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S’il y a moins de filles, y aura-t-il plus de garçons intelligents ?
Récemment, on a pu lire dans l’excellent Futurepundit un court article de synthèse sur le problème et les avantages d’un déséquilibre du sexe ratio en faveur des garçons. En effet, d’une façon que l’auteur juge lui-même politiquement incorrecte, celui-ci voit deux grands avantages à ce nombre excessif de garçons par rapport à celui des filles.
Les examens par échographie sont l’instrument de choix de l’avortement sélectif des filles dans toute l’Asie comme j’ai eu l’occasion de le dire à propos de ce qui se passe en Inde. En effet, pour des raisons culturelles essentiellement, avoir un fils plutôt qu’une fille est une exigence de beaucoup de famille et, pour y parvenir, elles sont prêtes à recourir à cet avortement sélectif.
Certes, Randall Parker note que dans certains pays, pourtant très marqués par cette tendance, celle-ci s’infléchit et les naissances de filles se font à la fois plus nombreuses et moins mal accueillies. Ainsi, il prend l’exemple de la Corée du Sud, citant un article du New York Times du 23 décembre dernier et où l’on peut lire que la Corée du Sud, quoique, par sa tradition confucéenne, très encline à préférer les fils aux filles, voit le sexe ratio s’orienter rapidement vers un niveau « normal », pour peu que, concernant l’homme, les taux naturels soient normaux.

Il y a eu donc 116,5 garçons naissant pour 100 filles en 1990, mais seulement 107,4 en 2006 (année qui ne figure pas sur ce graphique). L’évolution est très nette.
Cependant, ce n’est pas le cas de tous les pays d’Asie, notamment de la Chine ou de l’Inde. Pour ce dernier pays, Randall Parker signale des chiffres assez stupéfiants. Selon The Hindu du 14 décembre dernier, au Penjab, il y avait 527 filles pour 1 000 en 2005 contre 754 en 2001&nbs;! Il s’agit du sexe ratio de la population totale établi à partir d’un recensement…
A de tels écarts entre le nombre de filles et de garçon, Randall Parker voit deux avantages :
- le faible nombre de filles entraîne, mécaniquement, une baisse de la natalité qui pourrait éviter à certains pays une catastrophe malthusienne où l’ajustement de la population aux ressources se ferait par la famine (ce qui serait rendu pire par l’aide apportée par les pays occidentaux qui prolongerait artificiellement la catastrophe dans le temps et à grands frais pour tout le monde) et la guerre civile (certains pensent que les massacres du Rwanda sont une manifestation d’une crise malthusienne dans la région des Grands Lacs).
- la hausse du QI des garçons à cause de la sélection sexuelle, c’est-à-dire de la concurrence entre les mâles pour pouvoir se reproduire. C’est ce dernier point sur lequel je me pose deux questions.
Voici comme Randall Parker présente cela :
…une plus grande compétition des mâles pour les femelles peut accroître le QI moyen, parce que les types les plus idiots perdront probablement la compétition à un rythme plus élevé contre les types les plus intelligents. C’est une vérité politiquement incorrecte (et de ce fait ignorée ou dénoncée) que les nuls se reproduisent plus vites que les malins (démontré par l’intelligente Corée du Sud au pathétique taux de fertilité). Toute pression sélective pour en faveur d’un plus haut QI est une évolution bienvenue.
Mais il y a des inconvénients potentiels à cet excédent de garçons. Du fort ratio garçons / filles on peut s’attendre à un accroissement de la violence et de la criminalité. Ainsi qu’à un grand nombre de jeunes hommes célibataires frustrés qui pourraient se soulever et se rebeller contre leurs gouvernements.
Tout d’abord, ce politiquement n’est-il pas excessivement optimiste ? Après tout, la sélection sexuelle n’a pas pour critère l’intelligence, mais l’adaptation. C’est le plus adapté au monde où il vit qui se reproduira le mieux, pas le plus intelligent. On me rétorquera qu’une intelligence qui ne sait pas s’adapter ne mérite pas vraiment son nom. Cela reste à voir (surtout si le QI n’est pas héréditaire à 100 % — ce que personne ne croit et qui serait, sans doute, absurde —. En tout cas, je ne pense pas qu’un auteur qui dénonce le politiquement correct défende une telle opinion. En effet, le concept de politiquement correct n’est rien d’autre que l’idée selon laquelle l’intelligence peut être parfaitement inadaptée dans une société donnée.
D’ailleurs, et ce sera ma seconde interrogation, ne dit-il pas lui-même que certains, s’appuyant sur l’énergie des moins adaptés (quelle que soit la nature de la raison de cette inadaptation), pour renverser les états existants et changer les règles du jeu à la fois en éliminant (y compris physiquement) une partie des concurrents et en modifiants le milieu par rapport auquel on est adapté ou non ?
En somme, je continue à penser que le notion de sexe ratio est fondamentale pour comprendre une partie des évolutions que notre monde connaît. Il n’y a pas beaucoup de lois vérifiables dans l’histoire humaine, mais la démographie en est une et, au cœur de la démographie, il y a la reproduction et donc le sexe ratio.
Sources : FuturePundit, The New York Times et The Hindu.
















25 janvier 2008 à 12:03« Tout d’abord, ce politiquement n’est-il pas excessivement optimiste ? Après tout, la sélection sexuelle n’a pas pour critère l’intelligence, mais l’adaptation. »
Tout à fait d’accord.L’intelligence n’est pas necessairement un avantage significatif.Plus significatif, à mon avis, est le statut social qui peut denoter eventuellement un grande intelligence(les plus malins étant les plus riches?) mais pas necessairement.Apres tout des parents riches ou une belle gueule peuvent aussi donner un statut social élevé et compenser la stupidité du sujet.
En ce qui concerne la deuxieme question, je suis vraiment pas convaincu.Oui, les « frustrés » peuvent être une source d’instabilité mais ça ne me parait pas difficile de divertir leurs energies vers des activités utiles au pouvoir en place.
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27 janvier 2008 à 10:25« (certains pensent que les massacres du Rwanda sont une manifestation d’une crise malthusienne dans la région des Grands Lacs »
Joli coup. La démographie a bon dos. Belle façon de dédouaner l’Occident de tous ses crimes dans la région et de passer à la trappe l’enjeu des ressources minières et naturelles.
On rappellera juste que le Rwanda est aujourd’hui le pays démocratique (une vrai démocratie, hein, pas une « république démocratique ») le plus paritaire du monde (si, c’est vrai) : 48 % de femmes au Parlement (assemblée sénat) et au gouvernement – avant le génocide, le premier ministre était une femme) et que les femmes y ont depuis longtemps position sociale et pouvoir.
Ce qui pourrait inverser la donne serait plutôt dans certains pays une révision du système de la dot, à la base économique du problème (et on ne parle même pas du travail des femmes, qui est déjà un autre débat). Plusieurs études françaises se sont intéressées au problème, c’est une lecture assez enrichissante, qui éclaire aussi l’évolution occidentale sociale et sociétale depuis le système féodal.
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27 janvier 2008 à 12:29Cette explication des massacres au Rwanda est celle défendue, entre autres, par Jared Diamond, celui dont Wired (et beaucoup d’autres) faisait l’anti-Watson à l’époque de l’affaire Watson, pour réfuter l’explication que semblait donner ce dernier du retard économique africain.
Pour le reste, je ne suis pas certain du tout que son but soit de dédouaner l’Occident. Après tout, ce n’est pas parce que la cause profonde d’un événement est démographique qu’il n’y a pas des éléments externes qui ont fait que ça tourne d’une façon plutôt que d’une autre.
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