Contraintes psychologiques de l’exploration spatiale

Trente ans. C’est l’objectif que s’est donné la Nasa pour envoyer un homme fouler le sol de la planète Mars. Nous pouvons imaginer qu’en 2037, nous assisterons, devant notre écran de télévision, une canette de bière à la main, à la découverte d’un nouveau monde.



Pour y parvenir, l’agence va procéder selon les étapes prévues par le projet Constellation dont l’objectif est, entre autres, la « colonisation de l’espace ». Il faudra d’abord terminer l’assemblage de l’ISS (International Space Station) prévu pour mai 2010 et en profiter pour améliorer nos connaissances des effets de l’apesanteur sur notre physionomie. Les Américains prévoient ensuite de tester leur nouveau moyen de transport spatial qui remplacera les navettes devenues obsolètes : la capsule d’habitation Orion (en hommage à l’une des navettes de 2001 de Kubrick) et son lanceur Arès. Cette flotte nouvelle génération et son équipage partiront vers la Lune avant 2020 pour y construire une station pouvant accueillir les astronautes durant six mois, contre douze jours pour la plus longue des missions Apollo. Ensuite, direction la planète rouge.

La réussite de Constellation repose en théorie sur de nombreuses inconnues, en particulier le financement par le Congrès américain d’un tel projet sur une si longue période, mais techniquement la chose semble acquise. La question d’envoyer des hommes plutôt que des robots est également contestée. Il s’agit, en partie, d’une volonté politique puisque les Américains ne sont pas les seuls à nourrir des ambitions de conquête spatiale. Les agences européenne (ESA) et russe (Roskosmos) développent ensemble un projet de transport concurrent (le CSTS). Les Chinois envoient trois taïkonautes à bord de leur navette Shenzou 7 le 25 septembre prochain. Japonais et Coréens prévoient d’envoyer des sondes sur la Lune dans la décennie. Les Indiens planifient une cinquantaine de missions d’ici 2015, y compris en direction de la Lune et de Mars.

Trois ans dans l’espace

Parmi ces facteurs politiques et technologiques dont dépend la conquête de Mars, un aspect fondamental de l’exploration planétaire reste méconnu : des êtres humains sont-ils prêts à réaliser un tel périple ? Evidemment, les candidats seront triés sur le volet pour leurs capacités intellectuelles, physiques et leur « équilibre » psychologique. Mais en route vers Mars, cet équilibre risque de devenir rapidement précaire et imprévisible. Voici la situation. Depuis la Lune, les astronautes des missions Apollo pouvaient admirer la Terre se lever à 384 000 kilomètres de là. Ils la voyaient en détail et pouvaient avoir une pensée émue et nostalgique pour leurs amis, leur famille et collègues. En cas de pépin, ils rentraient à la maison en 4/5 jours (« allo, Houston ? »). Depuis la station ISS, la Terre est à seulement 400 kilomètres. Au moindre problème, vous sautez dans une capsule Soyouz et quelques heures plus tard vous êtes chez vous. L’orbite elliptique de Mars impose un voyage de 3 ans. Les astronautes décollent lorsque les deux planètes sont en opposition, c’est-à-dire les plus proches l’une de l’autre. A 4 ou 6, installés dans un module de 100m2 lancé à 25 fois la vitesse du son, il leur faudra environ 9 mois pour parcourir les 56 millions de kilomètres (minimum) qui les séparent de Mars. Sur place, ils devront attendre plus de 6 mois pour que les deux planètes soient de nouveau à bonne distance et bénéficier de la meilleure orbite pour s’extraire de l’attraction martienne. Comptez 9 mois de retour. Le record du plus long vol spatial détenu par le russe Valeri Polyakov est de 437 jours (environ 14 mois). Ajoutons que sur Mars, la Terre apparaît dans le ciel comme une étoile parmi les autres et que le décalage de communication avec la base est de 30 minutes. Jamais un homme n’aura été à ce point coupé de la Terre. Dans ces conditions, la réussite de la mission repose sur l’adaptation psychologique des êtres humains en milieu extrême.

Orion, le futur module d’habitation

Trois ans d’angoisse

Dans un article publié en mai 2008, le magazine Science & Vie (S&V) énumère les contraintes que subiront les futurs explorateurs.

