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L’APL continue sa cyberwar

En juin dernier, des attaques informatiques avaient été menées depuis la Chine sur des objectifs militaires et commerciaux américains, nous en avions parlé. Aujourd’hui, alors que les Etats-Unis reconnaissent officiellement avoir fait l’objet de tels actes hostiles et admettent, à cette occasion, leur vulnérabilité face à eux, le gouvernement chinois nie toute implication… et lance de nouvelles attaques !

L’APL à visage humain

On peut lire dans Le Monde :

Le Pentagone a reconnu mardi être la cible de tentatives d’attaques informatiques provenant de plusieurs pays et organisations, au moment où des informations faisaient état d’une tentative de piratage par des militaires chinois en juin.

Cela décrit, très précisément, le cadre que j’avais décrit en juin :

L’APL (Armée Populaire de Libération — l’armée de la Chine communiste) suit en cela la doctrine de Sun Tzu, c’est-à-dire à une volonté d’évitement et de victoire sans combat face à un Occident qui a bien du mal à s’en tenir à l’antique Western Way of War qui consiste à la recherche de l’affrontement décisif et à la bataille d’attrition, voire d’extermination. Le but de la Chine est de se mettre en position sinon de pouvoir battre, au moins d’avoir les moyens affaiblir considérablement les E.-U. sans que cela apparaisse aux yeux du monde comme une véritable guerre, ce qui légitimerait une riposte. Les Chinois ont donc choisi le terrain, aux E.-U. de s’y adapter.

Cela ne peut que confirmer les peurs dont le DOD s’était fait l’écho dans son rapport annuel de 2007 sur l’Armée Populaire de Libération. Nous écrivions en mai à ce propos :

…la question qui se pose à l’Occident n’est pas celle de la victoire dans une guerre ouverte, mais du degré acceptable de défaite dans un conflit limité tel que celui que la Chine pourrait souhaiter créer en envahissant Taïwan (Chine nationaliste).

Ce « conflit limité » peut tout aussi bien n’être qu’une série d’attaques informatiques, bien sûr.

Le fait est que face à une telle attaque, et surtout aux dénégations de l’agresseur, un état occidental est totalement désarmé. Il lui est nécessaire d’avoir en vis-à-vis des interlocuteurs qui jouent cartes sur table et qui acceptent certaines règles du droit international, au moins le droit des gens. Le problème était, d’ailleurs, mais à un degré moindre, le même face à l’URSS, laquelle était capable de tout simplement nier la réalité d’un fait, laissant à l’Occident la responsabilité publique de toute hausse de tension (en faisant de lui le porteur de mauvaise nouvelle) ou la possibilité de s’en tirer sans broncher, mais au prix de reculs sur le terrain. L’adversaire chinois est beaucoup plus systématique dans son emploi de cette stratégie. Il s’agit pour lui de frapper en souriant amicalement ; si les E.-U. ripostent, ce sont eux qui passeront pour belliqueux… D’ailleurs, on sent l’immense gêne de la diplomatie américaine :

Le département d’Etat a indiqué que Washington soulèverait la question avec Pékin, s’il était confirmé que l’armée chinoise était derrière cet incident.

 »Bien sûr, s’il y a une quelconque raison de croire qu’il y a eu un incident parrainé par le gouvernement chinois ou tout autre gouvernement, comme un piratage informatique ou des attaques contre les systèmes du gouvernement américain, nous soulèverons évidemment (la question) avec eux », a déclaré Tom Casey, porte-parole du département d’Etat.

En bons Occidentaux, les Américains ont besoin, en plus d’être attaqué, d’avoir un ennemi qui se déclare ouvertement. Sans cela, ils sont paralysés par 2500 ans de pensée politique…

Il faut noter, par ailleurs que dans sa volonté d’affrontement avec l’Occident, la Chine semble faire feu de tout bois, dans ce domaine de l’informatique :

  • Les pirates (ou plutôt les corsaires, si on veut être précis dans la métaphore) de l’APL attaquent le Pentagone.
  • La politique laxiste de l’Etat chinois en matière de copies illégales (et de spams) porte atteinte aux intérêts économiques occidentaux.
  • Les sites chinois sont d’incroyables vecteurs de virus, de chevaux de Troie, etc. (presque la moitié des sites infectés se trouve en Chine — cf. ZDNet Asia).
  • Les entreprises chinoises, grâce à des profits colossaux (et d’origine, parfois, douteuse), prennent pied dans le domaine des hautes technologies occidentales en achetant, légalement, certaines entreprises de ce secteur (comme, par exemple, des fabricants de disques durs cf. The New York Times).

En somme, les stratèges du Pentagone ont du pain sur la planche…



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8 commentaires pour “ L’APL continue sa cyberwar ”

  1. ça me rappelle beaucoups les gamins qui sont insuportable, mais vu qu’on a beaucoups de respect pour les parents,et que l’éthique l’interdis, on ne leurs botte pas le cul.

    La seule stratégie valable dans se cas la pour les américain, c’est la médiatisation des attaque,de faire enflé l’affaire sans contrataquer, quand la chine ne pourat plus se cacher derriére son sourire nié,elle devrat rendre des comptes.  

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  2. Je vais peut etre dire une enormité mais pourquoi ne pas simplement contre-attaquer sur le meme terrain ?  

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  3. Je vais peut etre dire une enormité mais pourquoi ne pas simplement contre-attaquer sur le meme terrain ?

    Parce que c’est politiquement impossible, aucun gouvernement occidental ne pourrait justifier l’usage de terrorisme informatique a la population qu’il represente.
    Et deuxiement parce que les officines militaires ne sont pas formé a ce genre de technique de combat.  

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  4. « Il faut noter, par ailleursn que dans » un ptit « n » en trop  

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  5. Pourtant, je me relis (en général) :(   

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  6. Pourquoi ne pas devenir un peut plus cyborg et améliorer ton géne orthographique grâce à un implant world?

    Blog vraiment passionant, un peu trop de mises à jour pour une journée qui contient bien peu d’heures…  

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  7. Ne dites pas ça à Schizodoxe, il va prendre des vacances :p  

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  8. Puisque l’on se defend, ce n’est plus du terrorisme normalement, en ciblant bien les attaques sa redevient une guerre « conventionnel » mais sur le net. Et comme pour la guerre froide il n’y a pas de raison que ce soit une guerre ouverte si l’autre nie, il n’y a pas de raison que l’on rende sa officiel, sa me fait un peu penser au dilemme du prisonnier ou a la riposte graduée de Kennedy.

    Et pour ce qui est de la formation des militaires a ce type de guerre, je suis sur qu’un petit groupe d’hommes suffit de toute façons les USA on deja mis en place l’AFCYBER.  

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