Le pack DVD “Epuration ethnique”
Y a-t-il une autre sagesse,
et les dieux aux mortels ont-ils rien accordé de plus beau
que de pouvoir écraser de la main
la tête de son ennemi ?

Warriors, l’impossible mission n’est pas une énième Golan-Globus production échappée de la Guerre froide. Ce téléfilm de la BBC conte le quotidien d’une unité de soldats britanniques, équipage d’un blindé Warrior, en mission dans l’enfer de la guerre civile yougoslave. Les jeunes soldats, arborant les couleurs de l’ONU dans la Bosnie de 1996, devront affronter ce à quoi ils ne sont pas préparés, et ce qui les traumatisera : leur impuissance face à l’épuration ethnique, aux massacres, aux déportations…
Le film est construit autour d’une succession d’histoires, correspondant aux missions des soldats, et qui les amènent à découvrir toutes les facettes d’un conflit ethnique.
Et, comme eux, on sort de Bosnie détruit, miné.
L’oeuvre, aussi dure soit-elle, ne fait qu’évoquer les viols commis par les belligérants. Ce n’est pas son propos de s’attarder sur cet aspect particulier du conflit, et elle ne peut franchir la ligne sans être classée X.
Limite qui ne s’imposa pas à Mario Salieri, réalisateur de films érotiques italiens. Le cinéaste entreprit, dans C.K.P., de montrer ce qui ne peut être montré : la violence sexuelle lors d’un conflit armé.
Le film, absolument pas érotique, dévoile tout, sans la moindre pudeur. Quelques bémols : c’est mal joué — les acteurs et actrices X n’étant pas réputés pour leur jeu —, c’est mal filmé — par manque de moyens —, et le sordide du film est sérieusement contrarié par sa nanardise.

On ressort de la vision doublement perturbé.
Par l’horreur du conflit ethnique : un ami, avec qui on jouait étant enfant, s’avère un monstre la guerre venue, simplement parce qu’il n’est pas de votre clan.
Par le film lui-même. Ce qui n’était que suggéré est exhibé, crûment. Mettre en image ce qui ne pouvait être qu’imaginé, contribue, paradoxalement, à en atténuer l’impact.
On en vient à regretter l’impossible pack spécial “conflit ethnique” qu’aurait constituée la réunion de ces deux Å“uvres dans un même coffret. Et on frémit devant ceux qui voient dans le conflit des Balkans le “laboratoire” du XXIème siècle.
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23 juillet 2008 à 10:15Meurs, ou tue, dit Don Diègue à Rodrigue. C’est ce que doit faire un soldat. S’il n’est pas censé périr et qu’il n’a pas le droit de supprimer des vies, alors il ne lui reste guère plus qu’à faire les deux à la fois en se tuant.
Le plus grand des crimes de cette guerre de Yougoslavie est ce péché contre l’esprit qu’est l’idée proprement absurde de “force d’interposition”. On a moins tué à Sarajevo qu’à Bruxelles, mais c’est à Sarajevo qu’on mourrait, pas à Bruxelles…
28 juillet 2008 à 11:17Rajoutez à votre pack le prenant shooting dogs , sur le génocide rwandais.
29 juillet 2008 à 7:40En effet, ça semble pas mal dans son genre…