L’isolement étant la première d’entre elles. C’est-à-dire plus de famille, plus d’amis et surtout, très peu de dérivatifs à la sphère professionnelle. (…) Pour Elisabeth Rosnet, du Laboratoire Stress et Société, « l’isolement d’un individu par rapport à son univers habituel limite les possibilités d’estime de soi. » Dans un vaisseau en route vers Mars disparaît la source de satisfaction qu’est l’interaction entre les sphères professionnelle, familiale et sociale. L’isolement peut également devenir critique en cas de drame personnel, par exemple le décès d’un proche. (…) Faudra-t-il cacher l’information ? N’en livrer qu’une version édulcorée ? Le deuxième facteur de comportement inadapté, c’est le confinement. Avec son corollaire : l’obligation de vivre en permanence sous le regard des autres. (…) La question de l’activité est la troisième source d’éventuels problèmes. Si les astronautes habitués à des missions courtes sont plutôt en surcharge de travail, une mission longue est, à l’inverse, synonyme de sous activité. « Cela peut être terrible, indique Elisabeth Rosnet. Car moins on a de choses à faire, plus on a de temps pour penser.

Lors des entretiens de médecine aérospatiale de Megève, Patrick Clervoy, psychiatre au service de santé des armées ajoute que (Le Figaro, 03/09/2008) :

Le spationaute au long cours pourrait se demander : « Qu’est ce que je suis venu faire ici ? » Parmi les possibilités de réponses à ces comportements, la créativité reste tributaire du contexte très technique de la mission. Pas d’épanouissement possible.

Evidemment, avant Gagarine, Fernand de Magellan, James Cook, Vasco de Gama, Christophe Colomb ou David Livingstone et bien d’autres « découvreurs » se sont posés la même question et ont expérimenté l’inconnu, l’isolement, le doute, la superstition… Les mutineries, coups de folie, les maladies jalonnent l’histoire de l’exploration maritime et aérospatiale. Pour tenter de comprendre et d’anticiper les « pétages de plombs », les scientifiques observent les situations s’approchant au maximum du voyage planétaire. Les anciennes missions dans l’espace bien sûr, mais aussi la vie à bord des sous-marins, des plates-formes off-shore, dans les prisons (mais les prisonniers sont contraints)…

Le must, c’est la station scientifique franco-italienne Concordia en Antarctique, précise S&V. Totalement inaccessible pendant l’hiver austral, cette base est un des lieux au monde les plus isolés. Une aubaine, selon Karine Weiss, chercheuse associée au Laboratoire de psychologie environnementale à Paris : « Les similitudes entre Concordia et un futur vol vers Mars, c’est d’abord la monotonie, le fait qu’il n’y ait rien à l’extérieur, mais aussi qu’il soit très difficile de sortir. » (…) Il est arrivé que certains sortent seuls et sans radio, parce qu’ils avaient tout à coup l’impression de maîtriser leur environnement. Et l’un d’eux a refusé de faire un travail, même s’il savait que son attitude aurait des répercussions sur la vie du groupe.

La station Concordia

La composition de l’équipage est au centre des interrogations. S&V :

Les difficultés liées au multiculturalisme sont inhérentes aux missions extrêmes. Car il n’est pas sans causer au quotidien de petites incompréhensions pouvant venir grossir le stress collectif. Un seul exemple tiré de l’hivernage à Concordia ayant eu lieu durant la dernière Coupe du monde de football. Alors que les Français ont pour habitude de regarder les matchs en les commentant abondamment, les Italiens préfèrent le silence. Cela n’a l’air de rien, mais ajouté à tout le reste, cette subtilité a éprouvé l’équipe de chercheurs.

L’anecdote est parlante. Patrick Clervoy précise (Le Figaro, 03/09/2008) :

L’équipage idéal se compose de quatre à neuf personnes afin de reproduire une « microsociété ». Trois couples leur paraissent être le bon équilibre afin d’instaurer une harmonie de groupe sans aller toutefois jusqu’au mini village. La configuration « sous-marin nucléaire » avec sa forte hiérarchie militaire dans laquelle un recours à la force permet de résoudre un conflit ne peut être reproduite dans l’espace. A défaut d’un commandement structuré, une équipe soudée par la confiance mutuelle s’avère nécessaire autour d’un leader incontesté. En revanche, les équipages à deux ou trois semblent être la pire formule. Un binôme russe d’une mission Mir s’était fâché et ne se parlait plus. Le centre de contrôle à terre qui avait perçu ce malaise avait du recourir à un stratagème — commettre une erreur anodine — pour que les deux spationautes se réconcilient.

Ingérable quand on est sur Mars.

Autres solutions pour analyser les comportements, les scientifiques expérimentent des simulations de confinement. En 2009, deux cobayes Européens et quatre Russes participeront à l’expérience Mars 500. Ils seront enfermés durant 520 jours dans un espace clos de 200m2 sans fenêtres. Comme dans un vaisseau, les communications avec l’extérieur seront décalées d’une vingtaine de minutes. Pour Antonio Guell du CNES (Centre Nationale d’Etudes Spatiales) :

…l’aspect psychologique, c’est une décennie de travail devant nous, avec au moins une dizaine d’expériences de confinement.

