On ne dira jamais assez à quel point la science-fiction peut tomber tout aussi bien magnifiquement à côté de la plaque ou dire, tout autant, la vérité du futur mieux que ne l’aurait fait un devin. C’est ainsi que se plonger dans les ouvrages de science-fiction (ou de fictions “scientifiques”) des siècles passés peut-être l’occasion d’incroyables plaisirs de lecture et de fameuses occasions de rire…

J’allais oublier de vous dire que ces chapeaux contiennent des cervelles métalliques des meilleurs modèles, avec pile et accessoires. Les pointes qui touchent le front servent à envoyer les courants électriques, qui produisent le talent dans la tête la plus obtuse.
Cette invention, due au célèbre Tadblagston, a transformé l’ordre social en rendant le talent proportionnel à la fortune. C’est ainsi que le plus grand génie de notre époque est le banquier Philipfill, qui a pu se donner le luxe de collectionner les cervelles les plus chères. Entre autres, on raconte qu’il a payé un million et demi la cervelle de Sarah Bernhardt, garantie conforme.
Il résulte de là qu’on en a fini avec les revendications socialistes du siècle dernier. Maintenant l’axiome est : Pas d’argent, pas de talent. Il y a de très rares exceptions de gens sans le sou qui naissent avec de l’esprit ; mais nos tribunaux en font prompte justice en les expropriant de leur cerveau, dont tout modèle revient à l’Etat.
Charles Cros, Le journal de l’avenir, cité dans La science fiction avant la SF, une anthologie de textes français du XIXème siècle consacrés à l’imaginaire scientifique et dirigée par Monique Lebaily.


J’trouve ça moins marrant si on le compare aux brevets :”Il y a de très rares exceptions de gens sans le sou qui naissent avec de l’esprit ; mais nos tribunaux en font prompte justice en les expropriant de leur cerveau, dont tout modèle revient à l’Etat.”
Ca pourrait faire penser aux entreprises biotechnologiques qui vont chercher des espèces rares dans les pays sous développés pour breveter certaines plantes et ensuite demander des droits aux paysans.