Tetsuo
Tetsuo, 20 ans après. Que reste-t-il de ce film rapidement rangé sur l’étagère un peu poussiéreuse des films cultes ?

Adulé par Tarantino et William Gibson, Tetsuo de Shinya Tsukamoto, a marqué les esprits en cette fin des années 80. Ode à la violence, à l’hybridation entre un homme, que l’on imagine salary-man dans la banlieue tokyoïte et une machine, à la vitesse et aux pathos (je ne compte plus les allusions au sexe, à la famille, à la gémellité que comporte le film), Tetsuo n’a rien perdu de sa puissance visuelle.
Plus proche de Eraserhead de David Lynch, que des autres films de science-fiction de l’époque, l’Å“uvre de Tsukamoto est très influencé par le cinéma underground des années 70, mais aussi par le cinéma vérité des années 60, sans oublier les films porno et gore japonnais et américains.

Sans véritable scénario, nous suivons le calvaire de cet anti-héros face à sa transformation en être mi-biologique, mi-mécanique. Montage stroboscopique, images accélérées, entre jeux des acteurs empruntés au cinéma muet et scène de combat proche du Keiju-Eiga, Tsukamoto déroule sur à peine plus d’une heure un film sans temps mort, longue descente en enfer d’un homme normal face à l’anormalité, au changement. Comme Gibson l’a prophétisé dans ses romans cyberpunk, l’apocalypse a eu lieu, la fin du monde est arrivée cette nuit, et l’humanité est reparti au travail le matin même. Mais l’homme a intériorisé tous ces changements technologiques, psychologiques et sociaux dans sa chair. Le héros accepte sa nouvelle condition de machine, sa chair et son sang se sont fait métaux et huile, son cerveau est une interface connecté au monde entier. Né dans la douleur, tel Max Renn dans Videodrome, l’homme de la Nouvelle Chair de Tetsuo doit affronter plusieurs ennemis, dont sa Némésis, l’homme-fétichiste, incarné par Shinya Tsukamoto lui-même, afin de prendre entièrement possession de son corps et du monde, qui ont changé à l’unisson.

Empli de sexe, de violence, de fureur et de métal, Tetsuo, souvent copié, jamais égalé, est un ovni du cinéma japonais, qui a permis de voir émerger un auteur majeur, Shinya Tsukamoto, et nous a donné 20 ans de cinéma nippon déviant, excitant et novateur.
Tetsuo, de Shinya Tsukamoto, 1989.
Dans le cadre du mois du cinéma Japonais de Wild Grounds.
Imprimer ce billet

















27 juillet 2008 à 22:44L’un des film les plus perturbant qu’il m’ait été donné de voir…
28 juillet 2008 Ã 10:26[...] - Schizodoxe chronique Tetsuo. [...]
6 août 2008 à 0:38oula, j’avais 11 ans quand je l’ai vue pour la dernière fois, je l’avais oublié même…
Merci Dalhia, je crois savoir qu’elle film je regarderais ce week end.
D’ailleurs, je me souvient avoir vue a peut prêt a la même période, Men(ou man) behind the sun, pas dans le même registre, mais bon, ça me chargera mon week-end cinématographique.