Real Americana, le jazz dans la Guerre froide
Aux premiers temps de la Guerre froide, les Etats-Unis étaient parfois forts mal vus dans certains pays. Pour se donner une image plus positive de ce pays et de son action dans le monde, le Département d’Etat a organisé de nombreuses tournées à l’étranger pour les grands jazzmen du temps.

Sous le nom de Jam Session : America’s Jazz Ambassadors Embrace the World une exposition de photographies de ces concerts, qui ont lieu partout dans le monde, est organisée au Meridian International Center de Washington. On pourra y voir…
…Dizzy Gillespie en 1956, charmant un serpent avec sa trompette à Karachi, au Pakistan. Louis Armstrong en 61, entouré d’enfants hilares devant un hôpital du Caire. Benny Goodman en 62, soufflant dans sa clarinette sur la Place Rouge. Duke Ellington en 63, fumant le houka à Ctésiphon en Irak.
Waouh ! Jazz partout… et pour tous :
Bien sûr, cela a été un formidable succès, amplifié par la diffusion du jazz sur les ondes de Voice of America (la Jazz Hour), la radio américaine destinée au monde, y compris au-delà du rideau de fer. Mais cela ne s’est pas fait sans heurs, notamment à cause des problèmes liés à la situation des noirs dans le Sud.
D’ailleurs, pour leur retourner la politesse, les Soviétiques ont beaucoup insisté sur l’existence de la ségrégation aux Etats-Unis pour disqualifier la politique qu’ils menaient dans le tiers-monde, et surtout en Afrique.
Et puis, les jazzmen ne sont pas toujours de braves garçons bien rangés. Ils parlent trop (souvent), agissent mal (parfois)… Les envoyer à l’étranger et faire d’eux des porte-parole et des incarnations de l’Amérique était souvent particulièrement risqué. Cela n’aurait pu être possible s’il n’y avait pas eu, en fin de compte, une véritable convergence : un certain goût de la liberté et la conscience que l’Amérique n’était plus exclusivement celle des WASP.
Source : The new York Times.
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5 juillet 2008 Ã 13:27Que l’on envoie Renaud en Europe et dans le monde redorer l’image de la France !
5 juillet 2008 Ã 16:38Oui, on pourrait l’envoyer en Angleterre, pour commencer :