Extension du domaine de la lutte

Nous estimons que l’heure est venue de passer de la maternité accidentelle et due souvent au seul hasard , à une maternité consciente et pleinement responsable.

Lucien Neuwirth

Extension du domaine de la lutte

Des mois durant, il a encaissé des quolibets aussi peu amènes que «fossoyeur de la France» ou «assassin d’enfants». Mais en ce 28 décembre 1967, le député UDR Lucien Neuwirth, dit «Lulu la pilule» , a enfin remporté son combat contre une France très conservatrice. C’est en effet ce jour-là, à Colombey-les-Deux-Eglises, où il passe les fêtes en famille, que Charles de Gaulle promulgue la version définitive de la loi dite Neuwirth, qui légalise la pilule.

C’est ainsi Catherine Malaval ouvre, dans Libération, son article sur la loi Neuwirth, justifiant, au passage, que l’on trahisse son électorat, mais ce n’est qu’un détail. Michel Houellebecq, dans Les particules élémentaires, a une lecture très différente. Lui n’oppose pas le “conservateur” qui fait le sale boulot du “progressiste” à ce dernier, mais l’”anti-capitaliste” qui fait celui du “capitaliste” (entendons ces termes au sens le plus large) :

Le 14 décembre 1967, l’Assemblée nationale adopta en première lecture la loi Neuwirth sur la légalisation de la contraception ; quoique non encore remboursée par la Sécurité sociale, la pilule était désormais en vente libre dans les pharmacies. C’est à partir de ce moment que de larges couches de la population eurent accès à la libération sexuelle, auparavant réservée aux cadres supérieurs, professions libérales et artistes - ainsi qu’à certains patrons de PME. Il est piquant de constater que cette libération sexuelle a parfois été présentée sous la forme d’un rêve communautaire, alors qu’il s’agissait en réalité d’un nouveau palier dans la montée historique de l’individualisme. Comme l’indique le beau mot de “ménage”, le couple et la famille représentent le dernier îlot de communisme primitif au sein de la société libérale. La libération sexuelle eut pour effet la destruction de ces communautés intermédiaires, les dernières à séparer l’individu du marché. Ce processus de destruction se poursuit de nos jours.

Pour Houellebecq, c’était une tendance lourde de l’Occident ; voilà ce qu’il écrit à propos du début du siècle aux Etats-Unis, dans sa biographie de Lovecraft :

Le capitalisme libéral a étendu son emprise sur les consciences ; marchant de pair avec lui sont advenus le mercantilisme, la publicité, le culte absurde et ricanant de l’efficacité économique, l’appétit exclusif et immodéré pour les richesses matérielles. Pire encore, le libéralisme s’est étendu du domaine économique au domaine sexuel. Toutes les fictions sentimentales ont volé en éclats. La pureté, la chasteté, la fidélité, la décence sont devenues des stigmates ridicules. La valeur d’un être humain se mesure aujourd’hui par son efficacité économique et son potentiel érotique : soit, très exactement, les deux choses que Lovecraft détestait le plus fort.

Mais jamais cela n’a été aussi fort qu’aujourd’hui (alors que les idées opposées semblent triompher), ainsi, il l’écrit dans Extension du domaine de la lutte :

Tout comme le libéralisme économique sans frein, et pour des raisons analogues, le libéralisme sexuel produit des phénomènes de paupérisation absolue. Certains font l’amour tous les jours ; d’autres cinq ou six fois dans leur vie, ou jamais. Certains font l’amour avec des dizaines de femmes ; d’autres avec aucune. C’est ce qu’on appelle “la loi du marché”. Dans un système économique où le licenciement est prohibé, chacun réussit plus ou moins à trouver sa place. Dans un système sexuel où l’adultère est prohibé, chacun réussit plus ou moins à trouver son compagnon de lit. En système économique parfaitement libéral, certains accumulent des fortunes considérables ; d’autres croupissent dans le chômage et la misère. En système sexuel parfaitement libéral, certains ont une vie érotique variée et excitante ; d’autres sont réduits à la masturbation et à la solitude. Le libéralisme économique, c’est l’extension du domaine de la lutte, son extension à tous les âges de la vie et à toutes les classes de la société. De même, le libéralisme sexuel, c’est l’extension du domaine de la lutte, son extension à tous les âges de la vie et à toutes les classes de la société.

