Kulchur
Unabomber sur Arte

Arte nous offre un documentaire sur Unabomber, ce soir, à minuit. C’est tard, mais le sujet mérite, je le pense, que l’on veille un peu.
En 1978, Theodore J. Kaczynski, brillant mathématicien diplômé d’Harvard, prend congé d’un monde qui lui fait de plus en plus horreur, en raison, affirmera-t-il, de l’emprise croissante des technologies numériques. Il s’installe dans le Montana pour vivre en harmonie avec la nature. Mais il se met aussi à fabriquer des lettres ou des colis piégés qui visent des universitaires, des chercheurs, des artistes et des responsables du complexe militaro-industriel américain. Il nargue durant dix-sept ans les autorités qui l’ont baptisé “Unabomber”. Le 3 avril 1996, le FBI arrête Kaczynski, qui a tué trois personnes et en a blessé plusieurs autres. Il purge aujourd’hui une peine de prison à vie.
Le réalisateur a échangé avec Kaczynski une passionnante correspondance, qu’il utilise ici pour tracer son portrait, sur fond d’une génération hippie désenchantée par l’échec de ses utopies. En contrepoint, des éditeurs, des scientifiques, des artistes multimedia, des experts militaires et des informaticiens donnent leur version d’un monde de communication virtuelle et de haute technologie dorénavant approuvé par le plus grand nombre.
Source : ABC Math.
















14 avril 2008 à 20:56J’avais publié un article sur Unabomber
http://www.legraindesable.com/html/unabomber.htm
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14 avril 2008 à 22:58Bon j’ai regardé le documentaire sur Arte.
Première chose, il ne tourne pas trop autour du fait divers proprement dit. Ce n’est pas Faites Entrer l’accusé. C’est déjà ça.
En revanche deux trois choses me chiffonnent quant à sa forme, mais aussi à son contenu.
Tout d’abord, et ce pour ne pas être accusé de ne pas connaitre les faits, j’ai lu plusieurs livres sur le sujet, dont bien évidement son manifeste, et je me suis intéressé aux personnages et à l’histoire sur différents sites. Et ce depuis quelques années déjà.
Le contexte culturel et politique est plutôt bien rendu dans le reportage. Les interviews et les images d’archive nous renseignent bien sur le background de l’époque, ainsi que sur les idées et les modes de pensée des années 60-70. En revanche, mais cela vient peut-être de moi (mais ma femme l’a aussi remarqué) il plane comme une ombre de soupçon sur les différents intervenants. Dans le montage et la bande-son, on remarque une légère suspicion, en mise en scène de mensonge, comme si le réalisateur, conscient qu’une chose lui était caché, tente de nous le démontrer par le biais des images. Tout est dans le montage dirait Eisenstein.
De plus les lettres de Theodore Kaczynski, lut par la narrateur sur un ton amical, le fait qu’il lui écrive en allemand, que le réalisateur lui ait envoyé un dictionnaire anglais-allemand, tout cela tend à prouver la sympathie qu’il a à l’encontre de Unabomber. Il présente aussi les deux voisins qui ont aidé le F.B.I. à l’arrestation comme des traitres, voir comme des « collabos ».
Non pas que je veuille être juge et partie, mais tout au long du documentaire je me sentais de plus en plus mal à l’aise.
En Europe, nous avons encore cette nostalgie de la révolution, de la grande nuit, même si cela doit se passer dans le sang et les morts. Nous sommes les premiers à dénoncer les crimes fachistes des dictatures sud-américaines, mais les derniers à dénoncer le terrorisme de gauche italien des années 70. Et j’avais le sentiment, pendant ces 2 heures, que Unabomber avait raison de tuer des gens pour nous éviter le pire dans le futur. Dans son futur.
J’ai lu son manifeste. C’est un ouvrage clairement paranoïaque, qui justifie sa haine de la technologie par un espèce de mélange
entre une doctrine « naturelle » et un humanisme assez enfantin et naïf.
Theodore Kaczynski n’est pas Ben Sachs, le héros de Leviathan de Paul Auster. Ben Sachs au nom d’un idéal démocratique et libertaire décide de faire exploser les différentes répliques de la statue de la Liberté à travers les Etats-Unis, pour créer un sursaut chez ses concitoyens afin qu’ils réagissent contre l’amoralité du gouvernement et le pire des mondes possibles.
Theodore Kaczynski avait projeté de tuer des individus qu’il rendait responsable d’un sombre futur que lui même prévoyait.
Il est en quelque sorte l’incarnation extrême et meurtrière du Principe de Précaution.
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21 avril 2008 à 11:13Voilà une phrase qui oblige à la réflexion…
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21 avril 2008 à 13:03Je l’ai écrit pour vous celle-là !!
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