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Demain les chiens
Le 3 août 1904, il y a plus d’un siècle, naissait aux Etats-Unis Clifford D. Simak. Cet auteur de l’âge de d’or de la Science-Fiction a écrit un livre qui est, pour moi, l’un des plus grands de ce genre et un très grand livre tous genres confondus. Il s’agit de Demain les chiens (City).
A l’occasion de cet anniversaire, je veux en rappeler l’histoire.
L’âge d’or de la SF est aussi celui d’un certain modèle américain, celui des années 50-60 où les progrès techniques semblaient pouvoir apporter une solution à tous les problèmes. Mais Simak voyait là les germes d’un danger plus grand, celui d’une humanité sans histoire. Demain les chiens est le récit de la sortie de l’histoire de la race humaine.
Ce roman est en fait un recueil de nouvelles s’échelonnant de 1944 à 1951, à l’aube, donc, de cette époque pleine d’espoir et lourde de menaces pour les plus lucides. Ces nouvelles, présentées comme des récits légendaires, sont liées les unes aux autres par une sorte de glose universitaire (un peu comme le Feu pâle de Nabokov) écrite par les descendants lointains de nos chiens ; lesquels s’interrogent tantôt sur la réalité des faits décrits, tantôt sur celle de l’existence même de l’homme dont la disparition en est le sujet…
Suivons Simak. En 1980, les moyens de transports et de communication ont rendu les concentrations humaines inutiles. Les villes sont abandonnées, les hommes vivent désormais seuls, isolés au milieu d’une nature affranchie par les hydroponiques, de son antique charge nourricière. John Webster, dont l’histoire de la famille servira de fil d’Ariane, est le premier à comprendre ce changement et à l’accompagner. Plus tard, un de ses descendants, un chirurgien exceptionnel, est appelé au chevet de son ami Juwain, un philosophe martien gravement malade et que lui seul peut opérer. Mais le nouveau mode de vie des hommes l’a tellement changé qu’il lui est impossible de s’éloigner de sa maison, de sa tanière. Au dernier moment, pourtant, il se fait violence, mais il est trop tard : Jenkins, son robot, connaissant son maître (ou croyant le connaître, ou le connaissant trop bien) a renvoyé ceux qui étaient venus le chercher et Juwain meurt…
Quelques générations après, un autre Webster, Thomas, aidé de Jenkins dote son chien d’un appareil lui permettant de parler. C’est le premier pas de la race canine vers l’intelligence. L’homme, lui, a conquis l’espace et il explore les planètes. Un de ces explorateurs découvre sur Jupiter qu’en renonçant à son humanité, en devenant une créature immatérielle, l’homme peut accéder à une sorte de paradis. Le président du Comité Mondial Webster tente, alors, de le faire taire. Il songe même à le tuer. Mais Joe, un étrange mutant, qui a instillé il y a bien longtemps, le germe de la civilisation au sein d’une fourmilière, le révèle à tous : c’est l’exode. Peu décident de rester. Ceux-là s’enferment dans une Genève mausolée, isolée du reste d’un monde où les chiens, aidés des robots, tentent, tant bien que mal, de vivre sans nuire…
Cependant, quelques hommes, dont un dernier Webster, le fils du président, sont restés mêlés aux chiens. Comme il leur donne l’exemple de la violence, Jenkins décide de tenir à l’écart de cette Terre qui n’est, finalement, plus la leur.
Il n’y a plus d’homme sur Terre.
Des siècles plus tard, les chiens partent tous pour l’espace. La Terre est alors recouverte par les étranges constructions des fourmis. Seule est épargnée l’antique maison des Webster où se trouve Jenkins. Les fourmis l’épargnent, comme si elles avaient conscience de quelque chose, comme si elles voulaient préserver quelque chose. Ce quelque chose, c’est la mémoire de notre existence, tout ce qui reste de nous à la fin de ce livre, le souvenir d’une absence.
















3 août 2007 à 20:56Vous pensez vraiment faire à nouveau usage de la catégorie de mots-clés « Demain les chiens », que vous venez de créer ?
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3 août 2007 à 21:43Quand je mets des tags, moi, je mets des tags. Je fais pas semblant, non mais !
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4 août 2007 à 9:28Si toutes les créations devaient avoir un usage, nous serions dans un monde bien triste.
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4 août 2007 à 13:12c’est tellement vrai
bon travail pour ce site, je prend chaque jour beaucoup de plaisir a en parcourir les articles
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5 août 2007 à 16:00J’aurai plutôt été partisan d’un tag « dernier homme »… en tout cas l’article donne envie de (re)lire le livre !
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16 décembre 2008 à 11:50