Trou de mémoire
Les murs du ministère de la vérité de 1984, le roman de George Orwell, étaient recouverts de “trous de mémoire”. Ces “larges fentes ovales protégées par un grillage métallique” servaient à jeter les papiers censurés avant qu’ils ne soient détruits dans l’incinérateur central. Le site américain Thememoryhole (”le trou de mémoire”, en anglais) [inaccessible à l'instant où je poste ce billet], lancé en 2002, a quant à lui pour objectif de garder la trace de documents que certains préféreraient voir disparaître.
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Mais c’est sur le terrain de la désinformation, des distorsions des faits et de l’autocensure qu’il s’est surtout distingué. Sa série de recueils sur ces “choses que l’on n’est pas censé savoir” ne contient aucune révélation fracassante : une bombe atomique a été larguée en Caroline du Nord, la CIA commet des milliers de crimes chaque année, les jeunes sont moins violents aujourd’hui qu’il y a trente ans… Mais elle révèle, en creux, les sujets dont les médias américains ne parlent pas.
Loin d’être anecdotiques, ces anthologies permettent aussi à Russ Kick de réunir des textes de plusieurs personnalités phares des milieux progressistes américains : Paul Krassner, considéré comme le père de la presse underground, Douglas Rushkoff, l’un des théoriciens de la cyberculture, les essayistes Naomi Klein, Arianna Huffington et Michael Parenti, les journalistes d’investigation James Ridgeway et Gary Webb, Peter Moore, le cofondateur de Greenpeace, ou encore l’historien Howard Zinn…
Et ce Le Monde qui vante les mérites de ce site… Il y en a qui ne doute de rien. Un tel site est possible aux Etats-Unis, il est inimaginable en France à moins d’être l’instrument d’une force gouvernementale, lesquels ne sont pas toutes en faveur de l’actuel gouvernement, cela va sans dire, mais hors de ce cadre, il est vain d’en rêver.
Source : Le Monde.
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