Sélection sexuelle et perversion mentale
Le blog du Psychothérapeute est un blog que je suis et que je lis toujours avec plaisir et intérêt, mais je dois dire que l’un de ses récents billets m’a particulièrement marqué. Il traitait, à la suite d’une expérience professionnelle, du cas d’une personnalité passablement détestable et, au travers de lui, à la triste réalité de la présence de manipulateurs et de pervers parmi nous, qui, parce qu’ils sont relativement discrets et qu’ils ne commettent pas de crimes, sont libres d’agir comme ils l’entendent avec les conséquences que l’on devine.

Parmi beaucoup d’autres choses, cet article nous apprend que des personnalités ne sont pas nécessairement visibles au premier abord ni nécessairement criminelles. Or cela recoupe deux récents articles, l’un de New Scientist et l’autre de BPS.
Il est très logique que des personnalités marquées par un souci de leurs intérêts immédiats — au mépris de celui des autres — et par une grande capacité de manipulation, soient on ne peut plus charmeurs. En effet, dans la plupart des rapports sociaux, la contrainte brutale ne fonctionne pas, sinon en attirant l’attention et la méfiance sur soi. Charmer son entourage en ayant recours aux mensonges les plus éhontés permet d’obtenir, en général, ce que l’on désire, au moins sur le court terme.
De ce point de vue, ces personnalités, nous dit le New Scientist, si elles ont peu de chance de bâtir des relations longues, ont, en revanche, toutes les chances d’en avoir un grand nombre de courtes. C’est l’éternel raisonnement darwinien : qui ne peut se reproduire longtemps, doit se reproduire vite. Le grand problème que cela pose est qu’il y a un grand nombre d’enfants à qui le père transmet sinon par ses gènes, ad moins par la condition sociale, un héritage sombre et néfaste.
Il faut bien distinguer ces gens-là des “mauvais garçons” qui charment tant les filles (méprise-les et elles seront toutes à toi disait Méphistophélès à Faust chez Goethe). Ceux-là ne font qu’arborer les traits de la perversion sans être, nécessairement, des pervers eux-mêmes. Mais en le faisant croire aux autres, ils se le font croire à eux-mêmes, ce qui leur permet d’agir d’une façon analogue, maximisant, ainsi, leurs chances dans le cadre de la sélection sexuelle. Le plus étrange dans l’histoire est de voir que jamais cette façon d’agir n’a eu un tel succès que depuis que le discours féministe est devenu peu ou prou hégémonique.
Je me demande, d’ailleurs, dans quelle mesure ce discours-là n’est pas une conséquence du triomphe de ces personnalités. Après tout, respecter les normes que fixe le féminisme, c’est comme respecter les lois, cela ne concerne que les gens honnêtes. Les autres s’en moquent et en sont d’autant plus libres. Le discours féministe n’est peut-être donc qu’une arme supplémentaire dans les mains des plus manipulateurs et des plus narcissiques, dans le cadre de la sélection sexuelle.
Cet avantage darwinien explique peut-être aussi pourquoi un grand nombre de psychopathes ne deviennent pas criminels. C’est tout simplement parce qu’ils n’ont aucun intérêt à le devenir, puisqu’ils obtiennent déjà et sans mal ce que leur corps et leur âme exigent. On a souvent reproché — en grande partie à raison — le concept de dysgénie à William Shockley, mais je ne vois pas trop quel autre terme peut être employé pour décrire cela.
Sources : Psychotérapeute, New Scientist et BPS.
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7 juillet 2008 à 18:45Et pour celles et ceux que ça intéresse, un autre blog sur la psychopathie http://futurquantique.org/articles/ponerologie-et-psychopathie abordant les conséquences qu’engendrent la présence de ces gens malades dans les hautes sphères du pouvoir, en détaillant les mécanismes qu’ils utilisent pour faire adopter leur point de vue défaillant au reste du monde.
7 juillet 2008 à 19:30Le Psychothérapeute de service, celui-là même qui nous avait bassiné avec les pauvres z’innocents dont la vilaine collectivité ne veut pas prendre en charge le coût de leurs irresponsabilités, a découvert l’existence du pervers narcissique. Bravo
!
8 juillet 2008 à 9:33Ce qui me laisse pantois dans le billet de ce psychothérapeute, c’est la rapidité avec laquelle il a fait son “diagnostic”. Une seule rencontre lui a sufit pour déterminer qu’il avait affaire à un manipulateur ou un dépressif, et cela même sans recontrer la personne.
Voilà un psy performant.
Sinon, c’est toujours avec plaisir que je lis vos textes, particulièrement lorsqu’ils traitent de sélection sexuelle et de psychologie évolutionniste, même si c’est la première fois que j’interviens sur votre blog.
A ce sujet, il y a un fil assez révélateur du discours féministe hégémonique auquel vous faites allusion sur Agoravox: “Masculin/féminin: la loi du genre.
Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on y occulte complètement le débat sur les différences évolutives entre hommes et femmes. Pour résumer: tout est culturel.
On sort son révolver?
8 juillet 2008 à 13:34Hum… Il ne fait pas un diagnostic, il témoigne d’une expérience particulière dans laquelle il a, d’ailleurs, tout de même pas mal d’éléments pour évaluer cette personnalité.
Pour ce qui est de “tout est culturel”, j’ai entendu un peu avant midi sur France Culture, une affirmation totalement décomplexée de constructivisme échevelé et le tout au nom de la science, laquelle aurait prouvé (hum ?) que les différences entre garçons et filles n’étaient que culturelles et que si les filles réussissaient mieux à l’école, c’était à cause de la domination masculine… Parfois, en effet, on songe au revolver pour éteindre la radio.
8 juillet 2008 à 19:28“Le plus étrange dans l’histoire est de voir que jamais cette façon d’agir n’a eu un tel succès que depuis que le discours féministe est devenu peu ou prou hégémonique.”… Ah bon? Je suis impatiente de lire l’étude qui parviendrait à démontrer ce que tu affirmes!
8 juillet 2008 à 19:52Cela me semble de la simple logique. Les hommes prêts à mentir, manipuler, voire menacer les femmes pour arriver à leur fin n’ont rien à faire du discours féministe, en revanches, les hommes “ordinaires” tendent à avoir une attitude encore plus timorée, tant et si bien que l’avantage dans la sélection sexuelle de ces personnalités perverses est encore plus marqué (on pourrait faire le parallèle avec ceci — ou avec l’interdiction de la détention d’arme (soyons provocant) qui ne concerne que les gens qui respectent la loi).
Mais, comprenons-nous bien, si ce que je décris est juste (et je ne vois pas comment il pourrait en être autrement si on accepte les prémisses (ce que l’on n’est pas obligé de faire)), cela n’est que le reflet d’une réalité générale, statistique, ramené au cas individuel, cela n’a pas vraiment de sens.