La pollution est naturelle
Il n’y a pas très longtemps, j’ai cité un texte de James Lovelock auquel certains écologistes conséquents pourraient, je le crois, souscrire. En revanche, l’extrait qui va suivre risque de choquer même les plus intelligents d’entre eux, car ce n’est ni plus ni moins qu’une justification de la pollution. Certes non pas une justification stupide, simpliste et inconditionnelle comme celle que l’on peut lire sous la plume de certains lobbyistes, mais il y est affirmé néanmoins que la pollution est une nécessité, une réalité inhérente, et pas nécessairement négative, à l’existence d’une civilisation humaine et, au-delà, à toute vie humaine ou non.

La pollution n’est pas comme on l’affirme souvent, le produit d’une turpitude morale. C’est une conséquence inévitable du processus actif de la vie. Le second principe de thermodynamique établit clairement que la faible entropie et l’organisation dynamique et complexe d’un système vivant ne peuvent fonctionner que par le rejet de produits et d’énergie inférieure dans l’environnement. La critique n’est justifiée que si nous nous avérons incapables de trouver des solutions satisfaisantes qui suppriment le problème et le transforment en avantage. Pour l’herbe, pour les coléoptères et même pour le fermier, la bouse de vache n’est pas une pollution mais un bien précieux. Si le monde dans lequel nous vivons était véritablement sensible à ce type de problèmes, les déchets industriels ne seraient pas bannis mais recyclés de manière positive. Promulguer des lois et des décrets dans le but d’”interdire” de polluer est une réaction négative et non constructive, aussi stupide que si l’on se proposait d’”interdire” aux vaches de produire de la bouse.
James Lovelock, La terre est un être vivant. L’hypothèse Gaïa, Paris, 1993, p. 48.
Imprimer ce billet

















Laisser un commentaire