Lap danse
C’est simple, le prix est fixé par le rapport de l’offre et de la demande. Voilà . Rien de plus simple. C’est la même chose pour les salaires… euh… n’ai-je pas déjà écrit cela, moi ? Ah, si, mais c’est valable ici aussi… Donc, disais-je, le prix est issu de ce ratio ; à facteurs identiques, prix identiques. Inversement, si le prix est le même, c’est que le rapport n’a pas été modifié. Un changement de prix indique donc un changement de ratio. Je pourrais encore le tourner d’une dizaine d’autres façons, j’en suis sûr, mais je crois que l’idée est assez claire, maintenant. Mais alors comment expliquer que de jeunes… euh… danseuses exotiques gagnent, à travail égal, et dans des conditions identiques, des sommes différentes, je veux dire très différentes et qui ne sont pas lié à la fantaisie d’un unique client ?

Tout d’abord les faits bruts. Dix-huit danseuses de différents clubs du Nouveau-Mexique ont accepté de participer à une enquête menée par Geoffrey Miller, un psychologue évolutionniste de l’université d’Albuquerque, NM. Pendant soixante jours, elles ont régulièrement indiqué leurs horaires, le nombre de danses effectuées, ce que cela leur a rapporté et où elles en étaient de leur cycle menstruel. Sur la totalité de la période, ces dix-huit femmes ont effectué 5 300 danses payées en moyenne 14 $.
Cependant, les écarts sont très marqués, en effet, parmi les onze femmes ayant un cycle menstruel normal, celles qui sont dans leur cycle Å“stral parviennent à gagner 70 $ de l’heure, soit deux fois plus que celles qui ont leurs règles et 40 % de plus que celle qui sont dans la phase lutéale. Les sept autres, qui prennent la pilule, gagnent globalement moins et sans variation aucune.
Il semble donc évident que c’est la fertilité des danseuses qui modifie le ratio dont nous parlions au tout début. Comme le rappelle Geoffrey Miller, l’homme est un mammifère dont les femelles ne montrent pas de façon évidente qu’elles sont en période de fertilité. Cela se fait donc, certainement, par le biais hormonal, soit directement par des phéromones perçues par l’homme, soit indirectement en rendant les mouvements de la danse plus excitants. D’ailleurs, les conditions dans lesquelles se déroulent ces fameuses danses semblent définir un cadre expérimental parfait pour étudier ce genre de choses : proximité des corps, absence de communication, interdiction des contacts physiques, etc. Il serait intéressant, au reste, d’analyser le taux de testostérone chez les clients masculins avant et après la danse… voire de remplacer ces hommes par des lesbiennes…
Ah ! Depuis que la sociobiologie est devenue la psychologie évolutionniste, il faut le dire, les sujets d’études sont, tout de même, moins guerriers…
Source : Science.
Imprimer ce billet




12 octobre 2007 à 14:08“… des sommes différentes, je veux DIRE très différentes et qui ne sont…”
“… faut le dire, les sujets d’études sont, tout de même, moins guerrier…” ==> guerriers
12 octobre 2007 à 14:37Eh oui…