Le propre de l’homme ?

“L’Homme est une Machine si composée, qu’il est impossible de s’en faire d’abord une idée claire, et conséquemment de la définir.”
La Mettrie, L’Homme-Machine.

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On dit souvent que Descartes était insensible face à la souffrance des animaux, car il ne voyait en eux que des machines. Ce n’est pas faux ni de lui, ni surtout de Malebranche et encore moins de Pascal et de tout Port-Royal. Pourtant, quand son chien, Monsieur Grat, est mort on dit que Descartes l’a pleuré. Il voyait dans les mouvements de sa queue le premier grade du sens et de l’affect que les hommes partagent avec les bêtes. Ce n’était peut-être qu’une machine, mais il aimait cette machine. Plus tard, quand sa fille est morte, on dit qu’il fit un automate à son image et qu’il l’a aimé comme si sa fille revenue des morts. Ce n’était certainement qu’une machine, mais il aimait cette machine. Sommes-nous autre chose ?


Les mouvements de la machine sont les passions de l’âme, nous n’avons pas de raison d’en douter. L’affection du chien pour son maître ou celle de l’homme pour la machine sont équivalentes à celle que les hommes ont les uns pour les autres. Ils ne sont tous que des machines, mais à différents degrés, c’est tout ; et il n’y a pas moins d’âme (mais pas plus) dans la musique dirigée par ASIMO que dans celle dirigée par un humain.

Source : Engadget.

8 commentaires à “Le propre de l’homme ?”


  1. 1 emmalast

    je suis ébahi par le “naturel” du mouvement de ces bras… c’est très troublant… un homme est dans cette machine…

  2. 2 Schizodoxe

    Un fantôme dans la machine, c’est bien assez :)

  3. 3 Interzone

    “Sommes nous autre chose ?”
    Et la conscience, cher ami, et la conscience, qu’en faites vous ?

  4. 4 Schizodoxe

    Je ne crois pas que l’on puisse en faire grand-chose.

    La conscience (ou son illusion, mais c’est strictement équivalent), j’en fais l’expérience chez moi, mais je ne fais que la supposer chez les autres. Je n’ai aucune preuve que telle personne face à moi a une conscience ; je me contente de faire comme si.

    Faisons un parallèle. Je suis la route dans une voiture, il y a un terrible accident sur le bas côté : des pompiers, des voitures en flammes, un enfant qui pleure le visage en sang, des corps, etc. Des policiers me font signe de continuer, je ne peux rien en voir ni en savoir plus ; fin de l’histoire. Bien, maintenant, que cet accident soit réel ou qu’il ne soit qu’une mise en scène, cela ne change rien à l’expérience que j’en ai (les corps peuvent n’être que des mannequins (ou des automates avec de grands chapeaux, pour faire cartésien), je n’en aurai pas moins ressenti pour eux de la compassion). Deux causes différentes provoquent la même conséquence.

    Ainsi, que les êtres humains aient une conscience comme celle que j’ai ou que je crois avoir, ou qu’ils n’en aient pas, cela peut être strictement équivalent pour moi, du moment que, par analogie avec l’expérience que j’ai, je leur en suppose une. Il en va de même des animaux ou des machines. Je ne prête pas facilement une conscience à un chien ou à un robot, parce que je ne suis ni l’un ni l’autre et que le lien analogique est moins immédiat (il est néanmoins plus pour le chien qui est organique et qui remue la queue comme moi (…) que pour le robot).

    Que fais-je de la conscience, donc ? De la mienne, je ne peux rien faire sur le terrain en question, de celles des autres, je ne peux avoir aucune de certitude qui me permette de fonder quelque chose. La conscience, je n’en fais donc rien, parce que, concrètement, on ne peut rien en faire.

  5. 5 Interzone

    Mes chats ont des caractères bien différents, néanmoins je ne leur accorde pas non plus une conscience, si vous l’entendez en terme de récit que le cerveau se fait à lui même pour ordonner les multiples informations qu’il perçoit en temps réel.
    Cela dit, et tout en approuvant votre assertion selon laquelle nous ne pouvons que faire “comme si”, j’entendais le terme conscience comme le phénomène du retournement de l’objet sur lui même. La question de la “conscience” d’une intelligence artificielle ne se posera-t-elle pas le jour où celle-ci se demandera ce qu’elle est et représente au sein de son environnement ? (Et là, me revient en mémoire une nouvelle de Walter M. Miller, où, si je me souviens bien, les ordinateurs sont conçus avec entre autres pièces des foetus humains. Il faudra que j’en retrouve le titre…)

  6. 6 Supplement Naturel

    l’Homme est une machine dont un autre Homme quelque soit son niveau dans le monde scientifique n’est à mesure de lier ou de délier. je vous compte une petite histoire, mon prof de biologie moléculaire au niveau 5, nous avait dit que, dans l’optique de préparer sa thèse au USA, il a fouiller, remuer dans les gènes des humain avec son directeur de mémoire(un éminent scientifique),à un niveau ils ont compris que tout sur cette terre étaient gérés par une seule personne “Dieu”

  7. 7 Supplement Naturel

    l’Homme s’est sa personnalité et son propre.l’homme est loin d’être se qu’il est est extérieurement.

  8. 8 Schizodoxe

    Je ne comprends pas bien où vous voulez en venir… J’ai un peu l’impression que vous dites, dans votre dernier commentaire, que le propre de l’homme… c’est le propre de l’homme ! Ce qui, vous en conviendrez, ne fait guère avancer le débat…

    Pour le premier commentaire, cela ressemble fortement à l’Intelligent design (dans une formulation protestante, d’ailleurs, puisque Dieu est une personne et non trois).

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