Finalement, le plus excitant dans l’exploration martienne, ce n’est pas tant la découverte d’un monde que des dizaines de sondes nous ont déjà dévoilé, mais plutôt l’insondable folie des hommes qui fouleront son sol. En cela, les futurs « martiens » seront les dignes héritiers des découvreurs des anciens temps.

The Mars Society et le site Planète Mars proposent une chronologie détaillée de la future exploration humaine de Mars en flash et en français.

A lire, toujours sur le très complet site Planète Mars, le dossier Mars Direct.

Orion: le futur véhicule d’exploration de la NASA .

The Haughton-Mars Project, simulation d’une base martienne en Arctique.

La base franco-italienne Concordia au cÅ“ur de l’Antarctique.


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Tokk
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22 commentaires pour “ Contraintes psychologiques de l’exploration spatiale ”

  1. ah…la magie de la cryogénie.
    Perdu dans l’espace…

    Sincèrement, l’habitat devrait être séparer, en 2 zone, histoire de pouvoir laisser 2 groupe se crée, tout en organisant des activité communes afin de garder la liaison.
    4 hommes, trois femmes.
    Des jeux vidéo et des livres (choisis bien entendu) de la musique,et des nouveauté envoyer par la base, comme des textes, des informations (juste ou pas) des musique, etc…
    Il est important de les poussé a partager des activités communes, sans pour autant leur donné l’impression de les forcé.
    Un bon moniteur de collo dans l’espace et hop.

    Aucun lien avec la famille, ou juste des enregistrement, si un membre se rend compte que son fils/fille/père est mort/malade… ça peut s’avérer dramatique.
    Pas d’information sur des tornades/séisme dans les régions ou des proches de l’équipage vivent/passe leur vacances.

    Évidement ça demandera une bonne dose de mensonge, et ça sera on ne plus complexe en mettre en place.

    Enfin, je ne fais que des suppositions, non fondées.

  2. Le problème de cette méthode, c’est qu’elle est one shot. La seconde expédition sera celle des incrédules.

  3. J’ai lu que certains préfèrent envoyer deux équipes dans deux vaisseaux séparés pour se prêter mutuelle assistance en cas de problème. Je me demande s’il faudrait pas leur administrer des antidépresseurs pour éviter les idées noires… pas évident avec les risques d’effets secondaires dans l’espace…

  4. quelques précisions (spéculatives) sur les étapes du voyage :

    “Le premier lanceur Ares expédie le véhicule de retour (ERV : Earth Return Vehicle) à la surface de Mars. Ce véhicule est inhabité et vide de carburant. Une unité chimique simple, alimentée par un petit réacteur nucléaire, remplie alors les réservoirs de l’ERV avec du méthane et de l’oxygène en faisant réagir le CO2 de l’atmosphère martienne avec un peu d’hydrogène amené de la Terre.

    Lorsque les réservoirs sont pleins un second lanceur Ares envoie le module d’habitation avec 4 membres d’équipage sur le site préparé. Durant le voyage vers Mars, l’équipage est soumis à une gravité artificielle de 1/3 g en mettant en rotation l’habitat et le troisième étage d’Ares relié entre eux par un long câble. L’équipage sera ainsi parfaitement opérationnel dès l’atterrissage.

    Une fois sur Mars, les astronautes entreprennent l’exploration de la région d’atterrissage pendant un an et demi. Après cette période, ils prennent le chemin du retour à bord de l’ERV, une fusée à 2 étages dont le plein a été fait sur Mars. La gravité artificielle n’est pas nécessaire pour le voyage de retour. La capsule de l’ERV rentre directement dans l’atmosphère terrestre puis atterrit.

    Il n’y a ni assemblage ni rendez-vous sur orbite a une phase quelconque de la mission. Les différents éléments sont de plus étudiés pour avoir un maximum de pièces communes. Le système d’atterrissage du module d’habitation est, par exemple, le même que celui de l’ERV.”

    © planete-mars.com

  5. Je me demande s’il faudrait pas leur administrer des antidépresseurs pour éviter les idées noires… pas évident avec les risques d’effets secondaires dans l’espace…
    les astronautes ne prennent-ils pas déjà un cocktail de psychotropes, d’anti-depresseur et d’amphétamine pour survivre dans l’espace ?

  6. bonne question

  7. Pouvons-nous parler d’aller sur Mars sans parler de la trilogie martienne de Kim Stanley Robinson ?



    Dans le premier volume, il posait assez bien le problème de la cohabitation d’un équipage dans un lieu clos (pendant le voyage et lors des premières années sur place). Il y avait notamment le personnage du psychologue du bord qui avait une certaine profondeur.

  8. je connais pas, je vais les lire. ça parle de terraformation ?

  9. Bien sûr que ça en parle ! C’est même l’un des deux grands thèmes (l’autre étant la question de la formation d’une entité politique).

