Thank God for Evolution
Le premier juillet marque le 150ème anniversaire de la théorie de l’évolution. Pendant des années, j’ai cru que Darwin était le Mal. Aujourd’hui, j’honore grandement sa contribution à la religion et à mon cheminement vers Dieu. En vérité, personne d’autre, sinon Jésus, n’a eu un impact aussi positif sur ma foi et mon ministère que Charles Darwin.
Très américain, comme façon de voir les choses, même si l’article du NYT rappelle, à raison, que l’Eglise catholique n’a jamais ces problèmes d’incompatibilité de caractère avec le darwinisme et de citer Teilhard de Chardin. En tout cas, je conseille la lecture du témoignage de cet étrange pasteur Michael Dowd.
Dans l’article du NYT, on lit l’intéressant témoignage de Bob Miller, un homme de 81 ans, qui vient enfin de comprendre, grâce à un prêche darwinien (ça me fait penser au comtisme…), pourquoi il a trompé sa femme, 40 ans plus tôt, alors qu’il gravissait les échelons de son entreprise et que tout allait bien pour lui et son couple :
Quand Dowd a commencé à parler des défaillances de la perception morale dans le contexte de l’évolution, “tout à coup la lumière s’est faite dans ma tête”, a dit Miller. L’amélioration de son statut au sein de son entreprise, a-t-il conclu, a probablement contribué à une augmentation de testostérone. “Je pense que les changements physiques de mon corps étaient si forts qu’ils ont complètement balayé tous les enseignements moraux et les croyances religieuses j’avais”, a expliqué Miller. “Cela reste inexcusable, mais cela est plus sensé.”
Belle leçon : inexcusable, mais plus sensé, le darwinisme explique, il n’impose rien, ne donne aucune norme. Certes, la nature humaine comprend certainement la morale, mais si celle-ci se fonde sur la nature, ce n’est pas pour l’accompagner. La culpabilité (mais aussi la honte, la peur, l’envie, etc.) est un moteur puissant, ne l’oublions jamais.
Sources : Thank God for Evolution et The New York Times.
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9 juillet 2008 à 13:14Oui, enfin Teilhard de Chardin a été mis à l’index, tout de même…
9 juillet 2008 à 13:23Ce qui a été mis à l’index l’a été pour des raisons théologiques (la sotériologie teilhardienne n’est pas d’une parfaite orthodoxie à ce qu’il m’en souvient).
9 juillet 2008 à 14:22Même sans Dieu et avec Darwin, l’être humain a tout intérêt à s’inventer une transcendance, des valeurs qui le dépassent, des normes sans quoi il ne vaut pas mieux que les derniers des étrons. Je n’ai jamais croisé un être sain d’esprit amoral, se comportant comme un animal total.
On peut même faire, comme les socio-biologistes et considérer que ces valeurs morales n’émanent que de notre nature et tenter de faire ainsi de ces valeurs des choses vulgaires et immanentes. Elles resteront toujours, à mon sens, des valeurs qui nous dépassent (qui dépassent ma conscience, ma raison et que je subis) et donc transcendantes.
Mais de là à considérer que cette morale n’a pas à accompagner la nature et de se positionner de façon à la dépasser, c’est nous placer au dessus d’elle et dépasser Darwin; et c’est, à mon avis (sauf à vouloir bouleverser notre propre nature et à considérer qu’on soit capable de maitriser cette métamorphose) contradictoire et dangereux.
9 juillet 2008 à 14:29Votre commentaire me fait penser à ça (et à ça aussi).
D’ailleurs, je n’ai jamais trop compris que l’on puisse être darwinien (même athée — surtout athée) et contre la religion en tant que religion (dans les détails, bien sûr que l’on peut condamner telle pratique ou trouver absurde telle croyance, cela n’est pas le problème), alors que s’il y a bien une chose actuelle qui remonte loin dans notre passé évolutif et qui reste en prise avec lui, c’est bien cela.
9 juillet 2008 à 15:26Bravo pour votre blog largement consacré aux problèmes de bioéthiques et l’art que vous avez de toujours toucher du doigt le noeud, le pivot d’un problème.