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Une question de morale…

Alors que de nombreuses découvertes semblent aller dans le sens de la démonstration de l’existence d’une base biologique et neurologique à la morale, tendant à prouver, ainsi, que celle-ci n’est que la rationalité des sentiments, il est bon de s’intéresser à ce qui fait que, justement, pour une nature commune (ou supposée commune ; celle des sentiments, donc), il est possible d’avoir plusieurs morales, car nul ne niera que les critères moraux ne sont pas universels.

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David Sloan Wilson et Ingrid Storm de l’université de Binghamton, NY, ont, pour étudier l’ampleur de ce phénomène étudié deux groupes de jeunes gens. Ils ont été sélectionnés au sein d’un même groupe ethnique —WASP (Anglo-saxons blancs et protestants) — afin de réduire les différents biais et la seule différence qu’il y a entre ces deux groupes est dans leur approche de la religion puisque les uns sont des protestants épiscopaliens, plutôt progressistes, les autres des protestants pentecôtistes, plutôt conservateurs.

Le but étant, bien sûr, de voir dans quelle mesure la morale diffère au sein d’un même groupe ethnique et d’une même culture. En d’autres termes, de « prouver » que la morale est, partiellement au moins, acquise par l’éducation (laquelle peut-être une conséquence de l’inné, c’est un tout autre problème).

La méthode est simple. Les jeunes gens des deux groupes disposent d’un bipeur qui, toutes les deux heures, leur signale qu’ils doivent remplir un questionnaire qui porte sur le type d’activité à laquelle ils se livrent et sur leur état d’esprit à ce moment-là.

Les résultats semblent avoir surpris nos deux chercheurs. Tout d’abord, les adolescents de familles progressistes semblent plus stressés que les autres, notamment lorsqu’ils doivent faire une chose qu’ils n’ont pas décidée d’eux-mêmes, alors que les adolescents « conservateurs » sont plutôt indifférents à cela. D’ailleurs, ceux-là ne passent qu’un sixième de leur temps seuls et, le reste du temps, ils aiment se trouver en famille, tandis que les autres sont seul un quart du temps et indifférents aux personnes avec qui ils sont pour les trois autres quarts.

Plus amusant (et assez parlant, si on y réfléchit) plus les enfants des familles progressistes se disent religieux (n’oublions pas que la religion a été le principe de création des groupes étudiés), plus ils cherchent l’affrontement avec leurs parents sur le terrain religieux. Pour les autres, c’est exactement l’inverse (ce qui est, tout de même, plus logique).

Bien sûr, tout cela a de fortes implications morales et ceux qui sont le plus proche de leur famille et de leur milieu sont aussi les plus enclins à se sacrifier pour eux (c’est le principe de la sélection de groupe).

En somme, il apparaît à la lecture de ces faits que la vision morale peut varier considérablement par rapport au contexte familial, toutefois, cela ne prouve pas, pour autant, qu’elle soit purement innée, car la question de l’origine de l’alignement d’une famille sur des positions conservatrices ou progressistes n’est pas réglée.

Source : The Economist.



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