Qui veut torturer Roger Rabbit ?
Face à la violence croissante des “activistes” (j’aime bien ce mot) de la cause animale, peut-on — doit-on ? — prendre la défense de l’expérimentation animale ? C’est une question que Janet Stemwedel se pose dans un récent article de son blog à la suite d’un article du journal Biological Psychiatry.

Son argument est simple, si on dit se soucier de tous les animaux, alors, il n’est pas plus légitime de blesser un scientifique que, pour ce scientifique, de blesser un animal pour faire progresser la science et permettre de guérir des hommes (ou d’autres animaux). C’est même moins légitime, car le scientifique fait souffrir peu d’animaux pour l’intérêt de beaucoup alors qu’en le blessant, on en épargne peu (et surtout pas ledit scientifique) tout en en empêchant beaucoup de profiter des découvertes qui auraient pu être faites.
Ces “activistes” commettent, selon l’auteur, deux erreurs. La première est d’oublier que l’homme est un animal et que, de ce fait, lui nuire, c’est nuire à un animal. Bien sûr, c’est un animal dont les caractéristiques sont uniques parmi les animaux, mais que l’on en fasse un animal politique, un animal doué de raison ou d’autres choses encore (mais, à chaque fois, cela lui est-il propre ?), il n’en reste pas moins que c’est d’abord et avant tout un animal.
La seconde est de ne voir que la souffrance animale causée par d’autres que soi et de refuser de se concevoir, à sa hauteur, comme un bourreau ordinaire. Il y a, bien sûr, la nourriture, mais aussi le confort. On peut être végétalien et ne se vêtir que de fibres végétales, mais il faudrait être naïf d’une part pour croire que c’est une position tenable pour tous et d’autre part pour s’imaginer que les légumes que l’on mange et le coton que l’on porte ne sont pas, d’une façon ou d’une autre, responsable de souffrance animale. Ne serait-ce qu’en privant les animaux de ce que l’on consomme.
Enfin, je vois aussi une certaine incohérence dans l’ordre des priorités de ces activistes, car, les animaux dont ils prennent la défense sont souvent les plus proches de l’homme, soit parce qu’ils sont domestiques, soient parce qu’ils sont supposés avoir une forme d’intelligence. On s’insurge de la souffrance des singes, des chats, des lapins, des chiens, moins de celle des rats de laboratoire, encore moins de celle d’animaux plus primitifs. Et quand on quitte le domaine de la souffrance pour entrer dans celui de l’extermination, étrangement, tout semble changer. Le plus fanatique de ces “activistes” peut le lundi attaquer un laboratoire faisant des recherchent sur quelque maladie tropicale et le mardi reprocher que ce laboratoire n’emploie pas les résultats de ses recherches à exterminer telle lignée de bactérie dans un obscur pays africain.
Il n’en reste pas moins que la question de la souffrance (animale ou humaine) est l’une des questions les plus fondamentales qui se posent à l’homme.
Source : Adventures in Ethics and Science.
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12 avril 2008 à 21:29L’indifférence du public à ces attaques “terroristes”, malgré un programme de communication ad hoc, selon Janet Stemwedel, pose quand même question, à l’heure où chacun peut donner son avis sur tout et dire tout et son contraire.
Nature, culture, écolo-fondamentalisme, progrès scientifique, bon sens…
Reste, pour dire quelque chose que la méthode a la finesse de celle de J. Bové quand il fauche les OGM.
17 avril 2008 à 9:13Pour lequel le gouvernement a inventé un délit particulier dont la peine est sensiblement plus légère que celle encourue par la destruction du bien d’autrui (ce que le “fauchage volontaire” est pourtant).
Dans le même genre, je me demande s’il y a eu des poursuites pour ce pauvre type qui avait été poussé au suicide par certains anti-OGM particulièrement agressifs.
28 juillet 2008 à 1:38J’ai juste une question concernant ces activistes anti-vivisection anti-expérimentation animal anti-… est ce qu’ils prennent des médicaments (peut importe le type) ? Si oui, c’est une belle preuve d’hypocrisie.
25 septembre 2008 à 19:48Tant que l’homme ne respectera pas l’animal il ne se respectera pas lui-même.
26 septembre 2008 à 10:15Soit, l’homme est un animal et dans ce cas votre énoncé est tautologique ; soit, il ne l’est pas et dans ce cas, il n’y a 1. pas de raisons particulières de respecter l’animal et 2. ni de lien entre le respect dû à l’un et celui dû à l’autre.