Dans une certaine mesure, l’article de Libération se fait l’écho de cette “dérive” :

«La loi Neuwirth a libéralisé la contraception, mais ce n’était pas une loi qui mettait en place une vraie politique de santé publique, de sensibilisation. Cela ne suffit pas d’autoriser, aujourd’hui encore, il n’y a pas de politique de la contraception» , invoque Françoise Laurent, présidente du Planning familial.

Pour Françoise Laurent, il s’agit donc de rapatrier les décisions concernant la contraception dans le giron de l’Etat (sous les espèces du Planning familial) et de la soumettre à “une vraie politique de santé publique”. Il y a un mouvement dialectique entre l’”étatisation” et la “privatisation” (ces concepts devant être entendus, eux aussi, au sens le plus large) de la contraception, mais le problème initial demeure dans le passage de la reproduction (et, plus largement, de la sexualité) du domaine personnel à celui du politique et du social. Cela n’est remis en cause ni par les uns, ni par les autres. La trop fameuse “marchandisation du monde” tant dénoncée n’est rien d’autre que l’efficacité appliqué à la socialisation. Tout problème social est, par définition, un problème marchand. L’erreur est de faire passer dans le social des choses qui ne devraient pas y être.

Mais que ce soit l’Etat ou les individus qui choisissent, en fin de compte, le choix se fera sur les critères du marché et avec les mêmes conséquences, celles si bien décrites par Houellebecq dans Les Particules élémentaires :

Aujourd’hui, tout cela n’existe plus : je suis salarié, je suis locataire, je n’ai rien à transmettre à mon fils. Je n’ai aucun métier à lui apprendre, je ne sais même pas ce qu’il pourra faire plus tard ; les règles que j’ai connues ne seront de toute façon plus valables pour lui, il vivra dans un autre univers. Accepter l’idéologie du changement continuel c’est accepter que la vie d’un homme soit strictement réduite à son existence individuelle, et que les générations passées et futures n’aient plus aucune importance à ses yeux. C’est ainsi que nous vivons, et avoir un enfant, aujourd’hui, n’a plus aucun sens pour un homme. Le cas des femmes est différent, car elles continuent à éprouver le besoin d’avoir un être à aimer - ce qui n’est pas, ce qui n’a jamais été le cas des hommes. Il est faux de prétendre que les hommes ont eux aussi besoin de pouponner, de jouer avec leurs enfants, de leur faire des câlins. On a beau le répéter depuis des années, ça reste faux. Une fois qu’on a divorcé, que le cadre familial a été brisé, les relations avec ses enfants perdent tout sens. L’enfant c’est le piège qui s’est refermé, c’est l’ennemi qu’on va devoir continuer à entretenir, et qui va vous survivre.

Source : Libération.

11 commentaires à “Extension du domaine de la lutte”


  1. 1 Enoch

    En système économique parfaitement libéral, certains accumulent des fortunes considérables ; d’autres croupissent dans le chômage et la misère. En système sexuel parfaitement libéral, certains ont une vie érotique variée et excitante ; d’autres sont réduits à la masturbation et à la solitude.

    c’est une comparaison qui peut etre facilement renversé sur elle meme.

    Dans un systeme sexuel parfaitement liberal, supposement, chacun a acces libre au sexe, puisque les idées de vertus, chasteté et autres “valeurs ringardes” n’ont plus court, et seul l’efficacité est mesurable.
    De fait, la prostitution est un remede extreme a la misere sexuel, mais supposement, meme quelqu’un de “tres inefficace” trouvera chaussure a son pied du fait justement de la possibilité de rechercher un/une partenaire librement.

    Maintenant, prenons l’exemple inverse, celui d’une société sexuellement non-liberal, tel qu’on en trouve dans les pays Musulmans, la misere sexuel y est, il me semble, bien plus grande que dans une société sexuellement liberale. D’ailleurs on observe que l’elite de ces pays visite l’occident entre autre pour beneficier de cette liberté sexuelle.

