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L’agression

lorenzUn livre qui s’appelle L’agression, voilà qui en impose. Mais quand le sous-titre est : une histoire naturelle du mal, on commence à se demander si c’est le genre de chose à mettre entre toutes les mains.

Konrad Lorenz joue cartes sur table dès la première page de la préface :

Mon livre traite de l’agressivité, c’est-à-dire de l’instinct de combat de l’animal et de l’homme, dirigé contre son propre congénère.

Tous les mots sont importants. L’agressivité, c’est-à-dire la violence non provoquée, la violence que l’on dit gratuite, sans toujours y réfléchir et que l’on assimile le plus facilement au mal ; l’instinct de combat, car il s’agit d’un instinct, d’un fonctionnement normal, mécanique, de la machine vivante ; de l’animal et de l’homme, l’un et l’autre héritent du même lot et, à tout prendre, la précision, « et de l’homme », est tout ce qu’il y a de plus superflue ; dirigé contre son propre congénère, l’instinct de combat dont il est question n’est pas la technique de mise à mort du prédateur ou la défense résolue, d’une proie acculée, cet instinct de combat est celui qui se porte sur le semblable, sur le prochain, souvent pour des raisons de sélection sexuelle, d’ailleurs.

Ce livre est important, sa lecture est précieuse, non seulement pour l’éthologue en herbe, mais aussi et peut-être surtout pour qui veut entendre la logique aux allures erratiques de l’animal politique, de l’être humain. J’en ai déjà cité un long passage, je le ferai de nouveau, peut-être plusieurs fois, mais le mieux est de l’avoir chez soi et de le lire, et tant pis pour les maladresses de la conclusion, tout le reste les rachète mille fois.



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