
Un couple gay australien vient de se rendre en Californie pour que soit conçu un enfant selon des critères choisis. Ce couple est prêt à y consacrer 120 000 $.
Deux à trois couples australiens de même sexe font un tel voyage chaque mois. Dans 80 % des cas, ils choisissent le sexe de l’enfant…
Dr Steinberg’s LA-based Fertility Institute has performed the high-tech “sex selection” procedure on about 100 same-sex and heterosexual couples from Australia since 2005, when the Australian Health Ethics Committee banned the use of IVF technology that allowed parents to choose a child’s sex.
Advocates of the ban say there is an ethical dilemma in choosing a baby’s sex.
They question the practice of discarding healthy embryos that are not the gender the parents want.
The couples are able to choose their baby to order based on characteristics and education levels of egg donors.
Source : News.com.au.


A propos du débat qui a eu lieu ici, je remonte à la surface cette ancienne brève pour poser la question suivante à ceux qui ont dit leur désir d’avoir un enfant biologique : ont-ils une préférence pour le sexe de celui-ci et, si oui, font-ils ce choix en fonction de leurs préférences sexuelles ou non ?
L’article cité n’est plus disponible, mais vous pouvez vous reporter à celui-ci du même journal et qui s’interroge de la même façon (en citant le même médecin disant la même chose…) :
Gataca nous voilà! De l’eugénisme positif pour pédés contre monnaies sonnantes et trébuchantes…ça y est, je viens de vomir sur mon PC. Comment ceux (les homos) qui ont été autrefois les victimes de cet eugénisme positif (du temps du IIIième reich) peuvent aujourd’hui ce prévaloir de la même méthode.
Il ne faut peut-être pas tout confondre. La tendance générale est issue de choix individuels non concertés, cela n’a rien de commun avec Gattaca ou Brave New World (ce qui ne veut pas dire que c’est nécessairement mieux pour autant).
Le mécanisme est simple, la FIV crée plus d’embryons qu’il n’en faut, il y a donc une sélection et celle-ci peut inclure le critère du sexe, en soi, cela n’a rien ni de choquant (à moins d’être en désaccord avec la pratique de la FIV), ni de surprenant (tous les couples, homosexuels ou non, ont des préférences sur le sexe de leur enfant — ou sur d’autres points).
Le problème, s’il y en a un, est dans la relative homogénéité des choix personnels, mais le biais dont je parle ici à propos des couples homosexuels se retrouve chez les couples hétérosexuels traditionalistes dans de nombreuses aires culturelles (l’Inde est un cas d’école, mais cela concerne l’Asie en général).
Pour ce qui est de l’eugénisme nazi, il me semble abusif d’y rattacher les persécutions dont ont eu à souffrir les homosexuels.
Le choix d’implanter tel ou tel embryon selon des critères phénotypiques du futur être me choque profondément. Pour moi, ce choix devrait rester aléatoire. La FIV n’a rien à voir avec la capacité de sélectionner tel ou tel embryon. Commencer à sélectionner les embryons selon ne serait-ce que le sexe, c’est mettre le doigt dans l’engrenage; demain, la couleur des yeux, après-demain, l’absence de risques cardio-vasculaires comme l’hypercholestérolémie ou l’hypertension artérielle. Ce type de choix d’abord individuel et non concerté finit rapidement, dans une société où la pression normative est forte, par devenir un comportement sociétal obligatoire puisque normatif (un système en soi). Celui qui a le mauvais taux de cholestérol se verra refuser toute possibilité d’assurance donc de prêt, etc…et sera de fait exclu (bienvenue à gattaca tout net).
Par contre, que les homos (ou les asiatiques)choisiraient (ou choisissent) préférentiellement des enfants garçons, ne me choquent absolument. Ce qui me pose problème, c’est que les homos puissent prétendre à devenir parents. Je sais, je suis très vieux jeu, un vieil anachronique de 35 ans.