Actualités | Kulchur

Continent sciences : « génétique et races »

Je manque rarement « Continent sciences » (France Culture) que j’écoute en podcast sur mon iPod. C’est une excellente émission que je recommande à tous les lecteurs de Schizodoxe. Cette semaine (enfin, il me semble, parfois je ne les écoute pas dans le bon ordre) : « génétique et races ».

Au départ, s’enchaînent de grands moments de discours politiquement correct, puis, vers la fin, tout semble vaciller : en effet, le scientifique invité avoue (après avoir répété pendant une 1/2 heure que le concept de race ne pouvait s’appliquer à l’homme) du bout des lèvres qu’en réalité, il est tout juste plus compliqué de trouver à quelle race appartient un homme, que pour un chimpanzé ou un chien, mais qu’au final, on y arrive assez bien avec les nouveaux types d’analyses dont nous disposons aujourd’hui… la preuve avec l’industrie des tests génétiques aux USA qui permet à n’importe qui d’attester très facilement de son appartenance à telle ou telle catégorie raciale (ou ethnique, ou « d’ascendance », pour reprendre le terme cité), et ainsi réclamer les avantages financiers ou politiques qui vont avec.

On y retrouve également quelques infos intéressantes, comme par exemple la découverte, grâce à ces fameux tests bon marché, qu’une grande majorité des noirs américains sont en général des métis qui s’ignorent (ah… le lieu commun du cultivateur blanc violant à tout va), ou l’eugénisme « volontaire » des ashkénazes pour éradiquer une maladie génétique rare, etc.

Reste effectivement un élément remarquable : la grande homogénéité génétique dont fait preuve l’espèce humaine, par rapport à nos cousins les singes, ou autre exemple extrême, aux différences incroyables que l’homme a su appliquer aux multiples races de chiens.

Source : France Culture.



Share/Bookmark

Karpel rêve de moutons électriques.
Écrire à cet auteur | Tous les billets de Karpel

16 commentaires pour “ Continent sciences : « génétique et races » ”

  1. Tres flou tout ca , j’aimerais bien savoir comment vous definissez race ? Et si il est possible d’en degager chez l’etre humain, sur quels criteres repose cette différenciation ?  

    Citer

  2. La question n’est pas de savoir comment Karpel la défini, mais comment Bertrand Jordan le fait (tout en disant ne pas le faire). Parce que, franchement, de ce point de vue, l’émission est assez incroyable de bizarreries.

    Le summum, dans cette émission, est atteint, quand il est dit qu’il n’y a pas de races humaines parce que les « groupes » humains sont moins différents entre eux que les races de chiens entre elles ! C’est absurde, parce que les races de chiens sont artificielles. Elles sont le produit de la sélection artificielle, elles sont donc nécessairement très différenciées. Si les races humaines n’existent pas, ce n’est certainement pas pour une raison aussi aberrante. La comparaison avec les différents groupes de singes est plus pertinente et elle montre, comme le note Karpel, qu’il y a une très forte homogénéité génétique de l’espèce humaine.

    Tout le problème vient de ce que l’on veut fonder le refus du racisme sur la science, alors que le racisme est contestable en lui-même. Tout cela avait été très bien analysé dans La société pure. De Darwin à Hitler d’André Pichot.



    Je crois qu’il faut vraiment écouter cette émission pour comprendre à quel point certains scientifiques en sont rendus à un discours incohérent et dangereux pour la cause qu’ils croient défendre.  

    Citer

  3. Disons que si l’on arrive à distinguer des « groupes d’ascendance commune » parmi l’ensemble des êtres humains de cette terre, pourquoi pas l’appeler cela « race », qui selon moi n’a rien de péjoratif ni de dangereux en soi.
    Ces différences sont minimes et déterminent essentiellement l’aspect physique, donc pas de quoi fouetter un chat. Comme je l’ai déjà dit, l’élément surprenant est finalement l’incroyable homogénéité génétique de l’espèce humaine, qui certainement disparaitra très prochainement (l’homogénéité, par l’humanité :) ), au vu des récents progrès dans le domaine génétique… et de ça, reste encore à savoir s’il faut s’en réjouir ou s’en émouvoir.  

    Citer

  4. Le mot « race » me rappelle étrangement le mot « Dieu ». D’abord on crée un mot, ensuite on se demande – si possible, en s’étripant – ce qu’il recouvre exactement et ce que cela implique.  

