Bruno, le Geronimo des chimpanzés
Dans un pays qui a connu la guerre comme la Sierra Leone, entendre des coups de feu dans la brousse n’a rien d’anodin. Le 23 avril 2006, à une demi-heure de route de Freetown, la capitale, des villageois ont bien cru être revenus au temps de la guerre civile. Pourtant, ce n’était qu’une affaire de police. Un véhicule avait été attaqué et les coups de feu entendus étaient ceux de policiers arrivés sur place peu de temps après. La traque des coupables commençait, c’était juste un fait divers.

Bala et Shamila Amarasekaran découvrent Bruno en 1987 alors qu’il n’était qu’un chimpanzé de quelques mois en mauvaise santé. Ils l’achètent pour 30 $, ce qui lui sauve certainement la vie, et lui donne son nom, s’inspirant de celui du boxeur Frank Bruno. Pendant un an, ils le laissent libre dans leur maison, mais quand il recueille un second chimpanzé, Julie, ils sont obligés de l’enfermer. En 1995, ils créent le Sanctuaire des Chimpanzés de Tacugama. Cependant, ce n’est qu’après l’avoir pourvu d’une barrière électrique qu’ils peuvent y lâcher Bruno ; en 1998, à plus de dix ans, Bruno connaît de nouveau la liberté, mais pour la première fois, c’est dans la nature, même si c’est une nature protégée.
Rapidement, il devient le mâle alpha du groupe de chimpanzés recueilli par Bala et Shamila Amarasekaran. Il est particulièrement grand et fort, mais, surtout, il a une profonde intelligence et un attachement quasi filial à ses parents humains. Le 6 octobre 2005 par exemple, alors que tous s’apprêtent à célébrer le vingtième anniversaire de la création de Tacugama, il refuse de regagner son enclos et se mêle à la fête où il est très apprécié. On rit ; on s’amuse ; il fait un peu le singe ; tout se passe pour le mieux : des hommes bienveillants se préoccupaient de leur cousin chimpanzé et ce cousin éloigné montrait sa reconnaissance en prenant part à leurs réjouissances.
Le 23 avril de l’année qui suit, Bruno, à la tête de trente chimpanzés, franchit les barrières du sanctuaire par une porte métallique qu’il force à l’aide d’un bâton, puis, pour une raison inconnue, il mène l’attaque contre un véhicule à bord duquel se trouvent cinq personnes. Le chauffeur est tué et son cadavre mutilé ; un passager est très gravement blessé à une main dont il faudra l’amputer ; les trois autres sont sérieusement blessés.
Le lendemain, six chimpanzés rentrent à Tacugama. Quinze jours plus tard, vingt et un chimpanzés de plus sont de retour. A ce jour, Bruno, le plus vieux de tous, et quatre de ses compagnons sont encore dans les collines.
Source : Reuter.
Imprimer ce billet

















27 septembre 2007 à 19:26“Ils créent”, non ?
“il fait un peu le singe” J’ai ri.
27 septembre 2007 à 19:35C’est fou, ça… même pas le temps de finir d’éditer mon message après l’avoir posté qu’on m’a déjà lu
Tant de temps à écrire et hop ! lu en dix secondes…
27 septembre 2007 à 21:12a suivre de prés cette affaire.
Le singe singeant l’homme et son caractère béliqueux, l’homme singera t’il le singe en retour et exterminera t’il Bruno?
27 septembre 2007 à 21:17Ce post me rappelle une histoire contée en d’autres temps par une amie Ivoirienne:
Dans son village, un bucheron s’est fait attaqué par un singe. La bestiole a volé la machette du pauvre bougre et lui a donné des coups en cherchant à atteindre les parties “vitales” (cou, abdomen, crâne).
Entre certains coups, le singe se penchait sur le visage de sa victime afin de voir si celle-ci respirait encore. A la troisième tentative, la victime a “fait le mort” et l’animal est parti laissant le “cadavre” derrière lui.
27 septembre 2007 Ã 23:28http://www.art-et-essai.org/repertoire/commissions_d_aide_aux_films/2002/images/la_planete_des_singes.jpg
Faisons attention…
28 septembre 2007 à 13:25Au risque de me répéter cette histoire me fait diablement penser à une scène de Pompoko et sa révolte de Tanukis
30 septembre 2007 à 1:04Je viens de voir quelques extraits et je crois comprendre pourquoi vous l’évoquez. En tout cas, le film semble magnifique