Docteur es mort violente

Rambo.

Un mythe. Evoquer son nom c’est susciter dans l’esprit du lecteur l’image d’un body-buildé beuglard tuant des communistes au couteau, à l’arc ou à la mitrailleuse.



Image forgée par deux nanars reaganiens, Rambo II et III, qui font oublier que Rambo, First blood et John Rambo sont de relativement bons films. Le premier relatait la difficile réinsertion des machines à tuer du Viet-Nâm, le dernier montre les horreurs de la guerre qui oppose junte birmane et ethnie Karen. Du premier au quatrième volet, le nombre de morts va crescendo. Dans First Blood, un mort ; dans John Rambo, plus de 200.


C’est ce qui a contribué à ruiner la crédibilité de Rambo. Il paraît inconcevable qu’un homme seul puisse tuer un si grand nombre d’ennemis. Et pourtant, il existe bel et bien des “docteur es mort violente” pour reprendre la terminologie de Michel Goya [pdf]. Qui dans un très bon document que je vous invite à lire, fait le point sur ces as de la guerre.

Ceux de l’aviation viennent immédiatement à l’esprit.



Ceux des tanks aussi, voire ceux des croiseurs et sous-marins. Mais il y en a également dans l’infanterie. Dieux du fusil ou du pistolet-mitrailleur, ils ont fait les choux gras des journaux de propagande. Certes, ils ne combattent pas torse-nu mitrailleuse dans une main, mais ils existent pour de bon et font parfois pire que l’idole des années 80.

Et les femmes ne sont pas en reste.

Ce sont eux qui arrachent les victoires, ce sont eux qui supportent quasi indéfiniment le stress du combat, ce sont eux sur lesquels les armées reposent.

La question posée par Rambo, First blood reste d’actualité : après les guerres d’Afghanistan et d’Irak, quel retour à la normale possible pour ces hommes et femmes ?


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6 commentaires pour “ Docteur es mort violente ”

  1. “Ce sont eux qui arrachent les victoires, ce sont eux qui supportent quasi indéfiniment le stress du combat, ce sont eux sur lesquels les armées reposent.”

    Nieh? Certainement pas.Souvenez vous de l’adage.”Amateurs study tactics, professionals study logistics”.Nous sommes à l’ère industrielle.C’est plusieurs millions d’hommes qui s’affrontent, ce ne sont rarement des exploits individuels qui changent le résultat.Le combattant le plus brillant ne peut rien faire avec une mauvaise stratégie et un équipement insuffisant.

    Va falloir se calmer avec les hyperboles et les envolés lyriques.

  2. Hum…
    Je vous renvoie au doc de Goya. Ou encore à son ouvrage “La chair et l’acier”.
    Une bonne part des combattants d’une armée sont de simples attentistes. Ce qui fait que ça fonctionne c’est qu’ils suivent les as. Les as ne remportent certes pas la guerre seuls, mais leur action sur le reste des hommes est fondamentale.
    Et les chiffres parlent : une poignée d’équipages de sous-marins, d’aviateurs ou de tankistes annihilent un pourcentage conséquent de l’effectif adverse. Et la propagande les adore.

  3. Si la quantité est en soi une qualité la valeur des hommes n’est pas pour rien dans la réussite d’une action militaire.
    La sophistication n’explique pas non plus pourquoi un Bong remportes 41 victoires et d’autres aucunes sur le même front lors de la seconde guerre mondiale.
    La logistique peut devenir un cauchemar . Elle est même un point de faiblesse en contre-insurrection comme l’engagement russe en afghanistan.
    La valeur des hommes ou le charisme d’un chef joue aussi sur la conduite du combat : en dépit d’un changement de stratégies et d’objectifs toutes les 12 heures ou presque c’est surtout la perte de savoir faire et l’absence de volonté qui ont nuit à la réussite Israëlienne de 2006.
    Je ne jetterais donc pas autant le discrédit sur le billet que notre camarade ZI…

  4. je n’ai pas dit que le moral n’est pas fondamental mais tout de même dire que ce sont eux qui “Ce sont eux qui arrachent les victoires, ” c’est franchement excessif.Il y eu en France plus de 7 millions de mobilisés pendant la première guerre mondiale.A cette échelle, c’est de l’usure.La vie et la mort relève plus des probabilités que du talent individuel.

  5. “Arracheur de victoire” n’est pas de moi. Je ne sais où je l’ai lu, peut-être chez Goya. Ce que j’aime dans ce terme, c’est qu’il reflète ce que je pense être une réalité de la bataille. On engage des troupes, des technologies, des capacités, de la logistique etc etc, mais ce qui fait pencher la balance dans un camp ou dans l’autre, c’est le comportement d’une poignée d’hommes. C’est leur influence sur la masse.
    Je ne dis pas, loin de là, que les As décident seuls de la guerre.

  6. Ils ne décident pas de la guerre, mais de la victoire tactique, très souvent.

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