    Citer

  5. On pourrait dire la même chose du mot « Soleil », ou du mot « temps », ou du mot « atome » etc.  

    Citer

  6. Pas vraiment… Le soleil, ce n’est pas un concept… Pour le temps et l’atome, ce sont bien des concepts, mais on est obligé de faire avec. On ne fait pas de physique – pour se cantonner aux sciences – sans la notion de temps. Quant à l’atome, ses détracteurs – Mach, etc – ont suffisamment reproché à ses partisans d’introduire un concept inutile. Des savants ont certes ensuite prouvé qu’il était au contraire très efficace. Mais je peine à comprendre l’utilité de cette notion de race. On va finir par découvrir qu’on a autant de races que d’êtres humains et on sera bien avancé… Bon, je dois avouer que je suis bien ignorant dans ce domaine, je dis peut-être là une grosse absurdité ? Je vais écouter l’émission que vous dites, j’y verrai peut-être plus clair :)   

    Citer

  7. Le soleil n’est pas un concept, mais c’est bien un mot que l’on a créé pour, ensuite, se demander ce qu’il recouvrait exactement, ma remarque portait là-dessus.

    Pour ce qui est de l’utilité du concept de race, je vois mal comment on peut étudier l’histoire sans prendre en compte le fait qu’il a joué un rôle central à différentes époques (notamment sous forme négative, au travers du racisme) et y compris aujourd’hui, il n’y a qu’à regarder, par exemple, les votes au sein du parti démocrate par rapport à Obama (on pourrait dire la même chose du sexe et du vote pour Clinton).

    Mais cela n’a rien à voir avec la génétique, d’où mon énervement quand j’entends des scientifiques faire délibérément la confusion sous prétexte de la dénoncer.  

    Citer

  8. Je me demande si ce n’est pas une question de sémantique, car le mot « race » fait automatiquement, dans nos esprits, référence à la haine, Hitler, racisme….

    Scientifiquement, il est vrai que les allèles d’un même gène sont différents ou en quantité différentes chez des caucasiens, africains, asiatiques… comme par exemple les groupes d’allèle du Complexe Majeur d’Histocompatibilité (CMH) Dont voici un tableau que j’ai repris d’un de mes cours d’immunologie


    Comme on peut voir dans se tableau, la répartition des allèles dans la population n’est pas un hasard. Puis comme tu vois, chaque « races » à des allèles différents pour un même gène et heureusement, sans quoi à la moindre épidémie toute la planète serait anéantie. Là on en vient à l’une des idées de Hitler et de sa purification des races, si l’une des « races » avait été purifié, il y aurait eu une homogénéité des allèles tel que l’espèce humaine aurait été en danger à la moindre épidémie (en exagérant un peu).

    Il n’existe pas de « race », dans le sens l’une meilleur que l’autre, chez les humains et chez les animaux non « fabriqué » par l’homme, mais juste une répartition allélique différente dans la population qui fait nos différences. Finalement quand on y pense c’est tout à fait normal, les mutations de gène se font au hasard et persistent dans la population si elles s’avèrent utiles, comme chaque « races » vie dans un environnement différent nous avons forcement des allèles différentes qui ont perdurais en fonction de l’environnement chez certain et pas d’autre. Mais ce que je viens de dire n’est autre que la sélection naturelle.  

    Citer

  9. Et puis les différences actuelles entre les zones correspondant aux différentes « races » ne sont pas forcément issues de nécessités génétiques ni même culturelles, il y a toute sorte de contingences.

    Par exemple, j’avoue avoir été frappé par l’argument de Jared Diamond sur l’absence d’animaux de traits ou de monte en Afrique. On n’imagine même pas ce qu’aurait été le développement de l’Europe sans les uns et les autres.

    « On pas de pétrole, mais on a des idées », dit-on, sous-entendant qu’eux n’en ont pas, d’idée. On peut tout aussi bien dire : « on a des chevaux, mais ils ont des zèbres »… Il paraît, notamment, que le zèbre n’est pas exactement ce qu’on pourrait résumer à un cheval rayé : c’est pas loin d’être impossible dréssable, inconfortable, fragile et ça mord…  

    Citer

Laisser un commentaire