Hodge qui, en 1874, aurait prétendu que le darwinisme était un athéisme. Les difficultés d’un Teilhard, avec sa hiérarchie, dont l’auteur ne parle qu’au détour d’une phrase, et les condamnations des papes successifs (à commencer par Pie IX, mais l’auteur préfère les concessions de Pie XII et de Jean-Paul II) vont dans ce sens. On pourrait ajouter l’antidarwinisme du biologiste français Pierre P. Grassé (1895-1985), que Thomas Lepeltier présente comme partisan d’une loi d’évolution, laissant « la porte ouverte à la métaphysique ». Mais qui, dans mon souvenir, était, au moins dans ses dernières années, profondément chrétien.

On ne peut que se réjouir de voir qu’il y a un mouvement, au sein des milieux darwinien, pour se tourner vers la réalité des faits historiques et sortir du phantasme qui est le leur depuis déjà trop d’année concernant l’opposition avec la religion. Néanmoins, ce qui suit me choque :

Car ce qui heurte les esprits religieux dans les thèses darwiniennes, c’est la variation aléatoire (corrigée par la sélection). Ils cherchent une direction, provoquant adaptation (Paley) ou progression (Chambers) des formes vivantes, qui les rapproche évidemment d’un dessein intelligent.

Cela me choque pour deux raisons. D’une part parce que le hasard ressemble comme deux gouttes d’eau à la conception la plus vulgaire du miracle et d’autre part parce que je conçois difficilement un matérialisme rigoureux qui ne soit pas déterministe.

Donc, non seulement l’idée de la variation aléatoire laisse la porte ouverte aux explications religieuses les plus grossières puisque, s’agissant de variation sans cause suffisante, on peut y voir la main d’un dieu ingénieur (ou d’extra-terrestres tout puissants, comme on voudra), mais elle sape l’idée même de science.

Du point de vue pratique, ni la variation aléatoire, ni la variation déterminée par des facteurs matériels encore inconnus (ou mal connus, ou trop complexes, etc.) ne prouvent ni n’infirment Dieu, mais la première théorie s’accommode d’une religion puérile — pire, elle la rend nécessaire et la justifie (je parle bien, ici, de la religion, pas de l’existence de Dieu) —, alors que la seconde ne saurait cohabiter qu’avec les plus hauts concepts religieux, sans pour autant rendre l’adhésion à ceux-ci inévitable.

Finalement, ce qui m’apparaît, c’est qu’aujourd’hui plus que jamais il y a une évolution bien peu naturelle d’un certain darwinisme vers la religion voire vers superstition, avec ses miracles et son irrationalité, ses prophètes et faux prophètes, ses saints et ses démons, ses dogmes et ses tabous, etc.

Source : AFIS.



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2 commentaires pour “ Darwin dans son contexte ”

  1. J’avoue ne jamais avoir compris ce qu’il y avais de si choquant dans la théorie de l’évolution.Elle marche très bien, c’est un excellent modèle. Je n’ai d’ailleurs jamais compris pourquoi les religieux lui ou voulait tant pour les raisons que vous exposez. Remplacer « aléatoire » par Dieu et l’affaire est reglé, pas de quoi troubler des brebis du troupeau.Je ne comprend pas non plus l’obstination de certain à faire de la théorie de l’évolution le fer de lance de l’athéisme dans la lutte contre la religion.  

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  2. Ah, mais, l’idée que les religions auraient un problème avec l’évolution est une invention marketing.

    En revanche, que les théories politiques plus ou moins tirées du Darwin de Haeckel ou couvertes du nom de ces auteurs aient donné mauvaise réputation au darwinisme auprès de pas mal de gens, c’est un tout autre problème, mais ni l’évolution, ni la sélection naturelle ne sont des problèmes du point de vue théologique.  

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