    De plus, dans un systeme sexuellement liberal, on remarque que la competition beneficie aussi bien souvent au perdant.

    Evidemment, je ne cautionne aucunement un modele ou un autre, mais force est de reconnaitre que l’exemple fourni par Houellebecq, tant sur la question economique que sexuelle n’est pas tres convaincant.
    Le communisme a généré plus de misère economique, que le liberalisme economique, il y a de forte raison de penser que dans un systeme sexuellement non-liberal, la misere sexuelle se resume a la question de combien d’homme pour combien de femme. L’Inde (sexuellement pas-liberale, malgré Bollywood :) ) va donner un exemple violent de la ou cela conduit dans les prochaines années.

  2. 2 Schizodoxe

    Maintenant, prenons l’exemple inverse, celui d’une société sexuellement non-liberal, tel qu’on en trouve dans les pays Musulmans, la misere sexuel y est, il me semble, bien plus grande que dans une société sexuellement liberale. D’ailleurs on observe que l’elite de ces pays visite l’occident entre autre pour beneficier de cette liberté sexuelle.

    Les pays musulmans qui autorisent la polygamie sont sur ce point, par définition, plus libéraux que ceux qui l’interdisent, puisqu’ils permettent aux mâles dominants d’avoir plus d’une femelle (c’est-à-dire aux plus riches de contracter avec plusieurs femmes), ce qui plonge les autres dans la misère sexuelle. En occident, la monogamie est un frein à la libéralisation totale de ce marché. Cela n’a rien à voir avec le fait que la prostitution soit autorisée ou que l’on passe des films X à la télé.

    Cet exemple va donc tout à fait dans le sens de la thèse houellebecquienne.

  3. 3 Schizodoxe

    En passant, je renvoie à ce billet sur l’analyse évolutionniste de la polygamie :

    Les humains sont naturellement polygames disent-ils. Le cas du judéo-christianisme occidental n’est qu’une exception. Partout ailleurs, la polygamie domine. Elle a d’ailleurs des avantages évolutifs puisqu’elle permet aux “meilleurs” mâles de se reproduire plus que les autres. Il en découle que la plupart des femmes profitent de la polygamie tandis que la plupart des hommes ont intérêt à la monogamie. En effet, elle empêche les “meilleurs” mâles de garder pour eux (théoriquement) plus d’une femme ce qui permet aux “moins bons” d’en avoir une eux aussi. En parallèle, la monogamie crée une concurrence beaucoup plus forte entre les femmes et oblige les “perdantes” à se contenter du “moindre mâle”, si j’ose dire. (NB : cette asymétrie mâle / femelle s’explique, bien sûr, par le fait que la femme ne peut être la mère que d’un nombre d’enfants immensément inférieur à celui dont un mâle peut être le père - remember Moulay Ismaël l’Assoiffé de sang.)

  4. 4 Enoch

    Les pays musulmans qui autorisent la polygamie sont sur ce point, par définition, plus libéraux que ceux qui l’interdisent, puisqu’ils permettent aux mâles dominants d’avoir plus d’une femelle (c’est-à-dire aux plus riches de contracter avec plusieurs femmes), ce qui plonge les autres dans la misère sexuelle.
    La polygamie n’existent que dans les pays du golfe.je prenais l’exemple des pays musulmans parce que la promiscuité n’y est pas bien vu.
    Et Je doute qu’on puisse qualifier un systeme ou seul les hommes (et seulement les “meilleurs”) peuvent avoir plusieurs concubines mais pas les femmes, de réelement liberal. ça ressemble beaucoup plus, justement, a un systeme communiste ou seule l’elite accede a divers privilege (les femmes ici, l’appartement et la voiture en URSS).
    La polygamie n’est pas permise en Occident, hors rien ne vous empechent de vivre avec plusieurs femmes, que vous ayez ou non les moyens de les entretenir.

    Quant a la prostitution, bien evidemment que si, celle ci permet de remedier a la misère sexuel, c’est une evidence.

    Par ailleurs, si la fonction première du sexe est de se reproduire, nous ne sommes pas naifs et savons quel sont les consequences de l’absence d’activité sexuelle chez les hommes entre 15 et 30 ans (guerre civile, terrorisme, explosion des idéologies…) telle qu’on y assiste par exemple en Arabie Saoudite, ou au Pakistan.

