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Bête comme la paix !
On dit que dans les Halles, les harengères en se querellant se disent: Tu es bête comme la paix. Ce peuple a son raisonnement.
Ce propos que Barbier rapporte prend place à la suite du traité d’Aix-la-Chapelle qui mettait fin à la Guerre de Succession d’Espagne en revenant, peu ou prou, à la situation antérieure à la guerre, ce qui rendait évident le fait que l’on aurait pu s’épargner cette guerre…
La notion de bête dans « bête comme la paix » peut être lue de deux manières. C’est bien sûr la marque de l’évidence (c’est tout bête), mais cela peut aussi renvoyer à l’animal. « Bête comme la paix », cela voudrait-il dire que la paix est celle des bêtes et qu’il suffit d’écouter l’animal en nous pour la faire ?
C’est l’opinion de Frans de Waal que nous avons déjà croisé ici à propos des bonobos. Pour lui, l’homme est un primate particulièrement calculateur et pour lui, à l’image des grands singes, si la guerre n’est pas dans son intérêt, il ne la fait pas. Il en déduit donc que « la guerre est évitable ».
Certains vont même jusqu’à parler de la « légende urbaine de l’inexorabilité de l’agression » ! Ils expliquent, par exemple, que la testostérone n’est pas une cause naturelle de l’agressivité, mais tout simplement une conséquence d’un comportement agressif, ce qui est très différent.
De même, ils avancent les conditions externes — famines, maladies, intempéries, idéologies, religions, etc. — comme étant des causes de l’agressivité. En un mot, la guerre n’est pas en nous, mais dans le monde, la société, le climat, la politique, etc.
C’est là une opinion qu’il est valorisant de défendre, pourtant, peu y croient. Ainsi, l’auteur de l’article rapporte que lors de sondages fait auprès de ces étudiants, 90 % d’entre eux répondent non à la question : « l’homme ne stoppera-t-il jamais de faire la guerre une fois pour toutes ? »
Pour eux, sans doute, comme pour Robert McNamara (ne pas confondre avec Manara, hein !?) la guerre est innée, elle est « dans nos gènes ». D’ailleurs, que l’on regarde chez nos ancêtres, les premiers hominidés, grâce à l’archéologie, ou chez nos cousins les grands singes, partout on voit la guerre.
Dans Fog of War (le brouillard de la guerre) McNamara déclare :
Je ne suis pas si naïf ou candide pour croire que nous pouvons éradiquer la guerre […] Nous ne sommes pas près de changer la nature humaine.
Je crois que cela résume assez bien l’opinion dominante, aujourd’hui.
Encore une fois, la première opinion est plus confortable parce qu’optimiste, mais elle est aussi la plus dangereuse, car, elle peut pousser à une attitude volontariste pour éradiquer la guerre qui peut, elle-même, être un facteur de guerre : la meilleure raison de se battre n’est-elle pas d’avoir la paix ? A la guerre, on ne meurt pas pour que la guerre continue, mais bien pour qu’elle s’arrête…
Néanmoins, rien de tout cela ne prouve pour autant que cette opinion soit fausse ou qu’il faille la mépriser ; au contraire : la vérité doit toujours être recherchée et, ici, en plus, l’hypothèse de travail est séduisante. Reste qu’à tout prendre, et à titre personnel je crois aimer mieux un monde où la guerre existe que de vivre en bonobo, mais c’est une opinion personnelle.
Source : Discover.
















8 avril 2008 à 11:29A mon humble avis, il y a une légère erreur.La guerre est un phénomène social, la j’ai plutôt l’impression qu’on parle de la violence, ce qui n’est pas du tout la même chose.
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8 avril 2008 à 12:03Justement, je pense que séparer la guerre comme phénomène social de la violence comme phénomène naturel est déjà une prise de position. Car, si on peut limiter la violence naturelle par le social (redistribuer les richesses, donner plus de pouvoir aux femmes, etc. pour prendre les exemples de l’article), on peut, a fortiori, éradiquer la guerre, qui est sociale, par la même méthode et encore plus aisément. A l’inverse, si la guerre n’est que la forme organisée ou socialisée (ou humanisée) de la violence et que la violence est naturelle, innée, « dans nos gènes » pour reprendre les termes de McNamara, alors, rien n’est possible pour y mettre fin de façon définitive.
Enfin, c’est comme ça que j’ai tendance à percevoir le problème.
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8 avril 2008 à 14:36Oui, il faut tout de même avoir conscience que lorsqu’on parle de guerre d’hommes, ou de guerres de sociétés, d’États, ce n’est pas la même chose. Je conçoit bien que l’Homme, de son rassemblement, créer la société pour pouvoir y vivre, que la société s’autoalimente dans l’Homme (et encore… c’est à débattre très longuement). Mais la violence, ou guerre, peut importe comment c’est nommé, diffère selon que son origine est humaine, ou pour la sauvegarde d’une société. Le deuxième serait l’excuse du premier ? Je n’en ai aucune idée. Je ne sais même pas si ce que je dis a un tant soit peu de vérité, ou d’exactitude.
Mais la guerre, lorsqu’elle dépasse le simple intérêt de l’homme mortel, et qu’elle touche à d’autres valeurs – supra humaines en quelque sorte -, n’est, à mon sens, pas la même. Et ce quelque soit son explication.
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10 avril 2008 à 10:16Encore une fois, je ne suis pas du tout certain que les motifs idéologiques, politiques, religieux, etc. que l’on avance aux guerres ne soient pas que des sortes de prétextes, de leurres. Oh, bien sûr, des prétextes ou des leurres auxquels nous croyons nous-mêmes de bonne foi, mais des prétextes et des leurres quand même.
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10 avril 2008 à 15:35Je pense que Dieu a créé tout un tas de truc pour s’amuser aux dépends des hommes. Le protestantisme, les sorcières, l’Inquisition, la sodomie.
Si tant est que Dieu existe.
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1 décembre 2008 à 22:43L’idée que le dieu s’amuse me parait très courte
Il serait peut être plus fructueux de chercher ce qui passionne le dieu dans la vie des hommes ?
Est-ce la vie elle-même entant que création ?
Ou la manière avec la quelle les hommes mène cette vie ?
Imaginant une vie là ou chacun possède sa raison et le moi de l’autre.
Est-ce qu’il y aura des guerres ?
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