La défaite des machines de protéines

S’il y a bien une chose que l’on ne puisse pas reprocher à Daniel Dennett, c’est d’y aller avec le dos de la cuillère. Lui, c’est plutôt à la pointe de la baïonnette ou au sabre de cavalerie (c’est toujours mieux que le pic à glace dans le dos comme l’affectionnent certains) qu’il y va. Dans un article de septembre/octobre 2007, qui fait fi, au passage, de tous les prétendus paradoxes temporels, Daniel Dennett se fait l’apologiste de la force brute appliquée au jeu d’échec.

Echecs

Comme il le rappelle a très juste titre, il n’y a pas de mystères au jeu d’échecs. Sa pratique n’est pas une forme d’art raffinée inaccessible aux machines et, d’ailleurs, en 1997, l’ordinateur Deep Blue bat Kasparov… Deux autres matches suivent (en 2002, Kramnik contre Deep Fritz et en 2003, Kasparo de nouveau contre Deep Junior), ce sont deux nuls. Il est a noter que la dernière série de matches, celles de 2003, a été sanctionnée par la Fédération Internationale des Echecs (FIDE) et l’International Computer Game Association (ICGA), ce qui ne va pas sans poser d’étranges problèmes. Daniel Dennett, lui, voit là une barrière définitivement franchie :

La décision de faire des ordinateurs les égaux des êtres humains ne pouvait pas être plus officielle, ce qui rend les cavillations [je suis content de participer à la résurrection de ce beau mot] que plus pathétiques. Quelquefois les tergiversations prennent cette forme : “Oui, mais les machines ne jouent pas aux échecs de la façon dont les humains y jouent !” Ou, parfois ceci : “Les machines ne jouent pas vraiment aux échecs.” Très bien, mais alors, qu’est-ce que jouer vraiment aux échecs&nbs;?

Perdre, peut-être…

Disons, plus sérieusement, que les arguments que cite Dennett ne portent pas à proprement parler sur l’intelligence des machines, mais plutôt sur la pertinence du jeu d’échec comme test de Turing, ce en quoi il y a un fond de vérité, quoiqu’en dise Dennett. Mais, pour le coup, l’essentiel pour lui et, au fond, pour quiconque réfléchit vraiment au problème, n’est pas là,. La seule chose qu’il faut avoir en tête est la suivante :

Les machines de silicone peuvent, maintenant, mieux jouer aux échecs que les machines de protéines


Et ça, c’est sans appel.

Source : Technology Review.


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5 commentaires pour “ La défaite des machines de protéines ”

  1. Il manque un “mieux”, je pense.
    Moi, je bats mon Monopoly électronique souvent. Comment ça, il n’y a pas de rapport ? Je suis sur que je bats Turing au Monopoly, hein…

  2. Maintenant, tout est pour le mieux :D

  3. causer une dépréssion nerveuse a Kasparov n’est t’il pas une infranction au lois de la robotique ?

  4. “Il est a noté que la dernière série de matches,”

    Un instant d’inattention, sans doute…

  5. Plutôt un retour à ma nature de criminel grammatical et d’assassin de l’orthographe :D .

    Thx :)

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