Que l’homme modifie les animaux, cela n’a rien de nouveau. Il lui suffit, pour cela, d’un peu de réflexion et de beaucoup de temps. La sélection artificielle n’est rien d’autre qu’une sélection naturelle accélérée où l’homme prend la place de Dieu ou de la Nature, suivant comme on l’entend. Combien de générations entre le loup originel et l’infinie variété actuelle de chiens ? Pas tant que ça, en vérité, mais encore beaucoup trop. Aujourd’hui, au lieu de ne sélectionner les parents qu’à partir de leur phénotype et d’espérer que la descendance sera porteuse des traits attendus, il y a bien plus efficace…

Une équipe de quinze chercheurs, sous la direction de Richard Hanson de l’université de Cleveland, en Ohio, a modifié génétiquement une banale souris et a obtenu un étrange animal capable de courir, sans discontinuer, pendant cinq heures à la vitesse de 20 mètres à la minute, vivant plus longtemps, plus actif sexuellement et jusqu’à un âge plus avancé, en somme, elle a créé une sursouris. Pour peu qu’elle se reproduise avec les souris d’Hitoshi Sakano de l’université de Tokyo, son cerveau modifié lui permettrait, en plus, d’ignorer la peur des chats !
La colonie de ces sursouris est déjà grande de 500 individus. Leurs étonnantes capacités sont le fruit de la modification d’un seul gène qu’elles partagent d’ailleurs avec l’homme, mais, bien sûr, de telles modifications appliquées à ce dernier ne sont pas envisageables sans que l’on sache trop si c’est pour des raisons techniques ou morales. Des raisons techniques impliqueraient que l’homme n’est pas, d’un point de vue physique, un animal comme les autres, ce qui semble aller à l’encontre de la plupart des affirmations scientifiques, philosophiques, voire religieuses ; des raisons morales voudraient dire que cela ne se fera pas à court terme et dans les laboratoires occidentaux, mais en Chine dans quelques années…
Ce surcroît d’énergie lui coûte, cela va de soi, c’est pour cela que cet aimable animal mange plus et sans grossir. De plus, son organisme ne produit pas d’acide lactique, qui produit les crampes, ce qui lui permet une endurance bien plus grande. Il n’y aurait pas à faire un gros effort d’imagination pour voir qu’il vaudrait mieux éviter que ces animaux-là soient lâchés dans la nature…
Je ne pense pas, non plus, qu’il soit nécessaire d’avoir des dons particuliers pour comprendre à quel point il est tentant d’appliquer ces découvertes à l’humain, même si cela doit aboutir à la création d’une classe de surhommes qui ne seront, peut-être, pas plus concernés du bien être de leurs cousins les hommes ordinaires que nous ne le sommes des singes qui sont les nôtres…
Sources : The Independent (pour la souris d’Hitoshi Sakano voir sur le même site).


20 mètres à la minute ? Ca paraît très peu, non ?
Ce n’est pas un sprint, mais une course d’endurance, puisqu’elles courent cinq heures…
Enfin, je pense que c’est l’explication.