JFK arrive au pouvoir
Ce même jour qu’aujourd’hui, en 1961, John Fitzgerald Kennedy devenait le 35ème président des Etats-Unis. Un peu moins de trois ans plus tard, le 22 novembre 1963, il était tué à Dallas.

La trajectoire qui va de son élection à sa mort est aussi trouble que celle qui va du cinquième étage du Texas School Book Depository à son crâne, mais dans un cas comme dans l’autre, il y a des éléments pour comprendre le climat de cette époque et ses conséquences.
En voici quelques-uns, pêle-mêle…

Dallas, 22 novembre 1963.
[…]
La foule s’entassait dans Commerce Street, du bord du ruisseau jusqu’aux devantures des boutiques. Des panneaux fabrication maison montaient à trois mètres de haut.Pete descendit jusqu’à la boîte. Il fut obligé de se frayer un chemin centimètre par centimètre au milieu des specta-Icurs retranchés à leur poste.
Les fans de Jack refusaient de céder un pouce de terrain.
Les flics passaient leur temps à rameuter des individus en pleine rue pour les renvoyer à leur morceau de trottoir.
De petits mômes chevauchaient les épaules de leur père, Un million de minuscules drapeaux à bout de petits bâton» voletaient au vent.
Il arriva à la boîte. Barb lui avait gardé une table près du stand de l’orchestre. Une foule pas très reluisante regardait le spectacle — peut-être une douzaine d’amateurs de déjeuners-picole au total.
Le groupe d’accompagnement massacrait un morceau A tempo rapide. Barb lui souffla un baiser. Pete s’assit et lui sourit son sourire « Chante-m’en une petite douce ».
Un grondement déchira l’air — IL ARRIVE IL ARRIVE IL ARRIVE !
Le groupe de musiciens déchira un crescendo qui n’était pas dans le ton. Joey et ses gars avaient l’air à moitié défoncé.
Barb enchaîna directement sur Unchained Melody. Tous les clients, barmaids et gugusses des cuisines se précipitèrent vers la porte.
Le grondement prit de l’ampleur. Un bruit de moteurs s’en détacha lentement — limousines et Harley-Davidson équipées parade.
Ils avaient laissé la porte ouverte. Il avait Barb pour lui seul et était incapable d’entendre la moindre des paroles de sa chanson.
Il la regarda. Il se fit ses propres paroles. Elle le tint suspendu, de ses yeux, de sa bouche.
Le rugissement diminua d’intensité. Pete se prépara, tous muscles tendus, pour cet énorme putain de hurlement.
James Ellroy, American Tabloid, pp. 779-780.
(JFK Reloaded peut être télécharger ici)
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