Notre amie l’intelligence artificielle

Terminator, Matrix, deux incroyables séries de succès commerciaux très différents l’un de l’autre, mais qui ont en commun d’avoir le même méchant, plus ou moins caché : une intelligence artificielle qui souhaite se débarrasser ou asservir la race humaine. A croire que cette possibilité d’avenir inquiète et fascine tout à la fois, jusqu’à faire de films relativement ordinaires, des Å“uvres cultes. Pourtant, rien ne dit que si l’intelligence artificielle devient une réalité, elle nous sera hostile. Il est même possible d’imaginer que ces machines pensantes seront bienveillantes et qu’elles nous permettront de franchir des barrières jusque-là définitives et d’entrer dans des territoires du savoir encore inviolés.

Une des plus belles scènes de l’histoire de l’animation japonaise est, sans contestations possibles, celle du “suicide” des tachikomas dans le dernier épisodes de Ghost in the Shell : S.A.C. 2nd GIG. Là, une intelligence artificielle collective décide de donner son existence pour sauver les humains. Après tout, pourquoi cela ne serait-il pas ? Etre libre, c’est être libre d’agir comme on le souhaite, c’est-à-dire, conformément à sa causalité interne, à son programme, si l’on veut. Des machines qui auraient, en leur cÅ“ur, les lois de la robotique d’Asimov pourraient librement décider de quitter la scène du monde pour que d’autres machines, de chair et de sang celles-là, puissent vivre.


L’aide que pourraient nous apporter ces intelligences artificielles ne serait pas, nécessairement, aussi directe que le sacrifice, même si ce dernier les élevait au rang de nos semblables, y compris aux yeux des plus bornés. Elles pourraient, par leur intelligence, nous ouvrir des voies demeurées obscures jusqu’alors.

Pensant différemment de nous, mais avec les mêmes désirs que nous, puisque nous les aurons construites à cause d’eux, elles auront une compréhension de nos problèmes que nous ne saurions imaginer. Nous pouvons attendre d’elles des solutions inattendues qu’elles pourraient mettre en Å“uvre elles-mêmes, juste parce que leurs désirs sera de satisfaire nos désirs.

Pourquoi vouloir voir en elle des chats dont nous serions les souris ? Elles peuvent très bien être nos nouveaux chiens de garde, attentives aux dangers et éternellement affectueuses. La seule chose dont il faudra prendre garde, alors, c’est de ne pas devenir leurs puces, de n’être plus que les parasites d’une machine coextensive à la planète voire au système solaire, comme l’avait cauchemardé Samuel Butler dans Erewhon :

L’homme lui-même ne va-t-il pas devenir une espèce de parasite des machines, un puceron affectueux chatouilleurs de machines ?

Le moment où la pensée artificielle atteindra sa vitesse de libération sera le moment décisif et il est bientôt là. Il sera nécessaire, alors, de choisir entre la facilité du refus obscurantiste ou de la soumission, qui, dans les deux cas, fera de nous des parasites (symbiotiques ou non), et la difficile voie de la continuation de l’histoire humaine avec de nouveaux compagnons…


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3 commentaires pour “ Notre amie l’intelligence artificielle ”

  1. Au sujet des IA “bienveillantes”,je pense que les mentaux du cycle de la Culture de Ian M. Banks est un exemple particulièrement intéressant et parfois très ambigu.

  2. “Là, une intelligence artificielle collective décide de donner son existence pour sauver les humains.”

    Amen.

  3. Asimov, Asimov, lema sabachtani ?

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