  5. 5 Schizodoxe

    Ce que vous ne semblez pas comprendre c’est que le problème est dans l’application d’une logique économique étriquée (qu’elle soit libérale ou non) à un domaine qui ne devrait pas lui être soumis. En cela, vous illustrez parfaitement le point que je soulevais dès le début, d’où le malentendu.

  6. 6 Enoch

    Au contraire, Je comprends tres bien ce dont il est question, je faisais la remarque vis a vis de ce que dit Houellebecq.
    L’argument qu’il utilise n’est pas tres convaincant, et n’appuie pas réelement sa thèse, avec laquelle je suis d’accord, voila tout.

    Sinon, vous semblez affirmer qu’il y a une quelquonque logique (ou une politique) economique a la liberalisation sexuelle en Occident. Je suis assez sceptique vis a vis de cet argument, l’analyse economique permet beaucoup de chose (on peut comparer la pillule a une carte de credit, certes) mais comme en economie, les acteurs sont presque toujours inconscient des consequences de leurs actes a grandes echelles, et je suppose que personne n’avait réelement prevu les consequences de la liberalisation dans le domaine de la sexualité.

    Pour finir, une derniere remarque, sans vouloir etre desobligeant, je regrette que vous n’affirmiez pas plus la dichotomie entre vision verticale et horizontale de la sexualité, c’est a dire entre la fonction reproductive (et ses consequences genetiques, evolutives, questions qui sont souvent abordés en ces lieues) et la fonction du plaisir procuré par l’acte.
    Hors, il me semble que c’est un des sujets dont parle Houellebecq dans les particules, ou Michel represente la vision purement verticale (et n’entretien aucun interet a son sujet) et Bruno la vision purement horizontale.
    En l’occurence, ma premiere remarque traité exclusivement de la vision horizontale, et pas des consequences verticales de celle ci.

  7. 7 Dalhia

    Et voilà je vais profiter de ce dernier commentaire pour rebondir sur l’ami Houellebecq et dire tout le bien que je pense de lui.

    A la sortie des Particules Élémentaires, je trouvais que le propos était judicieux, voir malin. Je me décidais donc à lire son essai sur Lovecraft et son premier roman “Extension du domaine de la lutte”. Jusque là il faisait encore illusion, même si sur Lovecraft je remarquais quelques défaillances. Et puis vint la suite. “Plateforme” et “la Possibilité d’une Ile” et là le château de carte s’est effondré sur lui-même.
    Houellebecq, à mon sens, est une erreur. Erreur littéraire, erreur de pensée, erreur markéting. Erreur littéraire, car il a beau vénérer le “non” style de Lovecraft, il ne fait que le répéter, sans imagination, sans âme. Erreur de pensée, car Houellebecq écrit ce qu’il pense, mais ne pense pas ce qu’il écrit. Il n’a de cesse de se donner des coups de coude à lui-même, il ricane de son racisme, il ricane de ses théories vaseuses. Je pense, mais cela n’engage que moi, que c’est un homme qui se croit plus intelligent qu’il n’est, qui échafaude des théories sur l’économie sexuelle pour justifier son gout des massages thaïlandais, que son dégout pour le corps suinte par sa haine envers la bourgeoisie décadente partouzarde, qu’il tente de faire coller la dialectique communisme/libéralisme à son organe pour afficher son sexisme.
    Houellebecq, soit, n’aime pas les gens sur lesquelles il écrit, mais par dessus tout, il veut leur ressembler. Projection classique, haïr pour revêtir.
    Erreur marketing. Houellebecq veut être un écrivain, mais n’en est pas un. Il passe chez Guillaume Durand, est étudié par les cours de littérature étrangères dans les facs américaines. Il joue à Pynchon en s’isolant en Irlande.
    Il n’est que simulations et simulacres.

