Moins d’ADN pour Ben Laden

L’Industry Association of Synthetic Biology (IASB — l’Association des Industries de Biologie Synthétique) veut mieux contrôler la circulation de la connaissance concernant les ADN sensibles, comme ceux de certaines maladies, qui pourraient être modifiés et utilisés par des terroristes. C’est ReGenesis en vrai…
Certes, la plupart des utilisations terroristes d’armes biologiques restent soumises à la difficulté de trouver un vecteur. Mais l’effet de ces armes, s’il peut être considérable en nombre de morts, est, en premier lieu, psychologique.
Cependant, la modification de l’ADN de certains bactérie ou virus (ou l’ARN de certains rétrovirus) pourraient les rendre beaucoup plus létaux et résistants qu’ils ne le sont aujourd’hui et créer, ainsi, des armes d’une efficacité inégalée.
Et pour ce qui est du vecteur, les immigrés illégaux ou certains animaux, s’ils sont des porteurs sains, sont parfaits pour ça.
Source : Eyes on DNA.
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23 septembre 2008 à 10:18[...] mettre en parallèle avec ce dont j’ai parlé ce matin, donc, puisqu’une modification de l’ADN ou de l’ARN pourrait modifier [...]
23 septembre 2008 Ã 15:10En fait, je ne crois pas que la question du vecteur soit si limitative pour des groupes terroristes qui se servent de personnes comme bombes humaines.
Je ne sais pas si la théologie, ou plutôt l’approche que ces individus en ont, admet le principe de personnes volontairement contaminées, qui prendraient les transports en commun souterrains a longueur de journée, transformant ces vecteurs balistiques -porteurs d’explosifs- en vecteur biologique.
Par contre, j’ai des doutes sur le scénario d’un virus modifié a l’effet dévastateur appliqué au terrorisme islamiste, l’aspect non maitrisable de l’arme et donc les risques de propagations dans sa propre communauté est trop importante et correspondrait plus a une secte apocalytique que des disciples barbus.
25 septembre 2008 à 18:32Tiens, ça fait presque quatre ans. A quelques jours près.
26 septembre 2008 à 10:40Cela me fait me poser deux questions. La première est celle de l’utilité de la chose. A moins d’obliger tous ceux qui travaillent ou qui étudient ces domaines à subir une enquête sur leur idéologie et une surveillance sur leur fréquentation, je ne vois pas en quoi cela évitera que de telles technologies ne tombent entre des mains mauvaises. J’ai, pour cela, plus d’espoir en l’absence de volonté des terroristes d’user de ces méthodes que dans cette forme de contrôle (après tout, le IIIème qui n’était pas vraiment un modèle d’éthique s’est refusé - pour des raisons complexes - à recourir aux armes chimiques et bactériologiques). Cependant, j’ai conscience que tous les groupes terroristes ne se fixent pas de telles bornes et que ceux qui se l’interdisent peuvent très bien changer d’avis).
La seconde porte sur la moralité et la possibilité d’étendre ce raisonnement à d’autres domaines. Après tout, si un méchant homme peut utiliser une formule chimique exacte pour améliorer une arme, il peut tout aussi bien user d’arguments véridiques pour convaincre une personne qui doute de basculer dans son camp. Faudra-t-il, alors, soumettre, par exemple, les historiens à un contrôle ? Faudra-t-il exiger d’eux qu’ils se taisent dans un cas comme celui de ce film récent inspiré d’un livre présenté comme le témoignage d’une femme disant avoir vécu au milieu des loups pour échapper à la déportation pendant la dernière guerre ? Après tout, on sait bien qu’en remettant en cause la véracité d’un tel témoignage on permet aux négationnistes de suggérer que si ceci qui était vrai s’avère faux, alors il peut en aller de même pour tout le reste ?
