Actualités | Economie | Suburbia | Zeitgeist

Songdo

Songdo

«Welcome to Songdo.» Une fois passé sous l’arceau vert qui enjambe l’autoroute, on quitte le monde réel pour la Corée virtuelle. La ville en construction à 60 kilomètres de Séoul est un laboratoire à 25 milliards de dollars. Entièrement financé par l’industrie privée. Ce n’est pour le moment qu’un vaste chantier de 600 hectares récupérés sur la mer, mais quand elle ouvrira en 2014 ce sera la première « U-City » au monde. La première « ville de l’ubiquité ». Une ville où l’on sera partout en étant n’importe où.

Par la suite, Le Figaro s’insurge contre ces technologies, mais pas contre la pratique, car, ma foi, cette pente vers l’ubiquité bienveillante de la société, en version low tech, bien sûr, c’est toute l’histoire politique de la France depuis au moins un quart de siècle.

En effet, Songdo a prévu dans les moindres détails un scénario qu’on ne croyait possible que dans la science-fiction. Une même clé permettra de prendre le métro, de payer son parking, d’ouvrir son appartement, d’aller au théâtre, au cinéma ou de louer un vélo. Les poubelles publiques utiliseront des étiquettes de radio-identification qui créditeront directement le compte en banque de la ménagère qui aura recyclé ses bouteilles vides ou ses canettes de bière. Les planchers des habitations pour les personnes âgées seront sensibles aux chutes et alerteront directement les services d’urgence dès qu’ils en détecteront une. Les téléphones mobiles auront en mémoire les paramètres de la santé de leurs propriétaires et appelleront automatiquement le médecin s’ils enregistrent une anomalie. Les ampoules adapteront seules leur intensité en fonction de la luminosité ambiante enregistrée à l’extérieur des immeubles.

La liste n’est pas close, mais il y a plus grave. U-City doit pouvoir se corriger et s’améliorer d’elle-même. C’est pourquoi elle sera dotée d’un « U-Life Management Center », sorte de cellule centrale intelligente capable de contrôler et de modifier tous les services proposés pour qu’ils soient absolument parfaits. Et donc de se passer de l’homme ! Les concepteurs de Songdo s’en défendent. «Notre objectif n’est pas de construire une simple ville câblée, mais une ville où la technologie inspire au contraire les gens et leur permet de faire peut-être des choses qu’ils n’imaginent même pas. » Mais d’autres, comme l’écrivain Victor Rozek, s’interrogent. Les habitants de Songdo risquent de s’apercevoir très vite «que le prix à payer pour mener une existence numérique est la perte de l’intimité». Voire de celle de l’identité. Et le paradis informatique prend soudain des couleurs de cauchemar.

Source : Le Figaro (et si vous voulez suivre l’avancement des travaux, la webcam du chantier).



Share/Bookmark

Schizodoxe est la porte. Schizodoxe est la clef et le gardien de la porte. Le passé, le présent, le futur, tous sont un en Schizodoxe…
Écrire à cet auteur | Tous les billets de Schizodoxe

2 commentaires pour “ Songdo ”

  1. Le ton est très melodramatique.Je ne vois pas très bien ce qui justifie une telle indignation.

    Pour ce qui est du projet en lui même.En general, les plans, aussi bien fait soient ils, ne resistent pas à la realité.Plus c’est complexe plus les deviations seront importantes.J’imagine déjà le cauchemar pour securiser les systèmes informatiques d’un ensemble aussi complexe.  

    Citer

  2. J’aime bien. C’est évidemment très SF dans la forme, mais finalement totalement réalisable et déjà très présent à bien des égards. Le seul nouvel apport est le U-life Management Center, que le journaliste rapproche du skynet de Terminator ou de la Matrice du film éponyme. Mais peut-on craindre ce U-Machin-Center sans craindre également tout ce qui est décrit précédemment et qui fait déjà partie de la vie quotidienne ?  

    Citer

Laisser un commentaire