La mort du fils d’Enola Gay
« si Dante s’était trouvé avec nous dans l’avion, il aurait été terrifié (…) La ville que nous avions vu si clairement dans la lumière du jour était maintenant recouverte d’une horrible salissure. Tout avait disparu sous cette effrayante couverture de fumée et de feu »
Ce ne devait pas être, tous les jours, très facile de vivre avec un tel poids.
Paul Tibbets en est enfin libéré.
Le pilote de l’ Enola Gay, Paul Tibbets, vient de décéder à l’âge de 92 ans ce jour. L’Enola Gay était le bombardier américain qui lâcha la première bombe atomique, Little boy, sur la ville japonaise d’Hiroshima en août 1945, faisant plusieurs dizaines de milliers de morts dans ce qui fut la première des deux frappes atomiques qui hâtèrent la reddition du Japon lors de la Seconde guerre mondiale. Lieutenant-colonel de l’US Air Force, Paul Tibbets avait baptisé le bombardier en hommage à sa mère.
Et, maintenant, un peu de légèreté…
Source : Journal Chrétien. Pour une réflexion particulièrement stimulante sur l’usage de la bombe nucléaire au Japon : voir Japs and A-rabs, Not Fellow Christians de Joshua Snyder sur LewRockwell.com.
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7 novembre 2007 à 1:28Paul Tibbets était peut être le héraut de la fin du monde, une sorte de précurseur, de déclencheur de ce qui sommeille au fond de nous tous : la destruction de notre espèce.
Si l’on part de la théorie de l’effondrement des civilisations, ce qui expliquerait pourquoi nous sommes “seuls” dans l’univers, car toutes civilisation a en elle un gène de destruction qui l’empêche d’atteindre la maturité suffisante pour sortir de son propre système solaire, alors Paul Tibbets, Staline ou Pol Pot sont les phénotypes de l’Armageddon, les interprétations du génome de notre propre destruction.
J.G Ballard, quittant le camp dans lequel il était interné à Shanghai, se retourne et croit voir au loin un scintillement, un éclair dans le ciel. Il était bien sur trop loin pour voir l’explosion atomique de Hiroshima, mais dans son souvenir d’adolescent, il vit le monde basculé et ne plus pouvoir revenir en arrière. On en est toujours là , à regarder notre propre fin, et comprendre que tout nous pousse vers elle.
7 novembre 2007 à 21:40Remarquez, s’il faut se retourner pour voir sa propre fin, c’est plutôt rassurant, non ? :-p