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Des chasseurs de têtes en Irak
C’est simple, le prix est fixé par le rapport de l’offre et de la demande. Voilà. Rien de plus simple. C’est la même chose pour les salaires : si on manque de personnel dans un domaine, il suffit d’augmenter le salaire et, sauf cas particulier, le tour est joué. Seulement, voilà, supposons que vous avez déjà des milliers d’employés que vous tenez par contrat et que vous avez besoin d’augmenter ce nombre, mais qu’on ne se bouscule pas pour embaucher chez vous, alors, comment faire ? Augmenter tous les salaires ? C’est trop onéreux. Augmenter les salaires uniquement pour les nouveaux venus ? C’est créer une disparité qui choquera et qui créera des tensions insurmontables. Alors, quoi ? Eh bien, il suffit de sous-traiter…

Le gouvernement américain sous-traite une partie de ses activités en Irak. L’une des raisons de cela est purement économique et c’est celle que nous avons dite. Jusque-là, rien que de très normal, mais le domaine de l’économie est, peut-être plus qu’un autre, un domaine où il faut réfléchir aux effets pervers. En effet, la conséquence amusante de cela, c’est qu’au lieu de recruter parmi ceux qui ne sont pas intéressés par les salaires qu’offre l’armée, les sous-traitants préfèrent débaucher des militaires déjà formés en leur offrant des conditions de travail et des salaires (cf. Athéna et moi) très nettement supérieurs à ce dont il jouissait dans les rangs de l’armée. Qui plus est, leurs règles d’engagements semblent, sinon de droit, au moins de fait, nettement moins contraignantes, et peu de chance de perdre son emploi avec son honneur de soldat.
Finalement, en sous-traitant de cette façon, le gouvernement américain accentue le problème du manque d’homme tout en se rendant plus tributaire d’entrepreneurs de guerre disposant de plus en plus en de moyens et d’hommes compétents (d’autant plus compétents qu’ils ont été longuement formés aux frais du contribuable). Il se rend aussi plus dépendant d’un recrutement de moins en moins exigeant.
En toute évidence, c’est un cercle vicieux duquel il sera très difficile de sortir. D’ailleurs, il était presque impossible de n’y pas entrer : la sous-traitance de certains secteurs était légitime et nécessaire. Les idées proposées jusque-là pour y échapper ne convaincront personne. Criminaliser le démarchage de soldats en activité ou interdire à un soldat ayant passé moins de 20 ans dans l’armée de faire ce qu’il désire une fois libéré de son engagement, sont des contraintes moralement indéfendables et certainement inutiles. La seule échappatoire qui paraît rester est dans la constitution d’une armée civique de miliciens, mais si une telle armée est parfaite pour assurer la défense d’un pays, ou plutôt, d’une somme de petites patries, y compris, éventuellement, par des interventions ponctuelles en dehors de ses frontières, elle est totalement inadaptée dans le cas d’une présence longue en l’extérieur, surtout dans une situation analogue à celle d’une occupation. Les Etats-Unis ne sont pas la Suisse…
L’autre solution, beaucoup plus troublante, mais beaucoup plus envisageable aussi est, tout simplement, de sous-traiter la quasi-totalité des besoins militaires. Ainsi, tout le poids de la dépense reposera sur les entrepreneurs de guerre, il suffira, ensuite, de choisir parmi eux sur des critères économiques, politiques, moraux, etc. Sincèrement, je pense que nous nous dirigeons vers cela, non sans réticence, à l’évidence, mais inexorablement.
Source : New York Post.
















10 octobre 2007 à 20:55http://www.nypost.com/seven/10062007/postopinion/opedcolumnists/bribing_troops_to_quit.htm?page=0
Un article de Ralph Peters sur le sujet.
Points intéressants >
* Congress must defy its campaign contributors and criminalize attempts to hire those in uniform away from their service during periods of war and conflict.
* If a service member put in a full 20 years or more and retired, he or she should be free to take a job with any law-abiding firm. But any soldier short of 20 who accepts specialized training and a security clearance at government expense should have to wait two years after his or her discharge before moving to a related private-sector position.
* Defense contractors who hire young veterans with advanced skills or security clearances should have to reimburse the government 50 percent of their training and background investigation costs.
Je ne sais pas si l’armée est totalement privatisable. Les soldats, pour être efficaces, doivent s’entrainer ensemble lonjgtemps. Cela me parait contradictoire avec une privatisation.
