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Pourquoi vivons-nous de plus en plus vieux ?

Je sais bien que la réponse à la Grande Question sur la Vie, l’Univers et le Reste est 42, mais cela ne nous éclaire guère sur d’autres points. Par exemple, pourquoi vieillit-on ? 42 ? Hum ? Vous voyez, ça ne nous fait pas vraiment avancer… En fait, il y a une explication toute bête à ce phénomène et c’est la théorie de l’évolution qui nous la donne. La vieillesse peut être définie comme une baisse du taux de survie proportionnelle à l’âge. Cette baisse s’expliquerait, d’un point de vue évolutionniste, par la disparition, à partir d’un certain âge, de la capacité reproductive (on notera que cela ne fait que déplacer le pourquoi, mais c’est un autre problème).

pourquoi vieillit-on ?

Une telle explication devrait, logiquement, se traduire par un « mur de la mort » auquel les femmes atteignant 50 ans se heurteraient. Bien évidemment, ce n’est pas le cas. L’explication de l’espérance de vie à partir de l’existence de la ménopause est donc erronée, ou pour le moins simpliste, même si on suppose un avantage évolutif au fait que les femmes âgées s’occupent de leurs petits-enfants, d’ailleurs.

L’explication doit, par conséquent, être recherchée ailleurs, ou, plutôt, d’une façon différente, c’est-à-dire non à partir d’un seul sexe, mais à partir de l’ensemble de la population humaine. En effet, les femmes et les hommes partagent les mêmes gènes du vieillissement, mais les hommes sont fertiles à un âge plus avancé qu’elles. Or, ces gènes permettant de vivre longtemps sont d’autant mieux transmis que les hommes âgés qui les portent peuvent se reproduire. Bien évidemment, ils ne peuvent le faire qu’avec des femmes fertiles, donc jeunes. Dit autrement, pour que l’on ait des grands-mères, il faut que les grands-pères courent les jeunesses…

Donc, s’il n’y a pas de « mur de la mort » tel que le modèle s’appuyant sur une explication centrée sur la ménopause l’impliquait, c’est que la fertilité masculine cesse plus tard que celle des femmes et à un moment plus variable. Il n’y a pas d’âge limite à la fertilité masculine, contrairement à ce qui se passe pour les femmes. Une fois que l’on a dit cela, l’inexistence du « mur de la mort » devient logique, car celui-ci ne pourrait exister que si les hommes et les femmes cessaient d’être fertiles au même âge. Dans ce cas, en effet, leur espérance de vie au-delà de ce seuil serait particulièrement courte, comme s’il y avait un âge limite, un véritable mur.

Cette explication permet aussi de rendre compte de l’augmentation de l’espérance de vie au cours des siècles. Au vrai, pendant une large partie de l’histoire naturelle de l’homme, ceux qui se reproduisaient le plus étaient les plus puissants, c’est-à-dire les plus âgés (d’autant que la chasse et la guerre occupaient les plus jeunes). De ce fait, les gènes permettant de vivre le plus vieux étaient transmis assez largement. C’est une explication très plausible de l’augmentation de la durée de vie.

Source : PlosOne.



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4 commentaires pour “ Pourquoi vivons-nous de plus en plus vieux ? ”

  1. A recouper avec une expérience menée sur les mouches du vinaigre. Je n’ai pas de docs sous la main, je parle de mémoire.
    Un laboratoire a repoussé artificiellement l’âge de la procréation chez de mouches. Cela a allongé leur durée de vie. En gros, si la mouche qui vit 20 j se reproduit normalement à 7 j (au hasard), repousser la reproduction à 15 j (tjs au hasard) a pour conséquence le doublement de durée de vie des mouches.  

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  2. Si l’on poursuit la réflexion encore un peu plus loin…

    Repousser complètement la reproduction, serait il le moyen ultime pour avoir une descendance vivant plus longtemps ?

    huhu…. moi je dis : 42!  

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  3. Je pense que le compromis d’allocation entre reproduction et survie conditionne pas mal de choses au niveau du vieillissement, mais il n’explique pas à lui seul l’espérance de vie d’une espèce.

    Un des paramètre les plus important qui n’est pas évoque ici, est la mortalité extrinsèque c’est à dire liée à l’environnement (maladie, prédation, froid, faim etc…), selon qu’elle est forte ou faible des mécanisme susceptible de retarder le vieillissement normal (du par exemple au métabolisme oxydatif) sont suceptibles d’être séléctionner ou pas….

    Prennons quelques exemple concrets:
    Je suis une souris de 20g, mon espérance de vie dans la nature est de 1 an maxi, je suis en effet exposé à beaucoup de prédateur et au froid. Quel est mon intérêt ? Me reproduire le plus possible avant ma mort et tout investir dans ce domaine? Ou développer des systèmes anti-vieillissement sachant que de toute façon je risque de na jamais connaitre ce phénomène ?
    (résultat: esperance de vie en captivité: 3ans)

    Je suis un canari de 20g, peu de prédateur peuvent m’atteindre grâce à ma capacité de vol, j’ai de forte chance de vivre longtemps et je peux donc étaler mon effort de reproduction sur une longue période. Vivre longtemps m’apporte en plus certains avantage (experience etc.). je vais donc sélectionner des mécanismes antivieillissement
    (résultat: espérance de vie en captivité de 20 ans)

    Si l’espérance de vie de l’homme augmente c’est parce que la mortalité extrinsèque à diminué et a permis aux vieux de se reproduire…  

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  4. Je m’amuse beaucoup de votre très juste commentaire, car j’envisageais ici, il y a peu et à propos du VIH, d’aborder ce problème sous un angle très proche (je pense aux hypothèses de Paul Ewald).  

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