Penser le politique par le jeu
J’ai toujours cru que certains jeux sur ordinateur étaient bien plus que des moyens de passer le temps. Je pense, par exemple, avoir appris beaucoup en histoire militaire grâce aux wargames (surtout ceux de SSG sur C64). Quand je dis cela, je ne pense pas aux dates, aux personnages ou aux armements, ce ne sont là , bien souvent, que des détails (le fort de SSI) ; non, je pense à une certaine forme de questionnement qui me permet, aujourd’hui, de ne pas tomber dans le panneau de l’illusion rétrospective comme ceux qui se sentent capables d’expliquer pourquoi Hannibal était un âne ou Napoléon un amateur… La pratique de ces jeux m’a rendu modeste et ce n’est pas un petit exploit.

Mais, plus que les wargames, peut-être, il y avait les simulateurs politiques. Ceux-là m’ont fait comprendre, avant même que je ne lise les classiques, que la politique était, par nature, tragique et c’est une leçon que je n’oublierai jamais.
Les plus vieux d’entre vous se souviennent peut-être d’un jeu qui s’appelait Balance of Power. C’était un jeu étonnant et novateur dont le sujet était l’affrontement politique (le militaire, donc l’usage de la bombe, sonnant la fin de la partie) où l’on se retrouvait face à la décision nue, comme un chef d’Etat. Dans ce jeu, qui date de la fin de la Guerre froide, les E.-U. faisaient face à l’URSS, chacun des deux camps, pour l’emporter, devait vaincre dans les esprits plutôt que sur les champs de bataille périphériques qui ne manquaient pas d’apparaître, sans pour autant avoir la possibilité de laisser faire sans se salir les mains, car s’était là être certain de voir des régimes vassaux de l’adversaire s’instaurer par la force…
C’était un jeu exceptionnel, en vérité.
Un autre jeu très proche de celui-ci, et aussi exceptionnel, était Conflict : Middle East Political Simulator. Là encore, ce n’était pas un wargame au sens classique du terme. Ce jeu, qui ne se jouait qu’un mode solitaire, vous plaçait à la tête de l’Etat d’Israël avec pour seul impératif celui de la survie… De la même façon que Balance of Power ne noyait pas le joueur dans toute une masse de détails qui est, bien souvent, le cache-sexe de l’irréalisme foncier de beaucoup de jeux, celui-ci se retrouvait confronté à une série de choix souvent très simples : dois-je chercher à apaiser la Jordanie ? Faut-il que je soutienne les wannabe putschistes en Syrie ? Ne puis-je faire autrement que de tenter de faire assassiner le chef du Liban ? Est-il nécessaire que je masse des troupes à la frontière de l’Egypte ? M’est-il possible d’attendre encore longtemps avant de bombarder les centres de recherche concernant l’arme nucléaire en Irak ? C’était presque une sorte de livre dont vous êtes le héros, mais rejouable à l’infini.
Balance of Power est disponible pour PC en abandoware sur Underdogs dans son édition de 1985 (combien ai-je pu jouer à cette version !) et dans celle de 1990.
Conflict : Middle East Political Simulator est disponible sur PC chez Underdogs et sur mac (y compris intel via DosBox) chez Paul Willaim. Dans les deux cas, c’est avec l’assentiment des créateurs David Eastman et Shahid Ahmad.
Je suis très curieux d’entendre des récits de parties… Surtout du Middle East Political Simulator car elles ne prennent que très peu de temps. Alors, des volontaires ? On pourrait même faire un “gamecast” où l’on enregistrerait l’image de la fenêtre où l’on joue et le son de ses commentaires ! Je sens que ce serait particulièrement amusant…
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1 septembre 2007 à 12:19ACHTUNG! “…celui-ci se retrouvait confronté (et non pas confronter)”
1 septembre 2007 Ã 12:24Il faudra, un jour, que je corrige puis que je nie
…

Merci
1 septembre 2007 Ã 12:50Toujours des jeux de guerre…Et les simulateurs de jeux de jardinier alors ? Hein ?
10 septembre 2007 à 13:21Bon, alors ? Pas de récits de parties amusantes ? Pourtant, Middle East Political Simulator prend 2 min. de téléchargement et se joue en 15… sauf si on perd avant, bien sûr
10 septembre 2007 Ã 23:14J’ai fait une tentative,c’etait passablement mysterieux.
Je me suis très vite retrouvé avec un axe Syrie-Iran qui s’est mis a tapé sur mon grand allié iraqien et s’en ai débarrassée avant que je puisse intervenir.
Malgré tout mes efforts pour déstabiliser la Syrie et l’Iran c’est finalement la Jordanie qui m’attaque alors que je tentais depuis le début d’améliorer mes relations avec cette dernières.
J’ai terminé pendu par des soldats jordaniens pendant que mon allié Libanais résistait à une attaque Syrienne.
La dégradation des relations entre la Jordanie et Israël est franchement mysterieux pour moi.Je faisais tout pour améliorer la situation et puis celle-ci s’est brutalement dégradé.Et puis boom,une attaque,je riposte par une attaque aérienne et ils envahissent avant que je mobilise.
Pour le coup,je ne suis pas convaincu.
12 septembre 2007 à 1:59La deuxième partie, plus aucun ennemi, tous les pays en guerre civile sauf l’Egypte que je bombardais tous les 3 mois, assassiné par ma population, plus de 2000 chars lourds, 800 chars légers, 400 chasseurs, 700 SAM, 300 hélicos et 37 bombardiers, et 14000 M $ en réserve, pas de Palestiniens (autorisation de la création de leur Etat sous contrôle égyptien), j’ai duré 5 ans, score 244 “very impressive”, style “Fascist” et excellentes relations avec les US…
Mais Dieu que c’est long, près d’une heure à cliquer Egypte-bombarder-Egypte-bombarder-Egypte-bombarder…
Pas vraiment une colombe, hein, le Prime minister israélien version Chindit…
13 septembre 2007 Ã 15:07Bon, Zeus Irae, va falloir prendre sa revanche sur Chindit !
15 septembre 2007 Ã 14:043eme Echec
Cette fois cela avais pourtant bien commencé.Après une alliance contre la Syrie entre Israel et la jordanie le gouvernement syrien s’effondre,rejoignant sont ancienne victime l’irak dans le chaos.
Sur proposition des USA(qui m’avais bien aidé contre la Syrie),je refile le probleme palestinien à la Jordanie et j’ai donc un probleme en moins.
Je detruit preventivement le reacteur nucleaire egyptiens et nos relations se degradent.Apres quelque tour,je decide de faire une attaque preventive.
Helas,apres quelque succès initiaux l’Egypte repousse l’attaque et enfonce les lignes israéliennes.
Pour retablir la situation j’utilise la Bombe.Ce qui a pour effet de declancher un holocauste nucléaire.
Je n’ai pas dit mon dernier mot.
22 septembre 2007 à 0:34Voilà , j’ai gagné. On finit le jeu quand tous les pays voisins sont en guerre civile. A la fin, il ne restait que moi et la libye…
Drôle de morale.
25 septembre 2007 à 22:39j’ai reussi un score de 372 et malgré la seule guerre qui m’a opposeé a l’egypte je suis dans un stile fascist mais bon c’est vrai qu’il ne reste plus que la jordanie comme etat souverain les autres pays son controllés par des pays en guerre civiles
26 septembre 2007 à 15:36Eh oui ! Arès avoir joué à ça, vous allez tous trouver les gouvernements israéliens successifs mollassons et trop conciliants avec leurs voisins