Les premières monnaies employées étaient des objets utilitaires, éventuellement sous forme symbolique, ou de la matière convertible en objets concrets. Même aujourd’hui, où l’argent semble détaché de toute réalité, le souvenir du temps où il y avait dans les coffres de l’Etat une quantité d’or équivalente à l’argent imprimé n’est pas si lointain. L’idée donc de faire de la bande passante une nouvelle monnaie n’a, par conséquent, rien d’absurde.

Aujourd’hui, le P2P est devenu une pratique courante et pas seulement chez les pirates. Le P2P permet la circulation d’une masse d’information d’une façon souvent plus sure et plus rapide que ne peut le faire l’envoi direct. Cette pratique se heurte, toutefois, à un écueil : celui de la nécessité du fair-play qui fait que l’on accepte d’être autant au service des autres que les autres sont au sien. Bien sûr, quiconque a fréquenté certains grands sites de P2P sait bien qu’il y a la menace de l’exclusion si on ne laisse pas les fichiers téléchargés à la disposition des autres, au moins quelque temps, mais cela n’est ni théorisé ni systématisé : ce sont juste des règles propres à tel ou tel réseau, c’est la différence qu’il y a entre les lois d’un Etat, voire le droit des gens, et les règles d’un club privé.
Aujourd’hui, certains scientifiques ont mis au point un système plus rationnel et systématique que n’importe quels réseaux P2P. Il s’agit de Tribler..
L’utilisation de Tribler est gouvernée par un marché de la bande passante, analogue aux marchés de produits physiques, comme le pétrole. Les utilisateurs gagnent des crédits en uploadant et peuvent les dépenser en downloadant.
Une telle solution pourrait répondre aux attentes des diffuseurs de vidéos à la demande et de télévision sur Internet en empêchant l’existence des utilisateurs indélicats qui rendent nécessaire des systèmes obligeants les utilisateurs à uploader en permanence (comme a choisi de le faire l’iPlayer de la BBC) ou, pire, qui oblige le fournisseur du service à être la source unique.
Il est même prévu que l’on puisse se constituer en groupe et mettre en commun ses crédits ou, encore, d’attribuer, dans le futur, une valeur flottante à la bande passante suivant le degré de fiabilité de celui qui la “vendrait”… C’est donc toute une nouvelle forme d’économie qui est en train de naître sous nos yeux.
Peut-être, alors, entrons-nous dans une nouvelle époque où la valeur dominante ne sera plus ni la matière, ni le travail, ni même l’information, mais la condition de cette dernière. En tout cas, cette nouveauté pourrait bien avoir des conséquences considérables… et pas seulement dans le monde du P2P (même étendu) !
Source : NewScientist..


A moins qu’il ne s’agisse d’un nouveau site web dans la plus pure veine des dotcom 2.0…