Je comprends très bien qu’un scientifique se refuse, à titre personnel, d’indiquer, publiquement, quelque chose qui peut directement servir d’arme, mais où s’arrêter et à quel domaine du savoir se borner ? Si l’alternative est de confier à l’Etat le contrôle de tout cela, de même que vous vouliez, plus ou moins, conditionner la citoyenneté à l’adhésion à une Vérité officielle (qui ne tient sa force que de son caractère officiel, pas de sa véracité), personnellement, je préfère encore la possibilité de l’action des méchants à la certitude de l’asservissement par les gentils… Comme disait Montesquieu (je le relis en ce moment, alors je ne cesse de le citer), même la vertu a besoin de limite. Je suis tenté de dire surtout la vertu.
26 septembre 2008 à 11:07Toute connaissance implique une certaine responsabilité. Si le scientifique possédant une certaine connaissance oublie sa responsabilité, il y perdra sa liberté. C’est ce qui se dessine actuellement, un glissement de l’homme responsable, ce qui lui garantit une certaine liberté vers un état fort qui soumet l’individu déresponsabilisé à la loi. Le discours implicite est celui-ci: “ne t’inquiète pas, ne pense pas, on s’occupe de tout, de tous et surtout de toi”
Peut-être est-ce-du au fait que l’opinion publique oublie un peu trop que le risque zéro n’existe pas? Que l’état accepte un certain risque de terrorisme, d’attentat, a le mérite de garantir à la population une certaine liberté. Vouloir s’approcher du risque zéro implique de grands sacrifices en terme de liberté.
Comme souvent, le mieux est l’ennemi du bien.
26 septembre 2008 Ã 12:42Salut,
@Schizodoxe :
Les enquêtes ont déjà lieu, je ne parle pas des territoires éloignés mais du travail de la DST par exemple, qui garde un oeil sur qui a accès à quel type d’information. Travailleur étranger pour une start-up française j’ai fait l’objet d’une mini-enquête parce que j’avais accès à de la propriété intellectuelle (qui m’appartenait en fait) qui aurait pu faire l’objet d’espionnage industrielle je suppose.
Vue l’importance de la start-up (minime) et du sujet (anecdotique) j’imagine que des sujets plus sensibles sont d’avantage surveillés.
Le bio-terrorisme a des particularités qui le différentient d’autres domaines. Une fois la souche d’intérêt obtenue on peut la transporter facilement et surtout la produire en quantité suffisante en se servant d’oeufs, boeufs, maïs, levure, etc. Des produits qui cadrent parfaitement avec les approvisionnements habituels d’un restaurant, dont la cuisine, aux normes, donne le cadre parfait pour le ‘travail’. Le transport vers les ‘cibles’ peut aussi être plus simple, pas besoin d’aller bombarder un terrain et on peut faire confiance aux premières victimes pour participer activement à la propagation.
Va détecter une centre de production par satellite
@ Schizodoxe et Thierry
On pense souvent au bio-terrorisme sous sa forme meurtrière, une épidémie qui tuerait des gens. Franchement, je pense que c’est le moins intéressant. Les rendre malades pendant une période assez longue pour mettre à genoux leur économie et profiter pour acheter les actions qui feront qu’une fois rétablis ils travailleront pour les ‘terroristes’, est mon scénario préféré.
Puis, la cible pourrait ne pas être humaine (pour faire plus éthique), mais le bétail, ou des plantes.
Pas de morts, ou pas plus qu’une épidémie de grippe banale disons, de quoi poser moins de problèmes éthiques aux experts sollicités, s’associer leur collaboration plus facilement et/ou pour moins cher, même s’il n’adhère pas à la cause.
Le “méchant homme” a la possibilité de doser sa méchanceté du coup, montrer ses capacités (en rendant publique la signature de son GMP), tout en sauvegardant sa moralité face au public : J’aurais pu vous tuer, mais je ne suis pas un terroriste, moi, je n’envoie pas mes armées tuer des civils, comme fait votre gouvernement, même si je pourrais le faire; c’était un coup de sommation en fait, pour attirer votre attention sur mon “combat”. En laissant planer la menace d’un coup “pour de vrai” (faut bien que les gens soient terrorisés quand même).
Ca donne un autre angle d’approche du bio-terroorisme, très science-fiction, mais certainement éloignée de l’image noire du suicide-bomber.