Armes et meurtres

Il y a quelques jours, dans le débat qui a suivi la publication d’un billet sur le droit de posséder des armes aux Etats-Unis, certains se sont fait l’écho de ce que presque tous les médias français présentent comme une évidence : la légalisation des armes est la cause de la violence. Il se trouve que je viens de découvrir quelques statistiques intéressantes sur le sujet.



Pour démontrer l’absence du fondement de l’argument de la dissuasion qui joue en faveur de la peine de mort, le Death Penalty Information Center a établi les statistiques du taux d’homicide état par état, faisant ressortir, ainsi, le fait suivant : le taux d’homicide moyen est, pour les états appliquant la peine de mort, de 5,9 pour 100 000 et par an, alors qu’il n’est que de 4,22 pour ceux qui ne l’appliquent pas. De là, si on considère que les uns et les autres de ces états sont, globalement, comparables, il est possible de dire qu’il n’y a pas de preuve établissant que la peine de mort joue un rôle dissuasif.

Ce sont ces statistiques qui m’intéressent, car, en donnant le taux d’homicide état par état, elle évite de tomber dans le piège classique de l’extrapolation d’un taux de criminalité national avec le droit local de porter des armes.

Si l’argument de l’induction de la violence par les armes était juste, les états libéraux à leur égard devraient être ceux où il y a le plus de meurtres et, à l’inverse, ceux qui les interdisent devraient être des paradis.

En droit, il suffit d’un seul contre-exemple pour réfuter un tel argument (et nous l’avons avec le Vermont, le taux d’homicide est parmi les plus bas des Etats-Unis et la législation sur les armes est laxiste… puisque inexistante — sauf les lois fédérales, donc pas de missiles nucléaires dans le jardin…), mais, honnêtement, il y en a des tas… Ce qui ne veut pas dire, d’ailleurs, que tous les états libéraux en matière d’armes sont sûrs, mais c’est un autre problème.

En attendant, il n’y a pas de raison d’ordre statistique pour limiter cette liberté fondamentale qui est celle de se protéger des criminels et, le cas échéant, de l’Etat et la Cour suprême a eu raison de prendre la décision qu’elle a prise.

Sources : DPIC (si vous voulez un cas européen, il y a la Suisse : des armes de guerre partout et très peu de crimes, cf. BBC).


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6 commentaires pour “ Armes et meurtres ”

  1. De toute manière les armes ne sont qu’un symptôme de la violence et de l’insécurité. Un méchant ne fait pas des vilaines choses parcqu’il a une arme, mais parcqu’il fait du trafic de drogue, des vols avec violence, des agressions physiques. L’environnement urbain et la contamination sociale sont des causes plus importantes pour tenter d’expliquer le nombre élevé d’homicides par armes à feu. Et les causes historico-psychologique aussi.

  2. Ce qui importe au fond, c’est ce que peut représenter dans un pays l’accès à la citoyenneté, et les droits et les devoirs associés. La possession d’arme en fait partie.
    C’est surtout en ce sens que la Suisse reste un exemple significatif, car la citoyenneté n’y est pas bradée et représente réellement quelque chose de tangible. Sans parler de son système de service militaire très particulier, etc.

  3. De toute manière les armes ne sont qu’un symptôme de la violence et de l’insécurité. Un méchant ne fait pas des vilaines choses parcqu’il a une arme, mais parcqu’il fait du trafic de drogue, des vols avec violence, des agressions physiques. L’environnement urbain et la contamination sociale sont des causes plus importantes pour tenter d’expliquer le nombre élevé d’homicides par armes à feu. Et les causes historico-psychologique aussi.

    Sans doute, d’ailleurs, ceux qui commettent ces actes trouvent toujours des armes, peu importe la législation en vigueur (le seul contre exemple est le Japon dans les années 50, mais ça n’a pas duré).

    Le droit de posséder des armes ne joue qu’en faveur de ceux qui ne se livrent pas à tout ça.

  4. La preuve en ce moment au Royaume-Uni. Explosion des agressions et homicides par armes blanches.
    D’un autre coté, je ne suis pas certain qu’une libéralisation totale de la législation sur les armes à feu soit une solution pour le problème de violence, disons de Skid Row ou de South Central à Los Angeles.

  5. “le seul contre exemple est le Japon dans les années 50, mais ça n’a duré” C’est à dire ?

  6. Seule la police disposait d’armes à feu, mais en face, chez les délinquants, y compris le yakuza, pas d’armes à feu. Mais cela a été rendu possible 1. l’histoire récente du Japon — interdiction féroce des armes avant 45 et occupation militaire après — et 2. l’insularité, l’homogénéité culturelle et l’auto-discipline de la mafia.

    Dès les années 60, ça commence à changer.

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