Mourir pour de rire afin d’éviter les suicides sérieux

24,7 suicides pour 100000 habitants, en Corée du Sud. C’est beaucoup. Vraiment beaucoup. Alors, certaines entreprises, pour éviter le suicide de ses employés, leur proposent de “vivre” leurs propres (fausses) funérailles…
Pour résumer :
Si ça peut sauver des vies, pourquoi pas, mais c’est tout de même très particulier.
En attendant, la question soulevée à la suite par N&O est très pertinente : les bonnes intentions des entreprises ne risquent-elles pas de tourner au contrôle de la vie privée dans un souci de bien être général ?
Source : Notes et Observations.
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25 juillet 2008 à 6:34[...] Corée: Mourir pour de rire pour éviter les suicides sérieux 24 07 2008 (tags: corée entreprise défense rituel) [...]
25 juillet 2008 à 11:15Drôle de renversement de valeurs. L’entreprise qui, si elle s’investit dans ce type de programme, doit penser qu’elle est une des causes possibles du suicide, préfère investir dans des traitements prévenant l’acte de suicide lui-même plutôt que d’investir dans la prévention des causes de la déprime. Et on la comprend bien puisque, si elle se considère comme une des causes possibles du suicide (sans quoi elle ne s’investirait pas, la philanthropie n’existant pas), cela la contraindrait à revoir son attitude vis à vis de son employé et donc son chiffre d’affaire à la baisse afin d’augmenter le confort de celui-ci. Un nouveau paradigme du cynisme de l’entreprise qui préserve ses bénéfices tout en tentant de faire croire à son humanisme.
25 juillet 2008 à 11:28Oui, enfin, le salaire et le chiffre d’affaires sont liés…
Vous vous souvenez de Corsaires & Flibustiers (oui, ce n’est pas tout jeune, mais, bon Dieu, que c’était chouette) :
Je me souviens d’une scène où un personnage arrive sur une île où des gens travaille très dur, comme s’ils étaient des esclaves, mais sans chaînes ni gardiens. On s’interroge : pourquoi donc ne s’échappent-ils pas ? Et là , le “propriétaire” de l’île explique qu’ils sont libres de partir, mais qu’ils ne le veulent pas parce qu’il les paie et qu’il les paie d’autant plus qu’ils travaillent dur. La réponse du nouveau venu est quelque chose comme : “c’est ignoble…”
Nous sommes tous libres de vivre sans travailler. Certes, dans les sociétés où l’économie est déclinante et où l’assistanat est culpabilisant (songeons à la dureté avec laquelle on regarde les clochards qui ne veulent pas d’aide) comme la France, ne pas travailler est rarement un choix, mais dans d’autres pays, c’en est un. Un choix qui n’est certainement pas celui de la facilité, mais qui est celui d’une certaine liberté.
25 juillet 2008 à 12:21Je ne discute pas de capitalisme proprement dit. De toute façon, il parait assez difficile de vivre en dehors de celui-ci aujourd’hui sauf si on consent à être une espèce de Diogene moderne, un clochard comme vous le disiez plus haut. Ce qui m’agace, c’est le cynisme et l’hypocrisie du capitalisme dans ce type de situation. La seule éthique du capitalisme c’est de produire du capital et il devrait le reconnaître plutôt que de tenter de nous faire croire qu’il est une infirmière pour âmes blessées, ce qui frise le ridicule.
25 juillet 2008 à 15:43La seule éthique du capitalisme c’est de produire du capital et il devrait le reconnaître plutôt que de tenter de nous faire croire qu’il est une infirmière pour âmes blessées, ce qui frise le ridicule.
Et pourquoi est-ce qu’il ne le serait pas?
On peut regarder cette affaire de 2 façons:
La cynique - Le “Capitalisme” nous ment, il essaye de nous faire croire en son amour alors que tout n’est qu’affaire de sous.
La rationelle - Le “Capitalisme” est aussi moral que les personnes qui le compose, CAD ni plus, ni moins que la moyenne, le seul fait d’intégrer une grosse structure visant à faire du profit ne transforme pas un individu en un être assoiffé de pouvoir et d’argent qui ne considère la vie d’autrui que si un gain certains existe.
Votre vision des choses, si je m’en tiens à votre remarque sur la philantropie qui n’existerait soi-disant pas, vous fait pencher vers la première analyse. La mienne vers la seconde.
Il n’y a pas de mensonge, on essaye pas de nous faire croire quoi que ce soit, les entreprises s’impliquent dans ce type d’initiative parce qu’économiquement ET humainement il est préférable de le faire, la mort d’un homme etant une tragédie.
Et c’est cette bienveillance qui m’inquiète.
25 juillet 2008 à 15:48l’Enfer est pavé de bonnes intentions.