    Mais oui, il faut le lire ! Je suis impardonnable de ne pas en avoir parlé plus tôt… D’ailleurs, je suis impardonnable de si peu poster ces derniers temps, mais dès lundi… :)

  10. Spin de Robert Charles Wilson est également fascinant sur le thème terraformation de Mars : http://www.amazon.fr/Spin-Robert-Charles-Wilson/dp/076534825X/ref=sr_1_4?ie=UTF8&s=english-books&qid=1221826186&sr=8-4

  11. je connais pas, je vais les lire. ça parle de terraformation ?

    Horresco referens

  12. “Trois couples leur paraissent être le bon équilibre afin d’instaurer une harmonie de groupe”

    Ouais, une boîte échangiste ambulante quoi. Le concept est bon et eprouvé; ça peut intéresser du monde…

  13. Sur la pénébilité psychologique d’un tel voyage, n’exagrons pas non plus : quelle différence notable avec par exemple les marins accompagnant Christophe Colomb vers l’Ouest, si ce n’est qu’eux ne savaient même pas s’ils pouvaient techniquement atteindre leur destination !

    Quant à la difficulté du multiculturalisme, elle est évidente : sur des séjours relativement courts et assez proches de la Terre, ça passe. Sur un voyage aussi long et dangereux, ce serait une folie pure. J’espère qu’on ne cédera pas au politiquement correct sur ce point, ce serait aussi navrant que risqué.

  14. Si je ne suis convaincu que d’une chose, c’est que 2037, c’est bien trop optimiste pour un tel projet.

  15. En même temps, je ne suis pas certain qu’en 1939 on se disait que 30 ans plus tard on marcherait sur la Lune.

  16. NightEye, votre première remarque est tout à fait juste. Je le souligne d’ailleurs dans l’article. Quelques nuances cependant. Premièrement, Colomb et les scientifiques de son époque avaient tout de même une idée relativement précise de la circonférence de la terre héritée d’Eratosthène et des explorateurs arabes. Hormis une erreur de calcul sur la valeur du mille marin qui aurait pu lui être fatale, il connaissait en théorie la durée de son voyage. D’autre part, l’invention décisive de la caravelle par les portugais rend son objectif réalisable.
    Ensuite, je crois que l’investissement financier d’une mission comme celle de Colomb, à l’époque d’Isabelle de Castille, n’est rien comparé au milliards de la conquête martienne. Perdre trois caravelles et 100 hommes ne compte pas beaucoup pour le royaume d’Espagne. Combien sont partis sans revenir? Et d’ailleurs, combien d’explorateurs ont fait de grandes découvertes sans avoir pu revenir pour en témoigner ? Tout ça pour dire que l’investissement financier et scientifique est trop important pour que la réussite de la mission repose en partie sur une panic attack d’un astronaute. C’est une zone d’ombre pour laquelle il faut trouver des solutions.
    Enfin, je pense intiment que les exploits de Magellan et autres sont bien plus héroïques humainement. Mais tenir la barre d’un bateau, observer les étoiles, sentir la météo, pécher des poissons, c’est autre chose que d’être enfermé dans une boîte de conserve pilotée depuis la Terre…

  17. C’est marrant mais sur les plans du vaisseau Orion ils prévoient pas de pièces individuelles. Pourtant s’il sont en couple ça me parait être la moindre des choses. Et puis 3 ans à partager les bruits intestinaux des autres, moi je péterais mon câble.

    Quand je pense qu’au temps d’Apolo ils avait un tout petit espace toilette sous les banquettes du modules. Ils devaient faire leurs besoins dans une espèce de sac plastique avec des emplacement pour les doigts puis mélanger leur déchets avec un produit chimique pour ensuite l’évacuer dans l’espace. A ce moment, les autres devaient pleinement profiter des odeurs de merde flottant dans la cabine…

    Qui dit qu’être astronaute était un métier de rêve ?

  18. @ Schizo:

    Je pensais, toutes choses égales par ailleurs, hors événement exceptionnel, du style, une guerre mondiale… :-)

  19. Mais la guerre mondiale a déjà commencé ;)

  20. Mars la rouge, l’oeuvre de Kim Stanley Robinson, va être adaptée en série, avec pour scénariste et producteur Jonathan Hensleigh, selon Hollywood reporter. Diffusion prochaine sur la chaîne câblée américaine AMC…

  21. Il va falloir un très bon metteur en scène pour arriver à montrer à l’écran la complexité des intrigues et la richesse sous-jacente de ce qui est discuté dans cette trilogie.

    Et il faudra aussi de sacrés moyens pour ne pas tomber dans le kitch et le ridicule…

  22. j’ai commencé le premier tome hier ! ça a l’air génial !

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