Les garçon du XXème siècle

26 juillet, 2008

Kulchur | Chroniques

Alors que sort en France le dernier tome de 20th Century Boys, et qu’est annoncée pour la fin de l’été la sortie sur les écran nippions l’adaptation cinématographique de l’œuvre de Naoki Urasawa, retour sur un phénomène.

L’histoire en 24 tomes de 20th Century Boys (en réalité et pour être précis, 22 tomes pour 20th Century Boys et 2 tomes pour le « final » 21st Century Boys) en quelques mots :

Kenji a mis son rêve de devenir une rock-star de coté pour tenir l’épicerie familiale à Tokyo et subvenir au besoin de sa nièce, alors que la mère de celle-ci a disparu. Ami, mystérieux personnage aux pouvoirs surnaturels, commence à réunir autour de lui de nombreux adeptes, et prophétise pour l’an 2000 une série de catastrophes apocalyptiques et terrifiantes. Kenji, aidé de plusieurs de ses copains d’enfance, comprend qu’il lui faudra chercher dans son passé pour sauver le futur.

Intrigues foisonnantes, allée-retours incessants entre 2, puis 3 et même 4 époques, 20h Century Boys, le long de ses 22 tomes et du final en 2 tomes, étale une narration tout simplement ébouriffante, nous trimballant sur des montagnes russes émotionnelles, des rires aux larmes, de la nostalgie de l’enfance à l’action pure d’un récit de thriller. Brassant plusieurs genres en même temps, le fantastique, la chronique familiale, la science-fiction, le roman initiatique, le thriller à rebondissement, la critique sociale, et j’en passe, Naoki Urasawa, mangaka adulé par une armée d’otakus de par le monde, utilise toutes les ficelles du feuilleton pour tenir en haleine son auditoire. Inspiré autant par Alan Moore et Tezuka, que par Alexandre Dumas ou Eugène Sue, Urasawa fait preuve d’un grand sens narratif pour étendre son propos sur 24 tomes. Entre robot géant, secte millénariste, peur de devenir adulte, et prise de responsabilité, la maîtrise scénaristique et stylistique de l’auteur pour passer d’un style à l’autre sans jamais lassé malgré l’ampleur et la durée de la tache laisse sans voix.

Obsession sur l’enfance et la mémoire, peur neuronale de la Fin des Temps et prophéties post-apocalyptiques, Urasawa plonge ses personnages, et nous aussi par là même, dans les affres de l’horreur et de l’absurdité du XXème siècle, à travers la chronique de l’amitié entre quelques gamins de la banlieue tokyoïte.

Urasawa, à l’instar de son maitre Tezuka, utilise les motifs de l’enfance pour dessiner les destins de ses héros malgré eux. Il n’est donc pas étonnant que Urasawa ait repris le flambeau de Astro Boy, à travers sa nouvelle série Pluto.

Es-tu mon ami ?

Traumatisé par la secte Aum, mais aussi par la punition atomique qu’il est le seul à avoir vécu dans toute l’histoire de l’Humanité, le Japon n’a de cesse de s’interroger sur ses propres démons, sa tendance à suivre le premier charisme venu, s’il lui promet fierté et honneur perdus. Ami, personnage mystérieux, dont l’identité nous est caché tout au long des 24 tomes, parce que Kenji n’arrive pas à faire remonter les souvenirs du visage de son ennemi depuis son enfance, incarne le Mal à l’état pur, celui qui pave l’Enfer de bonnes intentions, le destructeur de mondes et d’espoirs. Mais aussi le voleur de mémoire, d’enfance, et de rêve. Il oblige Kenji à faire face à son destin, à accepter celui-ci et à affronter son pire cauchemar : ce qu’il a lui même créer quand il était petit garçon.

Contrairement à Evangelion ou même Akira, les enfants ne sont pas martyrs dans 20th Century Boys. Il n’est pas question d’une génération sacrifiée sur l’autel de la reconstruction de l’archipel. Les gamins de la bande de Kenji ne sont ni des parias, ni des délinquant, ni des asociaux. Ils deviendront des héros malgré eux, prenant leur destin en main, pour sauver celui de l’humanité.

Fort du succès mondial du manga, l’adaptation cinématographique ne s’est pas fait attendre. Le choix s’est porté sur une trilogie live. Une pléiade de stars nippone présente au casting, un budget conséquent, des images impressionnantes qui donnent le frisson à qui a lu le manga, des droits d’exploitation achetés par de nombreux pays, l’affaire s’annonce sous les meilleurs auspices.


20th Century Boys est une œuvre intense, exigeante, à la fois pur divertissement et intensément profonde.

20th Century Boys, 22 tomes, Panini Manga.

21st Century Boys, 2 tomes, Panini Manga.

NDSDX : billet dans le cadre du mois du cinéma japonais de Wild Grounds.


Il y a 2 commentaires pour “Les garçon du XXème siècle”

  1. » Cycle Cinéma Japonais - Juillet 2008 » Wildgrounds

    [...] Le manga 20th Century Boys & Kwaidan chez Schizodoxe [...]

  2. Couhoulinn

    Pour ceux qui veulent lire Pluto, il est ici : http://www.onemanga.com/Pluto/.

a disparu en 1999. Et en 2012.
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