PS > C’est Athena, pas Ahtena
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11 octobre 2007 à 9:10Je suis assez d’accord avec ton analyse. Depuis le début de la débacle Américaine j’ai ce sentiment. Je pense que dans un avenir assez proche (2030) les armées seront rangées au titre de « garde nationale », de défense pure et simple du territoire. Et que les opérations extérieures seront reservées à des branches privées qui auront loisir de développer des technologies de combat plus puissantes, on comprend tous pourquoi.
Maintenant se pose un problème de simple logique politico/économique. Combien y a-t-ils d’Etats dans la monde ? Combien de compagnies pourront assurer la sécurité de ces Etats ? Voilà, vous avez tout compris. Il y aura trop d’Etats demandeurs, pour pas assez de compagnie. Je vois donc mal l’avenir sans des contrats multilatéraux entre les Etats pour organiser des raids communs. Et je souligne le mot contrat, et non accords, ou traités.
Ca ne me réjouis pas du tout, mais c’est ainsi.
PS : D’ailleurs Hideo Kojima développe cette idée dans son futur jeu Metal Gear Solid 4 qui sortira premier semestre de l’année prochaine.
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12 octobre 2007 à 15:01Débâcle, débâcle… la seule chose qui leur fera quitter l’Irak c’est le coût financier de leur présence et les crises de conscience de l’électeur américain, en aucun cas l’adversaire sur le terrain, donc, parler de débâcle me semble très excessif…
D’ailleurs, dans le contexte actuel, c’est justement parce que les choses vont plutôt bien du point de vue purement militaire que le recours à des entreprises privées est possible. En Afghanistan où les choses vont beaucoup moins bien, il ne me semble pas qu’elles jouent un rôle comparable.
S’il y avait une débâcle, il n’y aurait aucune difficulté à motiver les contribuables. C’est précisément parce que les E.-U. ne sont plus en situation de guerre que le coût de la présence en Irak semble totalement excessif à un nombre croissant de gens.
Pour ce qui est de l’avenir, ma foi, les armées nationales n’ont pas toujours existé. Grossièrement, en Europe occidentale, jusqu’au XVIIème siècle, n’est dans l’armée que le mercenaire ou le volontaire. Et, sauf quelques exceptions, les guerres de ce temps causent directement très peu de morts ; les pertes sont surtout indirectes (famines dues aux destructions de récoltes ou épidémies transmises par les armées).
Cela dit, vous avez raison, c’est (presque autant que vers l’histoire) vers la SF, le cyberpunk ou les jeux vidéos qu’il faut tourner nos regards pour comprendre le monde qui vient.
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12 octobre 2007 à 23:27Il n’y a pas de contradiction. Si c’est rentable (s’il y a une réelle demande), il se trouvera des entreprises pour le faire. Mon problème est que la guerre n’est pas, en général, une chose super-géniale, et que l’usage de ces gens permet une plus grande liberté de manoeuvre politique à nos états pour faire des bêtises. Je me répète un peu, mais la privatisation du goulag, ça ne m’intéresse pas du tout.
Privatiser, pourquoi pas, mais tout ce qui est privé n’est pas forcément « bien ».
Cela dit, pour nuancer un peu, l’immense majorité de ces gens font de la garde. Parler de vigiles est certainement moins sexy médiatiquement que parler de « mercenaires », mais c’est ainsi.
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13 octobre 2007 à 23:18Armée de conscription et présence militaire prolongée à l’étranger sont incompatibles.
Si on veut exporter la démocratie et plus généralement
pacifier toutes les zones grises , le mercenariat a de beaux jours devant lui.
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3 avril 2008 à 19:02Les contractors… que faire quand l’armée ou les forces de l’ordre en on fini avec vous… ? et bien c’est simple le contrat chez les contractors, la société Blackwater fut fondée en 1997 par Erik Prince, un ancien des forces spéciales de l’US Navy, les SEAL, et un fervent supporter du parti républicain. Elle possède un domaine de plus de 24 km² à Moyock, en Caroline du Nord, au sud de la base navale de Norfolk, où plus de 50 000 militaires y ont déjà suivi un entraînement.Ce fut l’une des premières SMP à s’implanter en Afghanistan durant la guerre d’Afghanistan de 2001… Pour info ils ont engagé au début du conflit, des irakiens pour garder les puits de pétroles payé 1000$ la journée… Je vous laisse imaginer pour un citoyen américain ou europeen.
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