    Et tout ça pour quoi.
    Une Extension Bancale. Et illisible 15 ans après.
    Les Particules ou Petit Précis de Haine envers les Gens Normaux.
    Plateforme. Juste pour l’épilogue misérable, j’en ris encore d’ailleurs.
    La Possibilité d’une Ile. 30 ans de retard sur la science-fiction des Angry Young Men anglais.
    Lovecraft. Il a réussi à passer à coté de la seule chose qui rend unique ce grand écrivain : son imagination. Lovecraft n’est pour lui qu’un exemple à suivre de détestation de soi et de jalousie envers la nature humaine. Houellebecq ne voit dans le Cthulhu de Lovecraft qu’une allégorie.
    Et il n’y a rien de pire en littérature que les allégories.

    Si une chose est pire que cela : le manque d’humour de ses livres.

  8. 8 pan

    C’est une double faute très répandue que de vouloir appliquer les valeurs du cercle privé et familial (confiance, solidarité, patience) au monde marchand et inversement.

    Je ne crois pas que ce soit un problème de libéralisation des mœurs car, quand bien même tout ce qui n’est pas interdit est permis, nous nous imposons à tous librement des limites plus sévères que la loi (et réciproquement, nous nous autorisons parfois ce que la loi interdit). Le problème demeure donc plutôt dans le déplacement continuel de certaines limites morales que les gens s’imposent à eux-mêmes. Dans le cas de la sexualité, il s’agit sans doute d’égoïsme (se servir de l’autre pour son plaisir) et de matérialisme (considérer prioritairement le corps comme principal instrument de jouissance) que de libéralisme (choisir librement d’être fidèle, de passer du temps pour l’autre, etc).

    A titre personnel, je savoure chaque jour le matérialisme triomphant du socialisme en marche, qui donne à chaque chose une valeur marchande, jusqu’à songer à créer des avantages sociaux pour les bénévoles. Le gros problème, à mon avis, est là : le matérialisme et l’égoïsme. Ajoutons à cela que les idéologues faisant la promotion de ces “valeurs” sont au pouvoir et disposent de moyens de contrôle et de contrainte sans précédent historique, et nous pouvons attendre avec sérénité un futur de franche rigolade.

  9. 9 stéphane

    Pour prolonger le débat, face à toutes ces interventions intéressantes pour un article non moins passionnant, la reconnaissance en cours du statut de beau-parent n’est-il pas une évolution vers la famille polygame, comme dans certains pays africains par exemple, qui fait que les enfants appartiennent à tout-le-monde et pas seulement aux parents génétiques.
    Bref, nous retrouvons les moeurs de l’âge de pierre…

  10. 10 Schizodoxe

    Pan dit assez bien ce que je n’ai pas su répondre à Enoch. Cependant, j’y reviendrai plus tard pour essayer de mieux m’exprimer.

    Pour ce qui est de la reconnaissance des beaux parents et la “communautarisation” des enfants décrite par Stéphane, je ne suis pas certain que cela soit en rapport avec la famille africaine ou avec l’âge de pierre. Dans ces deux cas, la tribu est une famille élargie, la filiation biologique est donc centrale. Dans le cadre actuel, c’est au contraire un accroissement d’importance de la filiation formelle. Enfin, faudrait voir cela avec les juristes qui traînent, parfois, ici…

    Je ne suis pas nécessairement en désaccord avec ce que Dalhia écrit de Houellebecq. J’y verrai plutôt là, d’ailleurs, une raison supplémentaire de m’y intéresser pour comprendre mon époque. Cela dit, j’ai la plus haute estime pour son Lovecraft et, si je ne l’ignore pas, je ne considère pas son imagination comme étant le principal intérêt de cet auteur. Le concernant, je suis plutôt un houellebecqo-joshiste et je pense que la littérature lovecraftienne vaut surtout en ce qu’elle est l’incarnation poétique d’une philosophie (le matérialisme mécaniste sur fond d’indifférence cosmique et de localisme universel (au sens faulknerien)). En cela, je pense que, dans une certaine mesure, Houellebecq est un écrivain lovercraftien et rien d’autres (bien plus que ceux qui répandent des tentacules dans leurs oeuvres). Je compte bien revenir très longuement et en plusieurs occasions sur ce que je pense de Lovecraft (et de Houellebecq).

  1. 1 La Possibilité d’une bande annonce. | Schizodoxe
    Pingback dans 8 juil 2008 à 13:42

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