26 octobre, 2007
Centralia est une petite ville fantôme de Pennsylvanie. On ne s’y arrête plus, de nouvelles routes ont été construites pour qu’on puisse la contourner sans même se rendre compte qu’avant, il y avait quelque chose à traverser… Oh, cela ne s’est pas fait d’un coup, il a fallu du temps. Les problèmes ont commencé en 1962, mais on pensait pouvoir les résoudre. Et puis, on début des années 80, des choses se sont produites. Les réserves d’essence d’une station service qui atteignent une température de presque 80°, le sol qui se dérobe sous les pieds d’un enfant et qui l’aurait avalé à tout jamais si son cousin ne l’avait pas rattrapé et puis on trouvait, parfois, des animaux morts sans raison apparente, comme s’ils étaient plus sensibles que les hommes aux étranges malaises que ces derniers ressentaient parfois…

En 1962, un feu s’est propagé dans une mine de charbon à partir de déchets que l’on souhaitait faire disparaître. Pendant 20 ans, on a essayé de l’éteindre. A partir des années 80, il a fallu se rendre à l’évidence et évacuer la zone contaminée par le monoxyde de carbone qui se dégagait, à travers le sol, de l’incendie souterrain. Des 2 500 habitants de l’âge d’or, il n’en reste, aujourd’hui que moins d’une vingtaine. Ceux qui n’ont pas vendu à l’état fédéral au milieu des années 80, quand des fonds ont été accordés aux rachats des habitations et des terrains, ont été expropriés par l’état de Pennsylvanie. Centralia a cessé d’exister. Même son code postal a été supprimé…
Le feu brûle depuis plus de 40 ans, on pense qu’il y en a pour encore un siècle. Dans certains cas, cela peut prendre des millénaires avant que le combustible soit épuisé. Il y a, aujourd’hui, dans le monde, un assez grand nombre de feux de mines comme celui-ci. C’est un danger réel pour les régions touchées, d’autant qu’ils peuvent se développer sans que l’on s’en rende compte et, une fois parvenu à un certain seuil, plus rien n’est possible sinon d’attendre l’épuisement du combustible.
Bien sûr vivre dans une région frappée par ce fléau est dramatique. Des vies humaines peuvent être perdues et le coût économique est considérable, mais ce n’est pas tout. En effet, Paul Feldman, blogueur invité sur Freakonomics, a rappelé il y a peu, le poids écologique de ces incendies. Rien qu’en Chine, le dioxyde de carbone qu’ils produisent annuellement serait supérieur à celui produit par les voitures et les camions légers aux E.-U.. Bien sûr, il est difficile d’avancer des chiffres à la fois parce que les calculs sont complexes et parce que les données de bases venant de Chine ne sont pas très fiables. Il n’en reste pas moins que l’on estime de 20 à 30 millions de tonnes la quantité de charbon détruite, en Chine, par ce phénomène. C’est plus que la production annuelle de l’Allemagne… Non seulement, c’est la cause de pollutions considérables en Chine (sources, terres arables, zones habitables, etc.), mais c’est, comme on l’a dit, un facteur non négligeable de la production de gaz à effet de serre.
Il va sans dire qu’il ne s’agit pas de dire qu’en éteignant ces feux on résoudra le problème du réchauffement climatique, mais, et c’est le propos de Paul Feldman, si l’on veut vraiment diminuer les émissions de gaz à effet de serre n’est-il pas logique de commencer par supprimer les sources inutiles et coûteuses ? Certes, les investissements pour lutter contre ces incendies sont considérables, mais aujourd’hui, ils dévorent en vain d’énormes quantités de charbon. Etrangement, cela semble moins intéresser l’opinion publique que les projets de limitations de vitesse ou les coups médiatiques consistant à éteindre la lumière pendant cinq minutes… A croire que l’expiation, fut-elle symbolique, voire un peu ridicule, est préférable à l’efficacité.
Source : Freakonomics.
26 octobre 2007 à 11:25 T.Citer
« A croire que l’expiation, fut-elle symbolique, voire un peu ridicule, est préférable à l’efficacité. »
A croire que le discours écologique ne serait qu’un prétexte pour quelque chose de nettement moins agréable à entendre. Non, pas possible….
