A history of Vibration
Le site Null hypothesis propose une histoire (un peu rapide) des vibromasseurs. Tout commence avec la lassitude d’un médecin. Ainsi le docteur George Taylor, en 1869, fatigué de mettre la main à la pâte pour soigner ses patientes atteintes d’hystérie, aurait inventé le vibromasseur (je ne parle pas des godemichés qui existent depuis l’Antiquité, mais bien d’un objet vibrant que l’on insère dans le vagin). Guérison immédiate assuré de ce trouble de la personnalité dont les symptômes sont : agitations, propos incohérents, moiteur vaginale, délires érotiques.

Par la suite le docteur Taylor modernisa l’objet et l’équipa d’un moteur pour éviter de se fatiguer. Un moteur à vapeur pour commencer. Tout cela dans le but de soigner l’hystérie. On est bien d’accord.

La prochaine innovation fut l’électrification de l’engin dès les années 1880. Ensuite l’évolution du vibromasseur se situe sur le plan social. Ainsi, il sort du monde médical pour coloniser les pavillons de la nouvelle classe moyenne naissante. Au détour des années 20, le vibromasseur entre dans les catalogues de vente par correspondance, mais sa fonction de plaisir n’est pas encore explicite. Il sert à soigner l’asthme (!), la migraine (!!) et même la tuberculose (!!!).

Il faudra attendre les trente glorieuses et l’explosion du monde de vie suburbain pour que puisse naître l’industrie du vibromasseur. Corollaire de la libération sexuelle et de la recherche de nouveaux marchés, la vente de ce produit a fait un bond en avant, démocratisant des pratiques sexuelles de niche. Évolution des mÅ“urs, effet de mode, nostalgie de l’interdit, le vibromasseur devient un accessoire socialement accepté et soutenu par la naissance de l’industrie pornographique.
Selon Null Hypothesis, 75% des américaines reconnaissent en posséder un. Ce chiffre me parait élevé, bien que, dans mon cas, les américaines avec qui j’en ai parlé, m’ont paru plus libérées que les françaises sur le sujet. Cette statistique ne nous indique en rien si elles l’utilisent réellement, et à quelle fréquence.
Une bien belle histoire que celle de ce petit engin. Et merci à Monsieur Sdx de m’avoir refilé cette article à écrire en ce dimanche pluvieux.
Source : Null hypothesis.
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4 août 2008 à 13:19Billet (et blog) intéressant(s), merci !
« Hystérie » vient de « hysteria » qui signifie… « utérus » ; avec Charcot on croit effectivement que les troubles caractérisant l’hystérie sont liés à cet organe. Donc l’objectif de ton docteur Taylor ne me semble pas décalé pour l’époque
Il me semble que la Redoute vendait encore il y a quelques années seulement des vibromasseurs dans le but de « fortifier les joues ».
Il serait intéressant de voir justement comment le vibromasseur est passé de la sphère médicale à la sphère privée et « ludique ». Sujet passionnant
4 août 2008 à 14:05Oui je travaille dessus, sur ce fameux glissement.
4 août 2008 à 19:13Ça c’est vrai, on ne peut guère faire plus glissant comme sujet. Même le patinage artistique me parait moins soumis aux lois de la glisse que ce sujet.