De la sélection sexuelle en Australie
Le professeur Donald Evans, directeur du Centre de bioéthique de l’Université d’Otago, a déclaré hier que le fait d’autoriser la sélection du sexe des embryons lors du traitement de la fertilité pour des raisons sociales serait “reculer les avancées sociales d’une génération et demie au moins”.
Il est possible, scientifiquement, de choisir le sexe d’un bébé-éprouvette lors de son élaboration en utilisant une méthode appelée diagnostic génétique pré-implantatoire (DPI). Seuls les embryons du “bon” sexe sont implantés dans l’utérus de la femme.
Mais faire cela pour des motifs sociaux est interdit et cela ne peut être effectué que pour des motifs médicaux.
Cela n’est pas non plus possible pour des raisons sociales en Australie ou en Grande-Bretagne, mais c’est autorisé aux États-Unis.
Un rapport du Conseil datant d’hier [19 juin] a informé le gouvernement qu’il n’y avait pas suffisamment de raisons culturelles, éthiques ou spirituelles pour interdire l’utilisation du DPI afin de sélectionner le sexe pour des raisons sociales comme “équilibrer la famille” - pour peu que le DPI soit pris à la charge des parents.
Les modifications culturelles du sexe-ratio ne concernent pas que l’Inde, la Chine ou l’Asie en général, mais aussi l’occident, et uniquement les couples homosexuels…
Faut-il imaginer un tiers-monde avec un excédant de garçons et un Occident avec trop de filles ? Un peu comme à New York ? Pourquoi pas…
Source : Otago Daily Times.
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28 juillet 2008 à 18:06Un enlèvement des Sabines massif en vue ?
28 juillet 2008 à 20:11Bientôt faire un enfant, ça sera un peu comme choisir les options de sa future voiture. C’est beau le progrès. On choisira la couleur, les mains de Chopin, le cerveau de Poincaré, la bite de rocco ou les seins de Marylin, le coeur de lance Armstrong, les poumons de Jacques Mayol, etc, etc…
Mais pour moi qui suis un vieux con totalement dépassé, ça reste encore une histoire d’amour et de prise de responsabilité…et de hasard (ou d’ignorance,c’est selon, voir le très bon article : Miracle vulgaire et darwinisme trivial)
Quant au problème de sex ratio, quand on en sera à cette situation extrêmement dégradée éthiquement, rien n’empêchera plus d’organiser l’exportation commerciale du genre excédentaire ou l’importation de celui qui est déficitaire.
28 juillet 2008 Ã 20:45Nihil novi sub sole.
La seule différence avec le passé est dans l’efficacité. On a pléthore de textes datant de l’époque moderne où sont décrites les techniques (positions, périodes, régime alimentaire, etc.) pour concevoir des garçons ou, plus généralement, de beaux enfants (la fameuse callipédie).
Il faudra que j’écrive, un jour, sur ce livre si curieux qu’est Le mythe de la procréation à l’âge baroque de Pierre Darmon, où tout cela est expliqué et dont il existe, je le découvre, une édition récente et en format poche. Je ne sais, cependant, si elle dispose des nombreuses (et troublantes) illustrations de la premières édition :
28 juillet 2008 à 21:06Ce qui me choque, c’est l’absence de nécessité ( en dehors de transmission génétique de maladie liée au sexe) de ce type de technique de la procréation. Le progrès pour le progrès du côté du généticien, la technique pour un caprice du côté des futurs parents est une espèce de roue à inertie qu’il ne faut pas mettre en branle. Si la fin justifie les moyens, les moyens peuvent-ils justifier le fin?
28 juillet 2008 à 21:43Ce qui m’amuse, c’est que deux parents qui disent leur désir d’avoir un enfant de tel ou tel sexe (pour la raison que l’on voudra : la mère veut faire plaisir au père (qui veut, en général, un garçon), ils ont déjà une fille ou un garçon et veulent un enfant de l’autre sexe, etc.), tout le monde trouve cela normal et charmant, mais s’ils peuvent satisfaire ce désir, certains y verront motif à scandale. C’est cet hiatus qui m’amuse… et qui en même temps me trouble.
28 juillet 2008 à 22:31Le hiatus entre le désir d’un objet et le refus (moral) d’une certaine possibilité technique d’accéder à cet objet. Ça devient psychanalytique!
28 juillet 2008 à 23:20Cette option ne sera pas obligé pour tous, mais CHOISI par quelqu’un. S’ils ont envie de choisir la couleur des yeux de leur enfants, ou s’ils décident qu’il doit avoir un quotient intellectuel plus élevé que la moyenne, ça les regarde. Du moment que ce n’est pas IMPOSE à tous, par une vision étatique coercitive, je ne vois pas où est le problème.
