Les garçons, les filles et les mathématiques
Des milliers de garçons et de filles de 15 ans ont fait l’objet d’une étude menée par l’université de Chicago. Ils ont été comparés dans leurs capacités mathématiques et littéraires afin de pouvoir, enfin, répondre à la fameuse question du retard des filles en mathématique et de celui des garçons en lettres…

On sait bien qu’en général, les garçons sont plus doués en mathématique que les filles. Les effectifs des filières scientifiques en témoignent (ils témoignent aussi des goûts, pas seulement des capacités). Cette inégalité est inverse pour ce qui est du domaine littéraire.
Une question qui revient souvent est celle de l’origine de cette inégalité. Est-ce le résultat de la nature ou de la culture ? La récente étude dont nous parlions plus haut voudrait apporter certains éléments de réponse.
En voici un résumé, pour ce qui est de ces inégalités pays par pays :

Il semble clair que l’inégalité est culturelle, puisqu’elle varie… suivant les cultures. En effet, il n’y a pas de raison de penser que les inégalités naturelles entre garçons et filles soient différentes selon le groupe ethnique. Quel qu’il soit, par exemple, le dimorphisme sexuel (je parle des traits physiques) est à peu près partout pareil.
Donc, cela semble réglé, c’est culturel !
Est-ce si sûr ? En fait, cela ne prouve pas grand-chose puisque la nature ne peut fixer qu’un maximum, mais pour l’atteindre, il faut que la culture le permette. Pour caricaturer en prenant un exemple absurde, si on suppose que l’apprentissage des règles du football est entièrement naturel, il faut encore vivre dans un pays où ce sport est pratiqué, sinon, la capacité naturelle d’apprentissage ne sera jamais développée. Le rôle de l’éducation est donc d’amener les enfants à leur maximum, mais les inégalités qui existent aujourd’hui dans cette éducation ne prouvent pas que le maximum naturel est le même pour tous.
En somme, ce tableau nous en apprend moins que l’on pourrait le croire. Il montre juste les différences de cultures, mais il ne dit rien, au fond, de la nature des inégalités entre garçons et filles en mathématiques et en lettres.
Reste qu’en Islande, là où de larges possibilités sont offertes à tous, quel que soit le sexe, les filles excellent en tous domaines. Sommes-nous donc, nous, les garçons, comme l’écrit Luigi Zingales, un des auteurs de cette enquête, le sexe faibles ?
Source : Baltimore Sun.
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11 juin 2008 à 11:33Puisque vous en avancez la possibilité , quelle cause naturel pourrait etre responsable des inégalités entre capacités littéraires et mathématique ? Oo
11 juin 2008 à 11:55Il n’y a pas de raisons pour que les cerveaux des femelles et des mâles soient en tout point équivalents. La différence peut donc, en tant que résultat de l’évolution, être biologique.
D’ailleurs, si on part de l’idée que, globalement, et quel que soit le pays, les filles sont discriminées, on ne comprend pas, sans ce qui vient d’être dit, que le recul de la discrimination réduise plus le retard en mathématique qu’il n’augmente l’avantage en lecture.
Cela tend à étayer l’hypothèse selon laquelle le niveau est celui donné par l’éducation, mais qu’il ne peut excéder le niveau maximum fixé par la nature.
C’est d’ailleurs exactement cela que disait, récemment, Axel Kahn, pour conclure, par une pirouette politiquement correcte, que seul comptait l’acquis puisque sans lui l’inné ne donnait rien…
11 juin 2008 Ã 16:14hum…
Une neurobiologiste, Catherine Vidal et une journaliste scientifique Dorothée Benoit-Broawaey ont développé le sujet et ne vont pas vraiment dans ce sens dans “Cerveau Sexe et Pouvoir” leurs ouvrages publiées au éditions Belin.
Elles avancent avec beaucoup de détails l’absence réel de différences entre sexe mais aussi entre race et privilégient l’aspect comportemental de l’apprentissage.
11 juin 2008 Ã 16:25Et en France, on ne lira jamais autre chose.
Sur l’absence de différences innées entre garçons et filles, il y a l’affaire Reimer.
11 juin 2008 à 17:06D’accord , mais il y a des filles qui sont élevées comme des filles et pourtant elles veulent parfois devenir des garçon , quels rapports faire avec l’affaire Reimer ?
Si on veut vraiment parler des differences entre filles et garcons, arretons les exemples ponctuels sinon nous allons tournés en rond…
11 juin 2008 à 17:38Le rapport avec l’affaire Reimer ? Il me semble évident, pourtant : la différence sexuelle n’est pas seulement culturelle (on a éduqué David Reimer comme une fille), ni psychologique (il croyait être une fille), ni même hormonale (on lui en faisait prendre), voire physique (il avait le corps d’une fille), mais, aussi, neurologique.
Je faisais surtout allusion à ce bien parce qu’il citait en lien, un article du Science Daily qui répondait à l’argument de l’absence de différences entre les cerveaux suivant le sexe qu’a rappelé par A.g. et qui est dominant en France et, plus généralement, dans le monde francophone.
L’article en question est relativement clair (je traduis) :
Voilà qui peut expliquer la supériorité des filles, dans le domaine du langage (et dans les bornes fixées par l’enquête — âge, etc.).
11 juin 2008 Ã 19:15D’accord d’accord,
Mon scepticisme était motivé par le fait que je n’avais pas lu l’article dans son intégralité.
Dans l’absolu je ne suis pas figé intellectuellement sur telle ou telle théorie.
Merci
12 juin 2008 à 12:21les “différences” entre filles et garçon sont surtout d’ordre politique. Encore une fois, la pensée magique ne sert qu’à des intérêts idéologique. Nier la différence homme/femme sert l’idéologie feministo-politiquement-correct, la sur-représenter servant le pendant religio-retrograde de cette même idéologie.
12 juin 2008 à 13:39Il peut tout de même y avoir, dans un sens ou dans l’autre, des données objectives, non ?
12 juin 2008 à 13:42Je ne parle pas des données scientifiques, mais de leurs “utilisations” à des fins politiques et/ou idéologiques.
29 juillet 2008 à 9:43[...] en science exacte comme la physique. On me dira que les penchants de l’adolescent sont fortement corrélé au sexe, certes, mais la discrimination n’a rien à faire dans cette histoire (eh oui, les garçons [...]