La meilleure façon de marcher, c’est encore… celle du pied
La meilleure façon de marcher
C’est encore la nôtre
C’est de mettre un pied d’vant l’autre
et de recommencer

Le pied est vieux, la chaussure est jeune. L’un est issu de milliers d’années d’évolution et de sélection naturelle (d’où la disparition des Hobbits dont les pieds s’enflammaient quand ils vidaient leurs pipes), l’autre du dessein (plus ou moins) intelligent des ingénieurs chaussurologues. Comme l’un et l’autre ne se fréquentent que depuis peu de temps autant dire que le premier, le pied n’a guère eu le temps de s’adapter à la seconde, la chaussure. Car la chaussure se donne pour but de palier aux insuffisances supposées du pied, mais, ce faisant, elle en crée là où il n’y en avait pas. Le pied est fait pour marcher, courir, sauter ; la chaussure pour des usages sociaux comme protéger le pied des autres chaussures, par exemple…
D’ailleurs, les exemples de situations où la chaussure est le problème et non la solution sont nombreux. Tel tennisman qui ne cessait de se blesser jusqu’à ce qu’on lui conseille de jouer pieds nus, ou encore les cas rapportés dans l’article du Medicine and Science in Sports and Exercise de Robbins et Gouw, “Athletic Footwear : Unsafe Due to Perceptual Illusions”. Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’en palliant aux carences imaginaires du pied, on empêche celui-ci de remplir son rôle sensitif qui permet au corps de s’adapter le mieux possible à la situation et donc d’éviter des blessures. Le pied est une zone où les terminaisons nerveuses sont très denses — 200 000. Les chaussures les plus “modernes” (les plus confortables) sont donc souvent les plus dangereuses. Voici ce que disent Robbins et Gouw :
Les porteurs de chausures de sport coûteuses, lesquelles sont vendues pour avoir des protections spécifiques (par exemple des coussinets pour la “correction de pronation”), sont blessés significativement plus souvent que les coureurs portant des chaussures peu onéreuses (coûtant moins de 40 $).
Une autre étude précise que pour les porteurs des premières, il y a 31,9 blessures pour 1 000 km., mais seulement 14,3 pour ceux qui se contentent de chaussure à semelle simple.

Mais allons plus loin : sans chaussure du tout, c’est encore mieux et c’est tout à fait logique au regard de ce qui a été dit plus haut. Les grands coureurs aux pieds nus ne sont pas des anomalies ou des cas exceptionnels. Ce sont tous les autres qui le sont. Alors, bien sûr, la nature des sols modernes, le danger de marcher sur du goudron fondu un jour d’été, sur du verre cassé ou, tout simplement, le risque de se faire enfoncer un talon aiguille dans le gros orteil rendent l’exercice plutôt risqué et je ne dis rien du ridicule encouru. D’autre part, marcher pieds nus ou avec des chaussures se rapprochant de cet état, semble être, dans un premier temps, relativement fatigant, car les muscles des jambes travaillent beaucoup plus que dans la marche chaussée. C’est que, tout simplement l’effort est mieux réparti : ce n’est plus le pied qui fait tout le travail, mais le corps entier et, donc, à long terme, rien de mieux que cela.
Alors, vais-je abandonner mes charentaises pour ça ?
Source : New York Magazine.
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24 avril 2008 Ã 22:25http://www.monsieur-le-chien.fr/index.php?planche=327