Les mères font des choix de sélection tous les jours pour que leur enfant soit le meilleur (hygiène de vie, alimentation, étude), une possibilité de plus ou de moins, ca ne va pas changer la donne.
Et le premier qui cite le régime nazi, est obligé de mettre une pièce dans la boîte à lieu commun de Sdx. Raz le bol de citer ce vieux Adolf à chaque fois que l’on parle de ça. C’est comme les noirs et leur gros kiki (cf Next…)
29 juillet 2008 Ã 9:58@ Dalhia
Le problème de votre vision très libérale de l’eugénisme, c’est qu’elle mène immanquablement (à mon avis) à une population monotone en fonction des pressions normatives sociales. Tout le monde, à quelques détails près (couleur des yeux, des cheveux et quelques détails esthétiques) voudra que son enfant ait un QI de 185, un physique et une plastique sûre donc dictée par les critères esthétiques du moment. Un nouveau monde s’ouvrira alors au marketing: le marketing et la mode eugénique. Regardez donc dans la rue, tout le monde porte déjà le même pantalon (à quelques détails près comme, en particulier, le logo qui est apposé dessus et qui, au final, est la seule chose qui importe).
A mon avis, une vision et une pression politique ne sont pas nécessaires à l’établissement d’une sélection eugénique forte et monotone. L’aryen (je mets 2 euros dans la boîte à lieu commun) ou le métis (actuel modèle eugénique et politique qui remplace l’aryen de 1940) s’impose de lui-même dans votre vision libérale d’un monde eugénique alors que, dans ce qu’est encore notre monde, il faut une vision politique pour cela.
29 juillet 2008 à 10:04Peut-être.
Mais que faut-il faire pour éviter ce risque ? Rien ne me semble possible qui ne soit pire (et plus certain) que le mal éventuel que l’on cherchera à éviter.
29 juillet 2008 à 10:33A mon avis, le problème se règle de lui seul. Dans une société composée d’un seul modèle, d’une seule classe de citoyens, le dysfonctionnement est proche. Imaginez vous donc chercher une baguette de pain dans un monde exclusivement composé de philosophes, d’écrivains et de physiciens.
Mais les pros du marketing eugénique ont peut-être déjà la solution, ce qui permettra d’éviter la vision apocalyptique d’une société mono-couche: la sélection par l’argent. Aux riches, les QI de 185 et la beauté…aux pauvres, les bonheurs et les joies des hasards de l’hérédité.
29 juillet 2008 à 10:39Le monde n’est plus clos, l’univers est infini et Mars est proche (je viens de pomper honteusement le titre d’un livre de Koyré, au passage :p ), il faut donc s’imaginer que vos géants au QI de 185 auront fort à faire dans l’espace, sans compter la concurrence des robots
Mais bon, nous n’y sommes pas encore, hein…
29 juillet 2008 à 14:18Oui mais que tout le monde ressemble à tout le monde fait parti du choix de CHACUN. Après que tout les abrutis du monde veuillent être plus intelligent et plus beau ça les regarde. Moi je voudrais que mon enfant soit empathique et ait un grand sens de l’imagination. Suis-je un nazi (hop 3 euros) pour autant ?
29 juillet 2008 à 14:22Fan de la dernière saison de ReGenesis ?
De toute façon, je pense qu’il faut plus craindre (pour peu que cela ait un sens) l’apparition de nouvelles races (au sens quasi raciste du terme) que l’unification de tous les haplogroupes en un seul.
Si, comme Thierry le suggère, le métis est l’aryen du XXIème siècle, il ne le sera qu’aussi longtemps que le concept de “blanc” aura la place qu’il a dans l’imaginaire de chacun (car le métis comme concept se voulant subversif est toujours issu d’un métissage avec des “blancs”).
L’avenir, c’est Schismatrice :
Et pour paraphraser un apocryphe de Malraux : le XXIème siècle sera biopunk ou ne sera pas.
29 juillet 2008 à 15:28C’est vrai. Je trouve qu’on “bouffe” du métis et du métissage à toutes les sauces en ce moment. Le métis s’est établi, il me semble et depuis quelques temps comme le nouveau paradigme eugénique et politique. Ce bourrage de crâne médiatique a d’ailleurs chez moi (comme sans doute chez d’autres) l’effet inverse de celui pour lequel il est sans doute fait.
Le métissage comme perspective et choix personnel ne me pose pas de problème mais le métissage comme intention politique me semble aussi abject que l’aryen comme modèle indépassable.