26 octobre 2007 à 14:09 DalhiaCiter
L’écologie, ou du moins la lutte pour la préservation de la planète, est en train de devenir un outil de coercition politique à l’encontre des citoyens en même temps qu’un nouveau moyen markéting de nous tenir en laisse.
Les entreprises et les décideurs, dans leur grand mansuétude envers la biosphère, vous nous imposer leur façon de voir, de croire et de penser.
Que l’on ne s’étonne pas si, dans un mouvement de balancier pervers, la terrorisme écologique va remplacer, d’ici quelques années, le terrorisme radico-islamiste dans notre lutte contre la peur.
A croire que la démocratie ne fait qu’engendrer ses propres monstres par souci de bien faire.
Cette terre qui brule, de l’interieur, dans ses entrailles, prête à nous dévorer, à nous consumer, à quelque chose de dantesque, de fin du monde à nos portes, sous notre maison. L’Enfer à portée de main, l’Enfer comme voisin de banlieue.
26 octobre 2007 à 18:05 EnochCiter
Ce qui est tout de meme un peu etonnant, dans cette histoire de feu souterrain, c’est qu’il faut bien du combustible, mais aussi du comburant pour garder le feu actif.
1 novembre 2007 à 12:59 blablaeCiter
ça me rapelle un film d’horreur…silent hill.commencer par éteindre les feux de mine pour arréter le réchauffement ça me parait un peu fumeux comme théorie:1)faudrait pouvoir trouver un vrai moyen pour l’éteindre 2)les moyens déja utilisés pendant 20ans et ceux peut etre à venir risquent de se montrer extremement polluants et couteux en ressources naturelles et dépenses de santé pour les pompiers.
les feux de mine ont bon dos!comme si c’étaient les seuls pollueurs !la question de l’écologie est extrement complexe et tue des gens dans tout les cas.si on utilise des bio carburant ,il faut les faire pousser oui mais apres on ne fait pas pousser assez de blé (hausse du cour du blé,du prix des pates et du pain n’estce pas?)et ces la cata. autrement dit moins de pollution mais plus de famine;franchement je ne sais pas si on s’en sortira un jour
22 novembre 2007 à 6:22 EdouardCiter
On s’en sortira quand la masse aura compris que réduire la pollution, c’est réduire la population.
Et réduire la population, ça ne veut pas dire tuer ceux qui sont vivants, mais arrêter de produire de nouveau individus.
La plus belle invention de l’homme, c’est la capote, mais il ne le sais pas encore.
On aura beau prendre toutes les mesures que l’on veut, le sursis ne sera jamais que temporaire puisque les efforts seront toujours rattrapés par la « quantité humaine ».
Mais ça on s’en fou, hein… le problème sera pour les petits enfants, n’est-ce pas… pas pour nous…
22 novembre 2007 à 9:32 SchizodoxeCiter
En même temps, épargner les problèmes à nos petits enfants en n’ayant pas de petits enfants, cela relève d’une logique un peu paradoxale, non ?
D’autre part, réduire la population, cela veut dire réduire la population des pays du Sud (la démographie des pays du Nord étant ce qu’elle est), or, cela ne va pas sans poser de problèmes moraux (souvenons-nous des propos de Pascal Sevran à ce sujet et de la réaction qu’ils avaient provoquée).
25 mai 2008 à 11:45 RomeoCiter
Le controle des naissances seras une solution mais a quelle prix ! ( 2 enfant par famille de 2 c n’est deja pas si mal dans un contexte de surpopulation ) il s’ensuit une stagnation du syteme monetaire… c’est les capitalste qui ne vont pas étre contant !
27 mai 2008 à 9:38 SchizodoxeCiter
Hum…
Avant les « capitalistes », ce sont les parents qui ne sont pas forcément heureux de ne pas pouvoir avoir les enfants qu’ils désirent.
27 mai 2008 à 18:56 Pierre A. MalmassonCiter
Bah ! quand on sera trop nombreux on s’entrebouffera, façon Soleil vert.